L’ironie du sort frappe une nouvelle fois Andoni Zubizarreta. L’ancien directeur sportif de l’Olympique de Marseille vient d’être limogé par le FC Porto, seulement un an après son arrivée. Son mandat au Portugal, censé être celui de la reconstruction, se termine dans la confusion, comme ce fut déjà le cas sur la Canebière. Retour sur un parcours en dents de scie et ses répercussions pour les clubs qu’il a traversés.
Un projet avorté : Porto dit stop
Arrivé à l’été 2023 au sein du staff dirigeant du FC Porto, Andoni Zubizarreta avait reçu pour mission de renforcer l’équipe autour de la vision d’André Villas-Boas, fraîchement nommé président. L’idée : bâtir une structure sportive ambitieuse, en cohérence avec celle d’un club habitué aux sommets européens. Pour y parvenir, l’ancien gardien du FC Barcelone s’était entouré de Martín Anselmi, entraîneur argentin alors prometteur. Mais la dynamique s’est rapidement inversée.
À la suite d’une saison 2024-2025 catastrophique, marquée par des choix de mercato controversés et une élimination humiliante lors du Mondial des clubs, le club portugais a décidé de tout remettre à plat. Le licenciement d’Anselmi a été le premier domino à tomber. Puis, la pression est montée sur Zubizarreta, dont les décisions ont été lourdement critiquées. Notamment, les ventes en janvier 2025 de Nico González à Manchester City et de Galeno à Al Ahli ont affaibli l’effectif dans un moment clé de la saison.
Les médias locaux, tels que A Bola et Record, rapportent qu’Anselmi aurait pointé du doigt Zubizarreta dans des échanges internes houleux avec Villas-Boas. Résultat : une double perte de confiance et une exclusion sans appel. Le projet Villas-Boas – Zubizarreta, pourtant plein de promesses, est avorté sans ménagement.
Une trajectoire qui rappelle l’épisode marseillais
Ce nouvel échec fait écho à son passage mouvementé à l’Olympique de Marseille entre 2016 et 2020. Nommé par Jacques-Henri Eyraud pour donner une coloration plus européenne au projet marseillais, Zubizarreta avait su attirer quelques profils intéressants (Rongier, Álvaro, Kamara promu en équipe première), mais n’a jamais su réellement imposer une vision de long terme.
La cohabitation avec Rudi Garcia, puis André Villas-Boas, avait rapidement mis en évidence des frustrations internes. L’ancien portier semblait souvent isolé dans les prises de décision, souffrant d’un manque d’alignement stratégique avec la direction. L’échec du mercato 2018, la gestion floue des postes-clés et les résultats inconstants avaient abouti à son départ en 2020 dans un climat tendu.
Avec Porto, le scénario se répète : nominé pour structurer, critiqué pour désorganiser, puis évincé sur fond de divergences tactiques et de communication rompue. Si les clubs sont différents, le schéma est, lui, quasi-identique.
Un impact limité sur le PSG, mais révélateur pour le football européen
Si le Paris Saint-Germain n’est pas directement concerné par la trajectoire de Zubizarreta, ces échecs répétés soulèvent une question cruciale : celle de la pertinence et de la stabilité des projets sportifs dans les grands clubs européens.
Le PSG, sous la houlette de Luis Campos, semble avoir tiré les leçons de ces erreurs structurelles : une direction claire, des décisions stratégiques assumées (comme le recrutement ciblé de joueurs compatibles avec une philosophie de jeu), et une volonté de bâtir dans la durée. Là où Marseille et Porto ont cédé à des dynamiques internes conflictuelles, Paris avance, concentré sur un objectif clair : briller sur la scène européenne.
En définitive, le cas Zubizarreta rappelle que le nom ne suffit pas. Pour construire durablement, encore faut-il allier vision stratégique, gestion humaine et résultats tangibles. Des dimensions que le PSG surveille de près, dans sa quête perpétuelle d’élite et d’exigence.