OM : la vente du Vélodrome à un milliard d’euros, Marseille relance un vieux serpent de mer

Photo of author

Aricle écrit par Maxime Nauzit

Un stade mythique, un deal économique hors normes et des zones d’ombre politiques : la vente du Stade Vélodrome par la Mairie de Marseille à hauteur d’un milliard d’euros relance un débat aussi vieux que les travées du stade phocéen.

Cette déclaration explosive faite par le maire Benoît Payan sur le plateau de L’Équipe de Greg n’est pas passée inaperçue, et elle pourrait bien rebattre les cartes dans le football français. Croisement complexe entre patrimoine, politique locale et perspectives sportives, la question interpelle également les rivaux historiques de l’OM, dont le Paris Saint-Germain, pour qui la gestion de leur enceinte emblématique, le Parc des Princes, fait également l’objet de tractations tendues avec la Ville de Paris.

Un milliard pour le Vélodrome : un prix symbolique ou stratégique ?

Le chiffre a fait trembler les murs : un milliard d’euros pour devenir propriétaire du Stade Vélodrome. C’est le prix fixé par Benoît Payan, maire de Marseille, pour envisager une vente. Un montant qui reflète à la fois la valeur patrimoniale de l’enceinte et les investissements colossaux réalisés pour sa rénovation, notamment à l’occasion de l’Euro 2016.

Mais derrière les chiffres se cachent des enjeux économiques. Selon Payan, le stade n’est pas rentable, et pèse lourd dans les finances publiques. Une vente permettrait à la Ville de se désengager d’un gouffre financier, mais seulement sous certaines conditions. « Je ne suis pas vendeur si c’est un fonds de pension », précise le maire. Seul un acteur en lien direct avec l’OM aurait l’aval de la Mairie.

Dans ce contexte, la question se pose : est-ce vraiment un montant de marché ou une façon d’écarter les candidats potentiels ? Le prix – d’abord jugé exorbitant – pourrait aussi être vu comme une valeur de dissuasion, à moins que l’ambition soit de créer un levier politique pour forcer McCourt ou un futur actionnaire à s’engager davantage.

McCourt peut-il (vraiment) racheter le Vélodrome ?

S’il y a un acheteur potentiel, ce serait logiquement Frank McCourt, le propriétaire de l’OM. Mais pour le moment, aucune offre concrète n’est sur la table. L’opération, selon le maire, serait « complexe », englobant non seulement le stade, mais aussi ses abords, sources potentielles de revenus commerciaux.

Pour mémoire, cette idée n’est pas nouvelle. Déjà en 2018, Jean-Henri Eyraud, ancien président de l’OM, avait évoqué la possibilité pour le club de devenir propriétaire de son antre. Aujourd’hui, le président Pablo Longoria reste étrangement silencieux sur le sujet, bien qu’une telle acquisition bouleverserait l’autonomie et la stratégie à long terme du club.

Côté PSG, difficile de ne pas faire le parallèle avec la situation du Parc des Princes. Nasser Al-Khelaïfi, président du Paris Saint-Germain, se heurte aussi aux réticences de la Mairie de Paris menée par Anne Hidalgo, refusant de vendre le stade. Deux géants du football français face au même mur institutionnel ?

Quel impact pour le PSG et la L1 ?

Sur le plan sportif et structurel, la propriété d’un stade offre une autonomie stratégique : maîtrise des revenus, exploitation commerciale, naming, événements hors football… Ce que le PSG convoite depuis longtemps pour le Parc, l’OM pourrait le concrétiser s’il devenait maître du Vélodrome. Ce serait un virage économique majeur dans la Ligue 1, dont les clubs sont encore très dépendants des collectivités locales pour leurs installations.

Pour le PSG, une telle opération du côté rival mettrait une pression supplémentaire sur les autorités parisiennes. Cela renforcerait aussi la stature de l’OM sur l’échiquier européen, à l’heure où la L1 cherche à vendre son produit à l’international avec l’arrivée de CVC et la création d’une société commerciale dédiée. Un OM propriétaire de son stade serait un autre club, plus structuré, plus ambitieux – et potentiellement plus dangereux sur la scène nationale.

La vente du Vélodrome à un milliard d’euros n’est donc pas qu’une affaire marseillaise. Elle cristallise les enjeux modernes du football français : indépendance économique, professionnalisation des infrastructures, et bras de fer entre clubs et pouvoirs publics.

Laisser un commentaire