Mathieu Valbuena, figure emblématique de l’Olympique de Marseille entre 2006 et 2014, a récemment pris la parole sur les ondes de RMC pour évoquer l’affaire qui secoue l’OM depuis plusieurs semaines : la mise à l’écart d’Adrien Rabiot à la suite d’un accrochage verbal (et possiblement physique) avec Jonathan Rowe après la défaite contre Rennes. L’ancien meneur de jeu marseillais a livré une analyse sans détour, en appelant à la raison et en critiquant, par ricochet, la gestion actuelle du club. Décryptage.
Valbuena dédramatise : « Ce sont des scènes classiques dans un vestiaire »
Invité dans l’émission « Stephen Brunch » sur RMC le dimanche 26 janvier 2025, Valbuena n’a pas fait dans la langue de bois. Pour lui, les altercations entre joueurs font partie intégrante de la vie d’un vestiaire. « Je me suis battu avec Gignac, et pourtant on a continué à jouer ensemble, à se respecter, à remporter des matchs », a-t-il rappelé. Selon l’ex-international français, le tumulte médiatique autour de l’affaire Rabiot est « largement surjoué » et renforce une image erronée d’un club à feu et à sang.
Dans un vestiaire comme celui de l’OM, bourré de caractère, les frictions sont fréquentes, parfois même salutaires. C’est dans la confrontation des égos que se forgent les leaders et que l’unité de groupe émerge. En prenant l’exemple de ses années sous les règnes successifs de Pape Diouf et José Anigo, Valbuena insiste : ces affaires se réglaient en interne. Aujourd’hui, selon lui, on « sort trop vite dans les médias » et cela dessert l’image d’un club déjà scruté, en France comme à l’étranger.
Une direction jugée trop expéditive ?
Si Valbuena se veut apaisant sur le fond de l’affaire, il se montre en revanche plus critique envers la gestion de la direction olympienne. « Je ne dis pas qu’ils gèrent mal aujourd’hui », nuance-t-il, « mais les dirigeants ont été un peu vite dans leur décision » — une référence directe à l’exclusion d’Adrien Rabiot décidée à la hâte après l’altercation. Pour l’ancien Marseillais, cette réaction précipitée met en péril l’équilibre du collectif, surtout dans une saison aussi exigeante que 2025-2026 où l’OM joue sur plusieurs tableaux (Ligue 1, Ligue Europa, Coupe de France).
Cette décision contraste fortement avec les pratiques de certains rivaux. Du côté du PSG notamment, des affaires internes sont souvent étouffées ou réglées discrètement pour éviter de déstabiliser les objectifs sportifs. Une gestion que les Marseillais gagneraient peut-être à observer avec attention.
Quel avenir pour Rabiot à l’OM ?
Sur le terrain comme dans les tribunes, l’affaire Rabiot soulève de nombreuses questions. L’ancien taulier du PSG, arrivé l’été dernier pour renforcer un milieu à la peine, n’aura joué que sporadiquement avant ce clash dommageable. Bien qu’il ait montré des qualités techniques évidentes lors de ses apparitions, notamment en Ligue Europa, son intégration reste inachevée.
Valbuena est clair sur ce point : « Il sera compliqué de revoir Rabiot sous le maillot de l’OM. » Une sortie qui, bien qu’elle cherche à tempérer la polémique, en dresse aussi un constat : le joueur pourrait avoir grillé ses dernières cartouches en Méditerranée. Pour le club, perdre un élément de cette stature en plein cœur de saison représente un enjeu stratégique. Déjà à la peine en championnat par rapport à son rival parisien qui caracole en tête avec une armada bien huilée, l’OM ne peut se permettre une guerre d’égos supplémentaire.
Alors que les supporters espèrent un retour à la raison et une possible réintégration, c’est toute la direction sportive qui est sous pression. Une gestion plus souple, un dialogue renouvelé et un encadrement renforcé seront indispensables pour éviter que l’OM — à la lutte pour une qualification en C1 — ne s’enlise dans des querelles intestines.
Conclusion : un test grandeur nature pour la gouvernance marseillaise
Plus qu’un simple fait divers, l’affaire Adrien Rabiot est révélatrice des défis structurels que l’Olympique de Marseille doit affronter cette saison. Comme le souligne Mathieu Valbuena, la capacité de gestion de crise est un indice fort de la maturité d’un club. Dans cette optique, la comparaison avec le rival PSG, plus habitué à contenir les tempêtes internes, fait mal. À cinq mois de la fin d’une saison clé, Pablo Longoria et son staff n’ont plus le droit à l’erreur. Réintégrer Rabiot ou bien tourner la page proprement : une décision stratégique capitale pour l’avenir immédiat du club.