Alors que le mercato estival 2025 agite les coulisses de l’Orange Vélodrome, l’Olympique de Marseille continue d’opérer un ménage stratégique au sein de son effectif. Après avoir multiplié les renforts prometteurs en vue de la saison 2025-2026, la direction phocéenne passe à la vitesse supérieure dans le dossier des départs en actant le prêt d’Ismaël Koné à Sassuolo jusqu’à la fin de la saison. Un mouvement qui scelle-t-il définitivement l’échec de son passage sur la Canebière ?
Ismaël Koné, une trajectoire en pointillés à l’OM
Arrivé à l’été 2024 en provenance de Watford avec l’étiquette du nouveau milieu box-to-box moderne, Ismaël Koné n’a jamais véritablement trouvé sa place dans le onze de Roberto De Zerbi. Balle au pied, le Canadien de 22 ans a montré quelques éclairs, mais n’a pas su convaincre ni s’imposer dans le système de jeu exigeant du coach italien, adepte du pressing organisé et de la relance rapide dès la récupération.
Très vite poussé vers la sortie, Koné avait été envoyé en prêt au Stade Rennais durant la phase retour de la saison 2024-2025. Un passage correct mais sans éclat, avec une implication limitée (15 apparitions, aucun but, 2 passes décisives) qui n’a pas suffi à faire de lui un titulaire chez les Rouge et Noir. De retour à Marseille cet été, la direction n’a pas tardé à acter une nouvelle mise en parenthèses avec un prêt en Serie A, officialisé le 29 juillet via les réseaux sociaux du club : « Bonne chance Ismaël Koné 🤝 Le milieu de terrain 🇨🇦 est prêté avec option d’achat jusqu’à la fin de la saison 2025-2026 à Sassuolo ».
Pourquoi ce départ est stratégique pour l’OM ?
Sur le plan sportif comme financier, ce prêt est une opération gagnant-gagnant pour Marseille. L’émergence de CJ Egan-Riley au poste de relayeur droit, associé à l’arrivée d’Angel Gomes, repositionné en meneur axial par De Zerbi, laisse peu de place au Canadien dans la rotation. Le club provençal cherche désormais à maximiser ses choix d’effectif en vue de la Ligue 1, de la Coupe de France et surtout de la Ligue Europa, où la concurrence s’annonce féroce.
Dans une saison où chaque détail comptera pour tenter de rivaliser avec le PSG – une référence que l’OM et ses supporters ont en tête chaque journée – il faut des joueurs impliqués et bien intégrés dans le projet. Or, Ismaël Koné n’a cessé de peiner dans l’adaptation tactique et psychologique au très haut niveau européen. Avec Sassuolo, il pourrait trouver un cadre plus adapté à sa progression, et si son option d’achat est levée, l’OM pourrait récupérer une somme précieuse pour réinvestir l’été prochain, à un moment où les finances doivent être gérées avec intelligence sous la pression du fair-play financier.
Une politique de tri claire au service du collectif
Depuis l’arrivée de Mehdi Benatia à la tête de la direction sportive, l’OM semble avoir clarifié ses intentions : moins d’empilements de profils similaires et davantage de complémentarité. Ismaël Koné, malgré son potentiel, n’entrait plus dans cette dynamique fondée sur la rigueur et le style De Zerbi. Le club marseillais préfère désormais parier sur l’explosivité d’Igor Paixao, la verticalité d’Aubameyang ou encore la polyvalence de Facundo Medina. Un casting taillé pour concurrencer l’armada parisienne, et poser de réelles ambitions sur la scène européenne.
Dans cette optique, ce type de départ permet aussi de clarifier l’environnement du vestiaire, de favoriser la concurrence saine, et surtout de consolider un collectif cohérent autour de leaders techniques bien identifiés. Une leçon que l’OM retient certainement des échecs passés, notamment lorsque les projets surchargés en individualités avaient peiné à convaincre face à la mécanique bien huilée du PSG.
Reste à savoir si Ismaël Koné saura rebondir durablement en Serie A. En attendant, l’Olympique de Marseille avance, peaufinant une stratégie qui vise à retrouver les sommets… en Ligue 1 comme en Europe.