Le dossier Adrien Rabiot agite l’Olympique de Marseille en cette fin de mercato estival 2025. Pointé du doigt pour une altercation avec Jonathan Rowe le 15 août, puis mis à l’écart du groupe professionnel et placé sur la liste des transferts, l’international français semblait sur le départ. Pourtant, le revirement spectaculaire de sa mère-agente Véronique Rabiot relance le feuilleton… et place Pablo Longoria, président de l’OM, au cœur d’une tempête diplomatique.
Un flirt avec le départ, puis un retournement inattendu
Dans un mercato où l’OM cherche à muscler son effectif pour la saison 2025-2026, notamment en Ligue des champions, Adrien Rabiot semblait représenter un dossier clos. L’AC Milan avait montré un intérêt concret, Tottenham avait sondé son entourage, mais aucune offre ne s’était concrétisée. Alors que tout indiquait un départ imminent, Véronique Rabiot a surpris la direction marseillaise en exprimant publiquement son souhait de voir son fils rester au club malgré les tensions. Une volte-face qui a tout d’un coup de théâtre, d’autant plus déroutant après des propos virulents à l’égard de la direction de l’OM.
Les déclarations de Véronique Rabiot à La Gazzetta dello Sport ont laissé des traces : « Je croyais qu’on avait vécu le pire avec le PSG mais je me suis trompée ». Une attaque frontale envers Pablo Longoria et Medhi Benatia difficile à digérer, surtout dans un contexte où l’OM tente de bâtir une équipe soudée et compétitive pour affronter les meilleures formations européennes.
Longoria joue la carte de l’ouverture, mais pose ses conditions
Face à ces événements, Pablo Longoria a tenu à clarifier la position du club lors du tirage au sort de la Ligue des champions, où l’OM affrontera le Real Madrid, le Benfica Lisbonne et le Dynamo Kiev. « La porte est ouverte, tant que l’on peut discuter comme des adultes », a-t-il déclaré au micro de Canal+. Une ouverture qui ne signifie pas un retour sans condition. Selon les informations de La Gazzetta dello Sport, Rabiot ne pourrait être réintégré qu’en présentant des excuses écrites au club, et à condition de prendre ses distances avec les déclarations incendiaires de sa mère.
Ce positionnement met en évidence la volonté de préserver l’intégrité de l’institution OM : un message clair envoyé à l’effectif, aux supporters, mais aussi… à Paris. Alors que le PSG continue d’imposer sa loi en Ligue 1, l’OM cherche à retrouver de la cohérence en interne pour redevenir un véritable concurrent. Un retour de Rabiot, sans excuses ni clarification, serait en contradiction totale avec ce cap affiché.
Samir Nasri sceptique : « Ce serait une erreur stratégique »
Consultant pour Canal+, Samir Nasri, ancien joueur emblématique de l’OM, n’a pas mâché ses mots : « Je n’y crois pas. Comment veux-tu réintégrer un joueur dont la mère a détruit le club devant les caméras ? Tu fragilises l’institution ». Pour Nasri, accepter Rabiot dans ces conditions serait un signal désastreux envoyé à l’effectif, déjà affecté par une cohabitation tendue dans le vestiaire depuis l’incident du 15 août. Le huis clos imposé après l’altercation avec Rowe n’avait fait qu’amplifier les rumeurs de fractures internes.
Côté supporters, les avis sont partagés. Si certains estiment que le talent de Rabiot pourrait être précieux, surtout dans une saison où l’OM doit jongler entre Ligue 1, Ligue des champions et coupe nationale, d’autres refusent tout traitement de faveur pour un joueur dont l’attitude est jugée incompatible avec les valeurs du club. Le hashtag #RabiotOut a même circulé sur X (anciennement Twitter) ces derniers jours, preuve supplémentaire du malaise ambiant.
Quel impact sur la saison 2025-2026 ?
Alors que l’OM s’apprête à entamer une campagne européenne relevée, l’avenir d’Adrien Rabiot pourrait bien influencer la dynamique du groupe. Un retour accepté sans recadrage risquerait de créer une fracture dans le vestiaire, là où l’unité sera essentielle pour contrer des adversaires d’envergure. À l’inverse, une gestion ferme renforcerait la position de Longoria… au prix peut-être d’un joueur au profil rare dans l’entrejeu olympien.
Ce dossier pose donc un dilemme : valoriser l’expérience d’un international français… ou protéger l’institution ? L’OM est à un carrefour stratégique, et dans une rivalité historique avec le PSG, chaque décision compte. À Paris, cette instabilité marseillaise amuse forcément les observateurs qataris, habitués à une gestion plus verticale. Si l’OM veut redevenir un vrai rival, il devra trancher fermement, et vite.