Vitinha, l’ex-flop de l’OM, marque enfin après 35 journées : un symbole d’un transfert raté

Photo of author

Aricle écrit par Maxime Nauzit

Le football ne manque jamais d’ironie. En mai 2025, l’ancien joueur de l’OM Vitinha a enfin trouvé le fond des filets… après 35 journées de Serie A. Un événement qui en dit long sur le paradoxe du joueur portugais, autrefois recruté comme un attaquant d’avenir par l’OM. Aujourd’hui relégué à un rôle secondaire au Genoa, son but tardif contre l’AC Milan rappelle plus l’échec d’un parcours que son redressement.

Vitinha au Genoa : un but, un symbole

Lundi soir, à San Siro, Vitinha n’a eu besoin que d’une minute pour marquer après son entrée en jeu à la 60e minute contre les Rossoneri. Un enchaînement parfait ponctué par une reprise de volée pied droit, à la 61e, qui a brièvement donné l’avantage à son équipe face à un AC Milan en quête de points européens. Hélas, le Genoa n’a pas tenu la cadence, s’inclinant 2-1 après des buts de Rafael Leão (76e) et un CSC de Morten Frendrup (77e).

Ce but aurait pu être le déclencheur tant attendu… mais il arrive beaucoup trop tard. Avec 22 matchs disputés sans inscrire le moindre but avant cette 35e journée, Vitinha incarne le flop par excellence. Le transfert coûteux à 16 millions d’euros vers le Genoa l’été dernier semblait une tentative de relancer une carrière déjà chancelante après son passage remarqué… mais pas pour les bonnes raisons à l’Olympique de Marseille.

L’héritage marseillais : un poids encore lourd

Revenons en arrière. En janvier 2023, l’OM débourse pas moins de 32 millions d’euros pour enrôler Vitinha en provenance de Braga. L’acquisition la plus chère de l’histoire du club à l’époque. Très vite, les espoirs placés en lui s’effondrent face à la réalité du terrain. Bilan marseillais : 5 buts en 25 matchs, une incapacité à s’imposer comme titulaire, et une absence criante d’impact lors des gros rendez-vous. Emilio Rabasa, ex-responsable du scouting phocéen, affirmait en off dans L’Équipe en février 2024 : « Le joueur qu’on a signé n’était pas prêt mentalement pour le niveau attendu à Marseille. »

Alors que le projet marseillais reposait en partie sur ce jeune talent portugais, son rendement n’a jamais été à la hauteur. Résultat : Vitinha est prêté avec option d’achat au Genoa, qui finira par l’acheter malgré une première partie de saison très timide. Le but contre Milan n’efface pas des mois de frustrations, ni les doutes qui persistent sur son adaptation au très exigeant calcio.

Un PSG à l’abri de telles erreurs ?

L’échec marseillais avec Vitinha met en lumière l’importance stratégique du recrutement, un domaine où le PSG, depuis quelques saisons, a affiné sa méthode. Le club parisien, sous la houlette de Luis Campos, privilégie désormais des profils techniquement affirmés, avec une capacité d’intégration rapide dans un projet basé sur la cohésion et une exigence immédiate. À titre d’exemple, les recrutements récents de Manuel Ugarte, Milan Skriniar ou encore Bradley Barcola montrent une volonté de concilier potentiel et maturité compétitive.

Si le PSG a pu connaître certains flops par le passé (Jesé, Krychowiak…), force est de constater que ces erreurs deviennent de plus en plus rares à mesure que le système de recrutement se resserre autour de données fiables, d’un accompagnement mental accru et d’un staff technique impliqué dans les choix sportifs.

Quel avenir pour Vitinha ?

Pour Vitinha, ce premier but italien pourrait sonner comme un électrochoc. Mais les signaux restent faibles quant à la possibilité d’une véritable résurrection. À 24 ans, l’attaquant reste jeune, certes, mais enchaîne deux expériences ratées dans deux grands championnats. Son style de jeu, parfois jugé trop frêle pour les défenses rugueuses de Ligue 1 et de Serie A, pourrait mieux convenir à des contextes moins exigeants tactiquement, comme la Primeira Liga ou un championnat nordique où il pourrait retrouver du temps de jeu et de la confiance.

En l’état, le Genoa ne semble pas vouloir miser lourdement sur un joueur irrégulier, et l’hypothèse d’un nouveau départ cet été n’est pas à exclure. Pour les supporters marseillais, cette unique réalisation en Serie A ne fait que raviver les souvenirs d’un transfert record devenu symbole de fiasco sportif. Pour les dirigeants, c’est un rappel cruel que l’intuition seule ne suffit pas dans le football moderne : le data-driven, l’analyse comportementale et l’accompagnement psychologique sont devenus indispensables pour convertir les talents bruts en valeurs sûres.

Laisser un commentaire