Après une semaine tendue dans le camp marseillais, la victoire de l’OM face à Toulouse (3-2) a apporté une bouffée d’oxygène bienvenue à Roberto De Zerbi. Mais au coup de sifflet final, un geste inattendu du coach italien a semé le doute chez certains observateurs : pourquoi De Zerbi n’a-t-il pas participé au tour d’honneur avec ses joueurs ? Voici l’analyse d’un comportement plus stratégique qu’il n’y paraît.
Un soulagement sportif pour De Zerbi malgré les tensions internes
Ce succès à domicile contre Toulouse s’inscrit dans un contexte particulier. Début décembre, des rumeurs persistantes faisaient état de tensions entre le staff et plusieurs joueurs, rapidement démenties par toutes les parties concernées. Pourtant, la pression restait palpable avant cette rencontre décisive pour les ambitions de Ligue des champions de l’OM.
Face aux Violets, l’Olympique de Marseille s’est montré combatif mais toujours en quête d’un équilibre collectif optimal. La victoire 3-2, au terme d’un match accroché, permet néanmoins aux Marseillais de se repositionner dans la course au podium. Roberto De Zerbi ne s’en cache pas : « Je suis satisfait quand l’équipe donne tout. Basta. […] Ils ont fait un grand match contre cette équipe de Toulouse, c’est une belle victoire », a-t-il déclaré en conférence de presse (source : Onze Mondial).
Un tour d’honneur sans Roberto De Zerbi : la symbolique d’un choix réfléchi
À l’issue du match, les tribunes du Vélodrome s’enflamment, les joueurs entament un tour d’honneur bien mérité… sans leur entraîneur. Certains supporters et médias s’interrogent : le coach italien snoberait-il les fans ? En réalité, c’est tout l’inverse.
Lors de l’après-match, De Zerbi a clarifié son absence : « C’était une semaine pesante pour moi, et c’est la raison pour laquelle je n’ai pas fait le tour d’honneur. C’était important de laisser les joueurs sous les projecteurs », a-t-il expliqué (source : Onze Mondial). Une décision finalement lourde de sens : ce geste traduit une volonté de valoriser son groupe, de recentrer la lumière sur les joueurs après des jours de turbulence, et de désamorcer toute polémique sur un possible culte du chef.
Un leadership à la De Zerbi : discret mais fort
Ce choix met en lumière une facette essentielle du management de Roberto De Zerbi : l’importance donnée au collectif. Loin d’un entraîneur envahissant ou omniprésent médiatiquement, le technicien italien privilégie une gestion de vestiaire subtile, où il s’efface parfois pour mieux galvaniser ses troupes.
Dans un club où l’émotion prend souvent le pas sur le rationnel, cette posture tranche avec celles d’anciens entraîneurs olympiens plus démonstratifs. De Zerbi, fidèle à son style, contrôle l’intensité émotionnelle autour du terrain, et joue la carte de l’humilité. Il sait pertinemment que dans une saison longue, chaque geste compte, sur le terrain comme en dehors.
Quel impact pour la suite de la saison marseillaise (et pour le PSG) ?
La gestion de ce moment post-match, couplée à une victoire arrachée avec le caractère, pourrait bien marquer un tournant psychologique à Marseille. À l’approche des fêtes et de la trêve hivernale, l’OM reste à portée du top 4 et peut espérer une dynamique plus sereine.
Côté PSG, cette victoire olympienne montre que Marseille reste un adversaire à surveiller sur le long terme. Même si Paris semble au-dessus en termes de volume de jeu et de profondeur de banc, l’effet De Zerbi commence, match après match, à imprégner le comportement de ses joueurs.
Le Classique du retour, prévu en 2024, promet un duel tactique relevé entre Luis Enrique et Roberto De Zerbi. L’Italien, en assumant jusqu’à ses silences, pose déjà les bases d’un management construit et pétri de symboles – indispensable pour espérer bousculer l’hégémonie parisienne.
En somme, derrière ce simple geste post-match, se cache un entraîneur qui comprend parfaitement les exigences mentales du haut niveau. Et qui sait que dans le football moderne, dominer l’émotion est parfois aussi gagnant que dominer le ballon.