L’Olympique de Marseille a peut-être trouvé son homme de la situation. Depuis son arrivée en 2024, Roberto De Zerbi n’a cessé de prôner l’exigence, le goût du sacrifice et une obsession quasi clinique de la performance, calquée sur un modèle bien connu : Cristiano Ronaldo. Alors que l’OM attaque la saison 2025-2026 avec de sérieuses ambitions en Ligue 1 et en Ligue des champions, cette mentalité fait de lui une pièce maîtresse du projet marseillais, quitte à le rendre… intransigeant.
De Zerbi et la mentalité Cristiano : le moteur invisible de l’OM
Dans un entretien accordé à L’Équipe, De Zerbi s’est confié sur sa vision du football et a révélé puiser son inspiration dans la mentalité de Cristiano Ronaldo. Et ce n’est pas anecdotique. Selon ses mots : « Il ne naît pas champion, il le devient. […] Celui qui le devient, il y a le travail, les efforts, l’ambition, le sacrifice ». Une philosophie qu’il applique au quotidien à la Commanderie, et qui irrigue l’ensemble de son staff.
Cette exigence permanente rappelle indirectement l’approche de clubs comme le PSG, où les stars internationales sont attendues au plus haut niveau chaque semaine. Mais contrairement à Paris, souvent critiqué pour son manque de constance en Ligue des champions, De Zerbi veut mettre l’accent sur la culture de l’effort pour installer l’OM parmi les grands d’Europe. L’exploit d’avoir qualifié le club en Ligue des champions 2025-2026 lors de la dernière journée de la saison passée est à mettre au crédit de cette discipline martiale.
Insatisfaction chronique et culture de l’excellence
Mais cette obsession a aussi ses revers. De Zerbi l’admet lui-même : sa soif perpétuelle de progrès devient parfois un fardeau. « Si je pouvais, je changerais ça. Parce que n’être jamais satisfait complètement, c’est épuisant », confie-t-il. Que ce soit après le succès crucial face au Havre (3-1) ou après une prestation solide contre l’OL (3-2), l’Italien ne relâche jamais la pression.
Ce tempérament rappelle celui de Pep Guardiola ou de Simeone, et tranche radicalement avec les postures plus détachées adoptées par certains coachs dans l’élite du football européen. Chez De Zerbi, la tension est présente en permanence. Il va jusqu’à avouer que « c’est en vacances qu’il est stressé ». Cette exigence totale, que certains à Paris envieraient au regard d’un effectif parfois jugé trop dilettante, structure aujourd’hui le vestiaire de l’OM et oriente ses choix tactiques.
Un football spectaculaire, mais pas à n’importe quel prix
Longtemps identifié à un jeu porté vers l’avant, De Zerbi sait aussi faire preuve de pragmatisme. Grand admirateur des numéros 10, il confie apprécier autant le talent que le sacrifice : « Gagner en souffrant, tous derrière, à combattre, cela me donne aussi de grandes satisfactions ». Une flexibilité qui pourrait être déterminante dans les joutes européennes où le réalisme prime parfois sur la poésie du jeu.
En s’inspirant de Cristiano Ronaldo, De Zerbi ne copie pas un style de jeu, mais bien une mentalité : celle du dépassement de soi. Une vision qui pourrait faire la différence face à des concurrents directs comme le PSG, en quête de stabilité et de cohérence sur le banc. Car si Paris peut compter sur des stars comme Mbappé ou Vitinha, l’OM s’appuie sur un collectif enraciné dans une foi commune : celle de ne jamais baisser la garde.
Quel impact pour la saison 2025-2026 ?
Sur le plan purement sportif, cette approche rigoureuse pourrait être la clé pour franchir un cap. En Ligue 1, l’OM tentera de concurrencer le PSG dans la course au titre, un objectif qui n’a plus été atteint depuis 2010. En Ligue des champions, De Zerbi devra insuffler cette mentalité de « champion » à un groupe encore jeune à ce niveau.
Reste à savoir si cette tension constante ne finira pas par user un vestiaire encore en construction. Si l’OM parvient à canaliser cette énergie, avec un De Zerbi à la baguette, les Phocéens pourraient non seulement titiller leur rival parisien, mais surtout inscrire leur nom dans les grandes heures du football européen.
En attendant, l’OM poursuit sa mue. Avec De Zerbi comme guide obsessionnel, inspiré par les plus grands mais ancré dans un projet collectif, Marseille semble désormais armé pour regarder Paris dans les yeux. Et pour rêver plus haut, plus fort.