OM : Pourquoi le départ de Valentin Rongier fragilise le projet De Zerbi

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Aricle écrit par Maxime Nauzit

Le feuilleton Rongier touche à sa fin. Après six saisons intenses sous le maillot de l’Olympique de Marseille, Valentin Rongier s’apprête à rejoindre le Stade Rennais. Un départ qui fait mal sportivement et symboliquement, surtout au sein d’une saison 2025-2026 où l’OM veut concurrencer le PSG pour le titre.

Un pilier du milieu marseillais s’en va


Débarqué du FC Nantes en 2019, Rongier s’est rapidement imposé comme une référence du milieu olympien. Travailleur de l’ombre, régulateur du jeu, leader silencieux, il a été le capitaine naturel d’un OM souvent en reconstruction mais toujours ambitieux. Sous Igor Tudor, puis Gennaro Gattuso, et enfin Roberto De Zerbi cette saison, le natif de Mâcon a su s’adapter à chaque projet, incarnant la stabilité dans un effectif souvent chamboulé.

Mais cette stabilité prend fin. Arrivé à Rennes ce lundi, en compagnie de Quentin Merlin, Valentin Rongier quittera donc l’OM après 216 matchs en six saisons. Derrière ce départ, un constat froid : le milieu a refusé la prolongation proposée en février dernier. « La proposition a été faite, et elle était bonne, m’a dit Medhi (Benatia). Mais elle a été rejetée« , a expliqué Roberto De Zerbi dans un entretien accordé au journal L’Équipe.

Le coach italien, pourtant ardent défenseur de Rongier dans son système exigeant de possession et de pressing, a regretté mais accepté cette décision, non sans dépit : « Ce n’est plus une question technique. À un an de la fin de son contrat, éviter un départ libre était devenu une priorité pour le club« .

Des conséquences sportives et stratégiques pour l’OM


Le départ de Rongier oblige le club à réorganiser un entrejeu qui figurait parmi les plus équilibrés de Ligue 1, notamment dans sa capacité à rivaliser avec le PSG au milieu. L’arrivée estivale d’Ismaël Bennacer, ex-Milan AC, était déjà un coup fort. Elle devait compléter un trio technique et solide avec Rongier et Veretout. Mais sans le n°21, la donne change.

De Zerbi perd un soldat tactique, un relais fiable qui connaissait les rouages du Vélodrome et du vestiaire. En termes de leadership, peu de joueurs disposent de la même aura que Rongier. Si Bennacer est un renfort de qualité, sa fragilité physique (souci récurrent aux ischio-jambiers) peut poser problème dans une saison à 50 matchs entre Ligue 1, Ligue des Champions et Coupe de France.

Le directeur sportif Mehdi Benatia et Pablo Longoria ont donc du pain sur la planche. Recruter un milieu de terrain supplémentaire devient indispensable. Plusieurs noms circulent déjà, tels que Morten Hjulmand (Sporting CP) ou Lovro Majer (Wolfsburg), mais le profil parfait devra cocher de nombreuses cases : intensité, intelligence tactique, volume de jeu, et un vrai tempérament.

Une perte symbolique dans le duel à distance avec le PSG


Dans un Classique toujours aussi bouillant, l’OM ne peut pas se permettre de perdre des cadres sans les remplacer par des joueurs de même envergure. À l’heure où Luis Enrique bâtit un PSG rafraîchi et rajeuni, avec un milieu qui repose sur les Ugarte, Fabian Ruiz ou Vitinha, l’OM doit rester au niveau pour ne pas perdre le contact dans la course au titre et à l’Europe.

Valentin Rongier incarnait ce supplément d’âme, cette implication totale dans chaque duel, chaque récupération, chaque sortie de balle. Son départ, s’il s’explique contractuellement, sera sans doute regretté au moment des confrontations directes avec les Parisiens.

Alors que le mois d’août approche, les supporters marseillais attendent désormais des réponses. La direction devra rapidement combler ce vide et offrir à De Zerbi les moyens de ses ambitions. Car une vérité demeure : sans équilibre au milieu, difficile d’imposer son style, et encore plus de renverser le PSG.

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