L’Olympique de Marseille s’apprête à vivre un été volcanique. À peine qualifié pour la Ligue des champions 2025-2026, le club phocéen enclenche une nouvelle fois le mode « grands travaux ». Avec jusqu’à 13 départs envisagés, la direction olympienne annonce un véritable chamboulement d’effectif. Un projet audacieux… mais risqué. Pour le Paris Saint-Germain, qui dominait jusqu’ici la scène nationale avec sérénité, cette ambition décuplée de l’OM pourrait bien rebattre certaines cartes.
Un OM en mutation totale, entre ambition et instabilité
L’ère Longoria-De Zerbi-Benatia débute sous le signe du changement. Dans la foulée de la qualification directe en Ligue des champions, l’Olympique de Marseille prévoit un mercato spectaculaire avec pas moins de 13 joueurs potentiellement poussés vers la sortie selon L’Équipe. Parmi les partants probables : Balerdi, Rongier, Luis Henrique, ou encore Quentin Merlin… Des profils complémentaires mais, pour divers motifs (physique, performances, contrat), jugés insuffisants pour les ambitions européennes désormais affichées.
Cette mise à jour radicale de l’effectif vise à bâtir un groupe compétitif pour l’Europe, quitte à sacrifier toute idée de continuité. Si Marseille s’est parfois servi de ces chamboulements comme d’élans de relance en championnat, l’approche présente aussi un défaut majeur : le manque de stabilité structurelle, un talon d’Achille à l’ère où les grandes équipes gagnantes misent sur des cycles long-terme. C’est là que le PSG conserve une longueur d’avance.
Des piliers conservés pour encadrer la révolution
Heureusement pour les Phocéens, la purge ne sera pas totale. Le club entend s’appuyer sur quelques têtes fortes : Greenwood (19 buts cette saison), Höjbjerg (transfert définitif acté pour 13 M€), et Adrien Rabiot, revenu de la Juventus avec une motivation certaine à retrouver la C1. Leur leadership pourrait offrir un semblant de cohérence à un effectif chamboulé.
Sur le plan défensif, Amir Murillo reste une garantie de fiabilité tandis que Geoffrey Kondogbia, expérimenté et technique, est dans les petits papiers de De Zerbi. Geronimo Rulli dans les cages, Ismaël Bennacer au milieu (sous réserve de sa condition physique), ainsi que quelques jeunes prometteurs comme Bilal Nadir et Jonathan Rowe, s’inscriront également dans le projet 2024-2025.
Mais attention aux déséquilibres. Des départs massifs doivent impérativement être compensés par des recrues de haut niveau, capables de performer rapidement. Faute de quoi, Marseille risque de manquer de cohésion dès les matchs de poule, où l’exigence tactique et l’intensité sont d’un tout autre niveau que la Ligue 1.
Quel impact pour le PSG en Ligue 1 et en Ligue des champions ?
Pour le Paris Saint-Germain, cette métamorphose marseillaise soulève plusieurs enjeux. D’un point de vue national, l’OM, dynamisé par une qualification directe en C1 et un staff technique ambitieux, pourrait redevenir un concurrent sérieux pour le titre. Si Longoria réussit son mercato, le PSG devra hausser encore d’un cran en championnat pour maintenir son hégémonie.
Sur la scène européenne, une éventuelle percée de l’OM pourrait également renforcer le coefficient UEFA de la France… et donc indirectement servir les intérêts du PSG. Une Ligue 1 plus compétitive contribue à mieux armer les clubs français face aux mastodontes d’Angleterre, d’Espagne ou d’Allemagne. À condition pour Marseille de ne pas s’effondrer en phase de groupes comme ce fut souvent le cas ces dernières saisons.
Enfin, le grand ménage de l’OM pourrait aussi influencer des mouvements de joueurs sur le marché. Des profils comme Valentin Rongier ou Balerdi pourraient attiser certains clubs rivaux du PSG, tandis que tout échec dans les dossiers Greenwood ou Rabiot pourrait rouvrir des opportunités sur lesquelles Luis Campos et Nasser Al-Khelaïfi gardent sûrement un œil.
Conclusion : Révolution ou illusion ?
Avec un mercato annoncé explosif, l’OM affiche clairement sa volonté de bousculer la hiérarchie française et faire bonne figure sur la scène européenne. Mais l’histoire prouve que le chaos contrôlé est une utopie. Le PSG, lui, construit avec régularité, même s’il reste perfectible en C1. Les Marseillais réussiront-ils à tirer profit de leur révolution estivale ? En tout cas, pour les supporters et les observateurs, la saison s’annonce plus que jamais palpitante.