Aubameyang tranche : les clubs saoudiens ont leur place en Ligue 1 ?

Photo of author

Aricle écrit par Maxime Nauzit

Recruté par l’OM lors du mercato estival 2025, Pierre-Emerick Aubameyang n’a pas tardé à faire parler de lui, sur le terrain… mais aussi en dehors. Interrogé par les médias de son nouveau club, l’attaquant gabonais a livré un avis tranché sur le niveau du championnat saoudien, en comparaison avec la Ligue 1. Un constat qui fait réagir au sein du football français, et qui interpelle notamment à l’heure où l’OM, en quête de stabilité sportive, vise le podium.

Le top 5 saoudien au niveau de la Ligue 1 ? L’avis sans détour d’Aubameyang

Depuis l’arrivée massive de stars en Saudi Pro League – Cristiano Ronaldo en pionnier, suivi de Neymar, Benzema ou Mané – le débat sur la compétitivité du championnat saoudien fait rage. Contrairement à certains discours purement promotionnels, la déclaration d’Aubameyang, fondée sur son ressenti de joueur, apporte une autre dimension.

«Les cinq premières équipes du championnat saoudien peuvent jouer dans le championnat de France, facile !», a ainsi affirmé le buteur olympien dans une interview aux médias de l’OM, diffusée le 3 août 2025. Il nuance cependant cette affirmation en insistant sur la différence de rythme : «Le rythme est différent, dû aux températures. Mais pour avoir joué contre ces équipes, je pense qu’ils ont le niveau».

Un aveu qui clive dans l’Hexagone, où la Ligue 1 est souvent pointée du doigt comme étant le parent pauvre du top 5 européen. Pourtant, un joueur comme Aubameyang, formé à la rigueur allemande (Dortmund), à l’engagement anglais (Arsenal, Chelsea) et passé par l’Arabie Saoudite (Al-Shabab), apporte un regard éclairé sur la compétitivité d’un championnat en pleine mutation économique.

Saudi Pro League vs Ligue 1 : une comparaison à double tranchant

En termes d’exposition, de structure et de formation, la Ligue 1 reste à ce jour un vivier de talents – en témoigne encore la récente signature de Warren Zaïre-Emery au PSG prolongée jusqu’en 2028, malgré des offres mirobolantes venues du Golfe. Mais la Saudi Pro League, à coup de millions d’euros versés à des stars planétaires, a su élever son attractivité exponentiellement.

Sur le plan strictement sportif, si les clubs comme Al-Hilal, Al-Nassr ou Al-Ittihad montrent de réelles ambitions continentales, leur régularité et leur intensité posent encore question. Le PSG, principal rival de l’OM, a pu le constater lors de sa tournée estivale 2024, en surclassant Al-Nassr (4-1) malgré un effectif remanié.

Là où l’OM peut tirer son épingle du jeu dans ce débat, c’est en se repositionnant comme une passerelle entre prestige européen et projet global. En recrutant Aubameyang, le club phocéen joue sur l’expérience internationale et le leadership. Son avis sur le football saoudien reflète aussi une réalité de mercato à double flux : en 2025, plusieurs joueurs ciblés par Pablo Longoria ont finalement préféré les salaires saoudiens (ex : Greenwood, suivi par l’OM mais envoyé à Al-Nassr, source : Fabrizio Romano – Twitter, 15 juillet 2025).

OM, PSG et la guerre d’image face aux clubs saoudiens

Si l’OM veut retrouver une place en Ligue des champions 2026-2027, il devra convaincre, à la fois sportivement et financièrement. Le PSG, fort de ses moyens qataris, paraît mieux armé, mais l’impact saoudien brouille les cartes. Une rivalité émergente pourrait naître : finir derrière des clubs étrangers aux moyens colossaux et sans histoire européenne serait une affront pour les clubs historiques de France.

«Ils ont le niveau», dit Aubameyang. Mais la vraie question est : ont-ils l’âme ? Car derrière le jeu, il y a aussi l’intensité, la passion, l’identité. Et sur ce terrain, l’OM et le PSG, malgré leur opposition, jouent une carte que l’Arabie Saoudite (encore) ne possède pas.

En attendant, les dirigeants olympiens feraient bien de prendre la déclaration de leur star comme un signal d’alerte. Les Saoudiens ne veulent plus seulement briller dans le désert : ils visent l’Europe. Et si le top 5 saoudien est « facile » pour la Ligue 1 en 2025, qu’en sera-t-il dans cinq ans ?

Laisser un commentaire