Arrivé à l’Olympique de Marseille avec l’étiquette de recrue star hivernale lors du mercato de janvier 2025, Ismaël Bennacer pourrait bien ne jamais véritablement s’installer sur la Canebière. Malgré un prêt en provenance de l’AC Milan assorti d’une option d’achat, l’international algérien n’est pas parvenu à faire l’unanimité. La faute à une cascade de blessures et à une adaptation mitigée. Résultat : l’OM hésite, l’AC Milan attend, et l’Arabie saoudite pousse fort. Le club d’Al-Ittihad, où l’attendent déjà Benzema, Aouar et Laurent Blanc, serait prêt à faire plier la concurrence.
Un prêt qui promettait, une intégration décevante
Lorsque Pablo Longoria et Mehdi Benatia ont bouclé l’arrivée de Bennacer en janvier 2025, les supporters marseillais se sont pris à rêver. Doté d’un profil complet, technique et combatif, le joueur formé à Arles était vu comme la solution tant attendue dans l’entrejeu olympien. À l’époque, Marcelino espérait densifier son milieu pour contrer les phases de possession adverses, notamment face à des cadors de Ligue 1 comme le PSG ou encore Monaco.
Mais la réalité fut bien plus nuancée : affecté dès son arrivée par des pépins physiques récurrents, Bennacer n’a disputé qu’une poignée de matchs sous le maillot ciel et blanc. Jamais véritablement à 100%, il n’a pas réussi à imposer son tempo ni à fournir les garanties attendues à un poste si stratégique. Son repositionnement en tant que sentinelle aux côtés de Veretout n’a pas non plus convaincu.
Conséquence logique : alors que l’option d’achat était initialement fixée aux alentours de 15 M€, les dirigeants marseillais tentent aujourd’hui de revoir leur copie à la baisse. Problème : le Milan AC, bien que ne comptant plus sur le joueur selon La Gazzetta dello Sport, n’est pas prêt à brader son actif sans garantie.
Les sirènes dorées de l’Arabie saoudite
Dans ce flou contractuel, Al-Ittihad, champion en titre de Saudi Pro League, a flairé la bonne affaire. Selon le spécialiste mercato Nicolò Schira, le club basé à Djeddah a d’ores et déjà transmis une offre de contrat de trois ans à Bennacer, avec un salaire nettement supérieur à ce que Marseille peut proposer. L’objectif ? L’associer dans un milieu 100% algérien avec Aouar, tout en profitant du rayonnement de Benzema et de l’expertise de Laurent Blanc.
Côté marseillais, ce potentiel départ laisse un goût amer. Alors que l’OM s’est engagé dans une saison 2025-2026 dense, entre Ligue 1, Ligue Europa et Coupe de France, le manque d’un profil comme celui de Bennacer pourrait peser lourd, surtout face à un PSG toujours plus dominateur dans l’entrejeu. L’absence de profondeur dans le secteur axial a déjà coûté cher l’an dernier — notamment lors des Classiques perdus contre Paris.
Il faut également souligner que le timing n’arrange rien : Marseille peine à faire signer d’autres profils expérimentés au milieu, et l’éventuelle perte de Bennacer vient désorganiser une planification déjà complexe estivale. D’un point de vue économique, si la vente se concrétise entre Milan et Al-Ittihad pour 10 M€, ce serait également une opération manquée pour Longoria, qui espérait en tirer plus de valeur ajoutée en prolongeant le joueur à long terme.
Quel avenir pour Bennacer et quelles conséquences pour l’OM ?
Bennacer, à 27 ans, se retrouve à la croisée des chemins. Son avenir pourrait basculer définitivement en dehors de l’Europe. Un contre-pied à ses ambitions initiales exprimées à son arrivée à Marseille. Mais dans un football globalisé, les projets saoudiens, guidés par des moyens financiers colossaux, séduisent de plus en plus de profils en âge d’encore briller au plus haut niveau.
Pour l’OM, ce dossier incarne à lui seul les tensions entre ambition sportive et montages financiers complexes. Après Alexis Sánchez et Aubameyang, attirer un joueur référencé comme Bennacer était un signal fort. Le laisser filer avant même de véritablement l’avoir intégré serait le symbole d’une instabilité sportive chronique. Et dans un contexte de rivalité accrue avec le PSG, qui renforce encore cet été son effectif XXL, chaque coup raté peut avoir de lourdes conséquences sur la hiérarchie nationale.
S’il signe bel et bien à Al-Ittihad, Marseille devra se remettre très vite en quête d’un nouveau milieu de terrain, capable d’impacter immédiatement. Un profil rare et onéreux… sauf que la rentabilité, elle aussi, est une priorité sur la Canebière. Affaire à suivre de très près durant ce mercato estival 2025.