Gomis et l’OM : un coup de foudre tardif mais déterminant

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Aricle écrit par Maxime Nauzit

Bafétimbi Gomis, figure marquante du football français, est revenu sur son parcours avec une introspection rare. L’ancien buteur de l’OL, de l’ASSE et passé par l’OM lors de la saison 2016-2017, a choisi le média L’Équipe pour confier ce qui fut, selon lui, la meilleure décision de sa carrière : signer à l’Olympique de Marseille. Une confession sincère et puissante à l’heure où l’OM entame une saison 2025-2026 pleine de promesses mais aussi d’incertitudes.

Un choix que Gomis redoutait, mais devenu révélateur

Quand Gomis foule la pelouse du Vélodrome sous les couleurs de l’OM pour la première fois en 2016, peu de supporters imaginaient à quel point son passage, bien que court, marquerait les esprits. Prêté par Swansea, il inscrit 21 buts en 33 matchs de Ligue 1 et devient capitaine, révélant une fibre de leadership qu’on lui connaissait peu. « C’est là que je me suis senti le plus fort dans ma carrière« , confie-t-il dans les colonnes de L’Équipe.

Son attachement à Marseille trouve aujourd’hui un écho particulier au regard des ambitions actuelles du club. Sous la houlette de Roberto De Zerbi, l’OM 2025-2026 cherche à retrouver un esprit combatif et conquérant, incarné à l’époque par Gomis. Le club, engagé en Ligue Europa cette saison tout en visant le podium en Ligue 1, manque cruellement de ce type de profil : expérimenté, incisif et profondément impliqué.

Des regrets lyonnais, mais un cœur bleu et blanc

Ironie du sort : malgré cinq saisons pleines à l’OL, Bafétimbi Gomis affirme n’avoir jamais trouvé l’accomplissement personnel qu’il a connu à Marseille. Il n’élude pas pour autant les moments forts de sa carrière rhodanienne, notamment cette demi-finale de Ligue des champions 2010 face au Bayern Munich, synonyme de désillusion et de frustration immense. Le destin voulait que Lyon s’arrête là, tandis que l’OM, cette année-là, remportait le titre de champion de France… Une autre piqûre pour alimenter la rivalité indéfectible entre les deux Olympiques.

« On avait une équipe pour passer« , se rappelle Gomis, citant Lisandro Lopez, Pjanic ou Bastos comme des joueurs de haut niveau. Mais le contraste entre une carrière bien remplie à Lyon et un impact net et précis à Marseille est percutant. En une seule saison à l’OM, il est devenu le symbole de l’abnégation offensive, de la passion du Sud, loin du style plus académique lyonnais.

Ce coup de cœur pour l’OM, que le joueur lui-même dit avoir initialement redouté, fait écho à l’histoire de nombreux joueurs passés par les deux clubs : tous ne sortent pas indemnes du Vélodrome. Certains sombrent, d’autres s’élèvent. Gomis, sans équivoque, est de ceux qui s’y sont révélés.

Un profil formateur dont Marseille aurait bien besoin en 2025

Alors que Pierre-Emerick Aubameyang entre dans sa deuxième saison sous le maillot olympien et que de nombreux supporters réclament une nouvelle figure emblématique pour fédérer le groupe, les propos de Gomis résonnent comme un appel implicite. Aujourd’hui en retrait des terrains, Gomis incarne ce que l’OM peine parfois à recréer : une âme de guerrier dédiée au club, ancrée dans ses valeurs et portée par ses ambitions européennes.

La saison 2025-2026 s’annonce comme un tournant pour l’OM. Concurrence accrue pour le podium avec l’AS Monaco, le PSG toujours dominateur, et la montée de clubs bien structurés comme Nice ou Rennes. Marseille devra non seulement performer, mais surtout convaincre avec un projet cohérent. Et pourquoi pas s’inspirer de ce que Gomis a incarné : l’amour du maillot, l’orgueil méditerranéen et l’efficacité froide devant le but.

Un modèle à suivre face à l’ogre parisien

Enfin, impossible d’ignorer que dans un paysage toujours dicté par la domination du PSG, les remarques de Gomis prennent une résonance particulière. Les Marseillais rêvent de retrouver une équipe à la hauteur dans le « Classique ». Or, Gomis est l’un des rares attaquants récents de l’OM à avoir inscrit un but contre Paris lors d’un confrontation directe, en 2017 (défaite 5-1 malgré son but).

Dans une époque où l’OM cherche à retrouver sa dignité face aux Parisiens, le modèle mental et physique de Gomis pourrait servir de référence. S’il ne rejouera plus, son regard et sa trajectoire parlent encore à ceux qui espèrent voir Marseille redevenir le fléau du PSG sur la scène française.

Gomis à l’OM, ce n’était pas qu’un transfert. C’était l’écriture d’un chapitre court, intense et décisif d’un club en quête identitaire… qui, en 2025-2026, cherche encore à retrouver cette flamme.

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