La cérémonie annuelle des Trophées UNFP a pour vocation de célébrer l’excellence en Ligue 1. Pourtant, cette édition 2024 laisse un goût amer à certains acteurs du championnat. Et parmi eux, Amine Gouiri ne mâche pas ses mots. Alors qu’il a lui-même été récompensé pour le plus beau but de la saison, l’attaquant marseillais n’a pas hésité à fustiger publiquement l’organisation en dénonçant un « triple scandale ».
Roberto De Zerbi, grand oublié selon Gouiri
Premier point de discorde ? L’absence du nom de Roberto De Zerbi dans la liste des finalistes pour le titre de meilleur entraîneur de Ligue 1. L’entraîneur italien de l’OM, arrivé en début de saison, a radicalement changé le style de jeu du club phocéen et permis une remontée impressionnante au classement. Amine Gouiri insiste : « C’est un scandale qu’il ne soit même pas nommé […] Ce qu’il fait, c’est fort » (source : Onze Mondial).
De Zerbi a su instaurer une identité de jeu exigeante, intense, portée par un pressing haut et une utilisation intelligente des couloirs offensifs. Son impact a été immédiat malgré une équipe largement remaniée en été. À titre de comparaison, Luis Enrique au PSG, plébiscité au sein des trophées, bénéficie d’un effectif all-star avec des profils adaptés à son style. L’absence de De Zerbi dans les nominations questionne la reconnaissance du mérite au-delà des résultats bruts.
Greenwood, co-meilleur buteur mais ignoré
Mason Greenwood est le deuxième pilier du « triple scandale ». Auteur de 21 buts en Ligue 1 — à égalité avec Ousmane Dembélé —, l’attaquant prêté à l’OM a brillé par son efficacité redoutable et sa capacité à s’adapter rapidement au championnat français. Amine Gouiri souligne : « C’est un attaquant de classe internationale. Il n’a même pas eu besoin d’un temps d’adaptation ».
Qu’un tel talent n’ait obtenu aucune nomination majeure interroge directement sur les critères retenus par les organisateurs des UNFP. L’anglais n’est certes pas dans une équipe championne, mais sa régularité statistique le place naturellement parmi les meilleurs joueurs offensifs de la saison. L’absence de reconnaissance officielle ternit légèrement la crédibilité de cette sélection.
Adrien Rabiot, l’éternel sous-estimé
Enfin, troisième personnalité écartée : Adrien Rabiot. L’ancien Parisien, désormais pilier de l’OM dans l’entrejeu, a dominé les débats techniques face à plusieurs cadors de Ligue 1. Paradoxalement, il n’a pas été retenu parmi les meilleurs milieux du championnat, ce qu’Amine Gouiri ne digère pas : « Adrien Rabiot est l’un des meilleurs milieux de Ligue 1 et il n’a pas besoin de trophée pour le montrer ».
Son absence, sans doute liée à un creux de forme collective marseillaise en février-mars, reflète une tendance inquiétante à privilégier la régularité sur l’ensemble de la saison plutôt qu’à valoriser les performances individuelles et leur impact concret dans les matchs à enjeux.
Quel écho pour le PSG dans cette polémique ?
Loin de Marseille, le PSG suit attentivement ces remous médiatiques. D’une part, parce que plusieurs de ses stars comme Ousmane Dembélé ou Kylian Mbappé figurent évidemment parmi les nommés. Mais surtout parce que ces critiques nuisent à l’image d’un football français souvent accusé de favoritisme et de vision court-termiste.
Si Luis Enrique parvient à capitaliser sur une reconnaissance médiatique (trophée de meilleur entraîneur probable), cela renforce symboliquement la progression du Paris Saint-Germain vers un projet cohérent. Mais les absences dénoncées par Gouiri pourraient aussi leur servir d’alerte : dans un championnat où les talents émergent de partout, la reconnaissance ne doit pas rester l’apanage des clubs les plus visibles, mais bien refléter une réalité de terrain.
Cette sortie médiatique offensive d’Amine Gouiri souligne à quel point les récompenses individuelles peuvent encore manquer de finesse dans leur construction… et combien les joueurs eux-mêmes revendiquent un football juste, fondé sur le mérite réel.