Coup dur confirmé pour l’Olympique de Marseille : Mehdi Benatia, directeur du football du club phocéen, est finalement suspendu jusqu’au 4 mai. Une décision qui pourrait peser lourd sur la dynamique de fin de saison. Retour sur une affaire confuse, aux conséquences bien réelles.
Une sanction confirmée après plusieurs recours
Tout a commencé lors du 16e de finale explosif de Coupe de France entre l’OM et le LOSC, en janvier 2024. Lors de ce match face au club lillois, Medhi Benatia a été expulsé, suscitant la surprise générale. Très vite, la commission de discipline de la Ligue de Football Professionnel (LFP) frappe fort : trois mois de suspension ferme, assortis de trois avec sursis, interdisant l’ancien international marocain d’exercer ses fonctions au sein du club. Dans les faits, il n’avait pourtant ni invectivé l’arbitre, ni eu de comportement agressif – selon la version de l’OM.
Le club olympien entame alors une série de recours, espérant atténuer cette décision jugée excessivement sévère. La dernière étape de ce processus juridique : un appel devant le Comité national olympique et sportif français (CNOSF), qui avait un effet suspensif. C’est ce qui avait permis à Benatia de faire un retour discret sur le banc lors du déplacement à Reims, mi-avril.
Mais comme l’a révélé L’Équipe, le CNOSF a fini par trancher… et confirme la décision initiale de la LFP. Benatia est donc suspendu jusqu’au 4 mai inclus. Résultat : il a raté le choc contre Montpellier et manquera aussi deux autres rendez-vous cruciaux contre Brest et Lille.
Un vide stratégique pour l’OM à un moment crucial
L’importance de Mehdi Benatia ne se mesure pas qu’à sa présence dans les couloirs du Vélodrome. En tant que directeur du football, il joue un rôle central dans la cohésion du groupe, la gestion du staff et les décisions tactiques et stratégiques en lien avec l’entraîneur Jean-Louis Gasset. Son absence du vestiaire – une mesure imposée dans le cadre de sa suspension – complique la communication interne, notamment dans des semaines de double confrontation en Coupe d’Europe et championnat.
Si Benatia a pu voyager avec l’équipe, il s’est retrouvé réduit à un rôle d’observateur silencieux : impossible pour lui de prendre part au briefing d’avant-match ou aux échanges à la mi-temps. Pour un club déjà fragilisé par les blessures et une série de résultats irréguliers, ce handicap organisationnel n’est pas anodin.
Les conséquences pourraient être non négligeables dans la course à l’Europe. Déjà distancé par Lille et Lens, l’OM va devoir batailler pour accrocher la place de sixième, potentiellement qualificative pour la nouvelle Ligue Europa Conference. Et avec des adversaires directs comme Brest et Lille au programme des deux prochaines semaines, la pression est maximale.
Comparaison PS vs OM : différence de structure et de réactivité
Ce feuilleton met aussi en lumière une différence frappante entre les stratégies de gouvernance entre le PSG et son rival marseillais. Côté PSG, l’organigramme est clair, coordonné autour de figures bien définies comme Luis Campos (conseiller football) et Nasser Al-Khelaïfi. Les situations de crise y sont gérées en amont, avec une communication verrouillée. Le club de la capitale ne connaît pas ce genre de flottement organisationnel — une différence qui se répercute aussi sur les performances sportives et la stabilité du groupe.
Si l’OM veut retrouver un niveau d’ambition similaire à celui du Paris Saint-Germain, il devra impérativement renforcer sa structure décisionnelle et anticiper ce type de turbulences. D’ici là, Benatia pourra reprendre à plein régime ses fonctions le 4 mai, à la veille – peut-être – d’une phase décisive en championnat et en Europe.
Le football de haut niveau ne laisse que peu de place aux improvisations. Et dans une ligue aussi compétitive que la Ligue 1, chaque absence au poste clé peut faire basculer une saison.