Depuis l’arrivée de Pablo Longoria aux commandes de l’Olympique de Marseille en 2020, le mercato s’est transformé en véritable feuilleton. Hyperactif sur le marché des transferts, le président marseillais a fait sauter tous les compteurs. À l’orée de la saison 2025-2026, retour sur un bilan aussi ambitieux que controversé, avec des implications profondes pour l’avenir du club… et une ombre toujours pesante : celle du PSG, rival éternel.
Un demi-milliard sur la table : les chiffres impressionnants du mercato marseillais
2020-2025 : en cinq ans, l’OM a vécu 172 mouvements de joueurs — 80 arrivées, 92 départs. Et derrière ces chiffres se cache une réalité vertigineuse : 542 millions d’euros dépensés, selon La Provence. Des sommes qui font tourner les têtes, surtout lorsqu’on sait que les recettes sur les ventes ne s’élèvent qu’à 336,5 millions d’euros.
Cet été encore, le mercato olympien a confirmé cette dynamique : l’arrivée de 12 nouveaux joueurs (dont Paixao, Medina, Aubameyang et le coup de force Pavard) pour compenser 15 départs, parmi lesquels des cadres comme Rabiot, Ounahi, Rongier ou encore Mbemba. À l’image d’un club en perpétuel mouvement.
Pour Pablo Longoria, cette approche est claire : construire une équipe compétitive à court terme, quitte à sacrifier la stabilité. Une philosophie loin de celle du PSG, où la direction qatari privilégie une continuité autour de piliers identifiés comme Mbappé (lorsqu’il était encore là) ou Vitinha. Si Paris construit pour dominer, Marseille reconstruit chaque année pour rattraper.
Force ou faiblesse ? Les dessous d’une stratégie à haut risque
L’ambition de Pablo Longoria est indéniable. Le chantier est permanent mais l’objectif reste inchangé : hisser l’OM dans le top 3 de la Ligue 1 et s’imposer sur la scène européenne. Sous les ordres de Roberto De Zerbi (confirmé pour la saison 2025-2026), le club veut capitaliser sur les investissements massifs pour enfin gagner en régularité.
Mais cette instabilité pose question, notamment sur la cohérence sportive. Comment créer un groupe soudé et performant quand les visages changent chaque été ? La gestion de l’effectif est sous tension, certains observateurs – dont d’anciennes figures du club comme Éric Di Meco – pointent déjà du doigt les incohérences du dernier mercato.
Autre problème : l’intégration des recrues. Si certains comme Aubameyang apportent une expérience immédiate, d’autres éléments doivent s’adapter à un groupe en mutation constante. Ce manque de socle stable impacte directement les performances, notamment lors des grandes affiches — comme contre le PSG, où l’OM a encore souffert la saison dernière.
Face au PSG, l’OM joue son image autant que sa progression
Dans le contexte de la rivalité OM-PSG, ce chiffre de 542 millions d’euros interpelle. C’est une somme comparable à celle investie par Paris sur certaines périodes, mais sans les mêmes résultats sportifs. Le PSG a éclipsé ses concurrents avec des titres en cascade et un parcours européen relativement constant.
Pour Marseille, le chantier permanent est assumé, mais les attentes montent. Loin du projet stable parisien, l’OM tente un pari risqué mais potentiellement explosif sur les saisons à venir. L’exercice 2025-2026 sera-t-il celui de la stabilité tant attendue ?
Avec la Ligue Europa pour objectif sérieux et un podium national en ligne de mire, Pablo Longoria n’a plus le droit à l’erreur. Si les investissements colossaux ne se traduisent pas par des résultats, les supporters risquent de s’impatienter. À moins qu’enfin, De Zerbi trouve la bonne formule…