OM : Les coulisses du choix fort de Roberto De Zerbi de rester sur la Canebière

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Aricle écrit par Maxime Nauzit

Roberto De Zerbi n’a pas cédé aux sirènes de la Serie A cet été 2025. Malgré les rumeurs venues d’Italie, l’emblématique entraîneur de l’Olympique de Marseille a fait le choix fort de rester pour une deuxième saison à la tête du projet olympien. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est un choix du cœur autant que de la raison. Décryptage d’une fidélité rare dans le football d’aujourd’hui.

Un choix mûrement réfléchi, porté par la passion

Dans une interview accordée à L’Équipe, Roberto De Zerbi a confirmé que rester à l’OM n’a pas été une simple formalité : « Je fonctionne à l’instinct. Mais Marseille est l’endroit idéal pour moi ». Malgré les intérêts confirmés de clubs italiens, l’Italien avançait déjà avec Pablo Longoria et Mehdi Benatia pour bâtir le Marseille 2025-2026, évoquant notamment des contacts avec CJ Egan-Riley et Facundo Medina.

Mais au-delà de l’aspect sportif, c’est la connexion émotionnelle avec le club et la ville qui a pesé. Né en 1979, De Zerbi confie être tombé amoureux de l’OM au début des années 1990, une époque marquée par les épopées européennes et les figures mythiques comme Chris Waddle. « L’OM me ressemble », affirme-t-il. Une passion sincère qui tranche avec le business pur qui régit souvent les décisions dans le football moderne.

Ce rapport quasi fusionnel entre De Zerbi et l’OM rappelle combien l’identité d’un club est précieuse. Un contraste saisissant avec le PSG, où les entraîneurs se succèdent sans véritable attachement à l’institution parisienne. À Marseille, De Zerbi incarne un projet, un style, une idée de jeu, mais surtout une âme.

L’art de manager : entre exigence mentale et stratégie humaine

Le coach italien n’est pas qu’un romantique. Son approche du groupe repose sur une méthode exigeante axée sur la réflexion, l’adaptation émotionnelle et la responsabilisation. Lors du choc contre Auxerre au Vélodrome (défaite 0-3 en début de saison dernière), De Zerbi avait pris la parole en conférence de presse pour s’accaparer la critique afin de protéger ses joueurs. Une démarche volontaire qu’il explique ainsi : « C’était une prise de responsabilité pour enlever la pression des épaules des joueurs ».

Attentif à l’état émotionnel de son groupe, De Zerbi a mis en place deux stages cruciaux pour cimenter l’unité. Le premier, à Mallemort, visait à redéfinir l’identité collective pendant la saison : « Ce stage nous a permis de mieux comprendre qui nous étions, ce que nous voulions devenir ». Un véritable reset mental et tactique pour une équipe encore en construction avec des joueurs comme Greenwood, Elye Wahi ou Jonathan Rowe, peu habitués à l’exigence d’un club comme l’OM.

Le second, organisé à Rome, avait une toute autre visée : relâcher la pression et créer du lien en dehors du cadre strict du football : « On a travaillé moins sur le terrain, mais les joueurs ont fait des choses ensemble. Cela crée des liens qui changent tout en match ».

Un OM reconstruit qui se projette en 2025-2026

Avec une qualification pour la Ligue Europa après une belle seconde partie de saison 2024-2025, De Zerbi arrive en 2025-2026 avec un effectif plus mûr et un staff renforcé. L’apprentissage du Vélodrome, stade à l’ambiance « unique » selon lui, a nécessité une autre préparation mentale, loin du calibrage standard de clubs comme le PSG à domicile.

Dans un football où le culte de l’instantané prédomine, la patience et la méthode de De Zerbi peuvent offrir à Marseille des résultats durables. Mais la barre est haute. Entre le championnat, une Coupe d’Europe à honorer et une concurrence féroce (notamment face au PSG de Luis Enrique, champion en titre), le défi reste immense.

Et c’est là tout l’enjeu pour l’OM : stabiliser une dynamique positive, faire progresser le collectif tout en composant avec un effectif jeune et exposé à la pression marseillaise. Mais si quelqu’un peut transformer cette passion en moteur de performance, c’est bien Roberto De Zerbi.

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