Arrivé au mercato hivernal avec le statut d’international confirmé, Ismaël Bennacer peine à se faire une place au soleil sous les couleurs de l’OM. Et la presse locale ne lui fait pas de cadeau. Décryptage d’un démarrage poussif aux lourdes attentes.
Une arrivée qui faisait saliver, un rendement qui déçoit
Lorsqu’il a débarqué sur la Canebière cet hiver, Ismaël Bennacer représentait une belle promesse pour les supporters de l’OM. Prêté par l’AC Milan avec option d’achat (12 millions d’euros + 3 millions de bonus), le milieu international algérien semblait cocher toutes les cases : technique, expérience, tempérament. Et pour couronner le tout, un attachement viscéral au club : « J’ai toujours été supporter de l’OM depuis que je suis petit », déclarait-il lors de sa présentation (source : conférence de presse d’arrivée à l’OM).
Mais après quelques apparitions en Ligue 1, le soufflé retombe. Face à Toulouse dimanche dernier, malgré la victoire olympienne (3-2), le natif d’Arles a livré une prestation terne. La critique s’est rapidement intensifiée, notamment dans La Provence, qui n’a pas mâché ses mots : « Celui dont on vante la qualité technique s’est encore montré imprécis, à moins qu’il ne visait les panneaux publicitaires. Guère plus rassurant sans ballon, où il traîne une condition physique douteuse ».
Pour un joueur censé stabiliser l’entrejeu marseillais et apporter une plus-value immédiate, le constat est sévère mais symptomatique des attentes élevées autour de son profil. D’autant que son expérience au haut niveau avec Milan et l’Algérie le désignait comme une recrue à impact immédiat.
Une condition physique préoccupante : un vrai frein à sa montée en puissance
Derrière cette baisse de régime se cache un sujet bien plus profond : la gestion physique d’Ismaël Bennacer. Victime d’une grave blessure au mollet en septembre dernier, le joueur peine encore à retrouver le rythme d’une saison pleine. Même s’il a affirmé être « à 100% physiquement », il reconnaissait également ne pas avoir encore 90 minutes dans les jambes (source : conférence de presse OM).
L’encadrement olympien, sous la houlette de Roberto De Zerbi, en est d’ailleurs pleinement conscient. Selon Onze Mondial, Bennacer aurait droit à un suivi individualisé et une gestion très précautionneuse de sa charge de travail. Preuve qu’on préfère éviter la rechute et favoriser une montée en puissance progressive. Une stratégie qui se justifie, mais qui, sur le court terme, agace une partie du public et des observateurs.
L’autre point de tension : son absence de la dernière trêve internationale avec l’Algérie. Si cela lui a permis de travailler au centre RLD, une partie des supporters se demandent si le joueur est encore loin de son meilleur niveau — inquiétant au vu des échéances qui s’enchaînent.
Quel impact pour l’OM… et pour le PSG ?
À ce stade, l’impact du milieu algérien reste limité, mais la deuxième partie de saison pourrait rebattre les cartes. Marseille, lancé dans une course au podium et engagé en Ligue Europa, aura besoin d’un Bennacer déterminant dans les grands rendez-vous. Et de performances à la hauteur de son nom. Sa technique, sa capacité à dicter le tempo et son profil de métronome manquent encore cruellement à un milieu marseillais souvent en déséquilibre.
Du côté du PSG, cette situation n’est pas anodine. Car un OM fort, structuré et périlleux milite pour une Ligue 1 plus compétitive. Un Bennacer à son niveau aurait offert aux Parisiens un Classique bien plus disputé. Mais pour le moment, l’écart reste net. Et cette « attention singulière » que lui porte De Zerbi en dit long sur la prudence requise avec un joueur si souvent freiné par les blessures.
Le temps presse. Si les semaines qui viennent ne voient pas une montée en puissance significative du milieu de terrain, la direction marseillaise devra se poser la question de lever (ou non) l’option d’achat. Une affaire à haute valeur stratégique… et un œil à garder de près, car si Bennacer trouve finalement ses marques, l’OM pourrait gagner très gros.
En attendant, le PSG peut continuer à regarder son rival phocéen avec une certaine sérénité.