Mathieu Valbuena n’est pas un joueur comme les autres. Du haut de son mètre 64, celui que les supporters de l’Olympique de Marseille surnommaient affectueusement « Petit Vélo » continue de faire vibrer les cœurs marseillais une décennie après son départ. Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, l’ancien meneur de jeu a réaffirmé son amour indéfectible pour l’OM, club avec lequel il a tout connu : la gloire, les titres et les tempêtes.
Valbuena et l’OM : une histoire d’amour tumultueuse mais sincère
Entre 2006 et 2014, Valbuena a disputé plus de 300 matchs avec la tunique olympienne, inscrivant 38 buts et délivrant une myriade de passes décisives. Il a été l’un des symboles du renouveau marseillais sous l’ère d’Éric Gerets, Didier Deschamps puis Élie Baup, participant activement aux succès nationaux du club, notamment le titre de Ligue 1 en 2010 et les trois Coupes de la Ligue consécutives (2010-2012).
Dans ses déclarations au JDD, Valbuena a souligné : “Ma plus grande fierté, c’est d’avoir gagné des titres. Depuis, le club n’en a plus conquis. Gagner des titres à l’OM, c’est ce que je souhaite à n’importe quel joueur.” Une phrase qui a fait écho du côté du Vieux-Port, où les supporters rêvent de voir à nouveau leur club gagner sur le plan national… et pourquoi pas, dépasser un jour l’ogre parisien.
Ironie du sort, son retour au Vélodrome avec le maillot de l’Olympique Lyonnais avait alors enflammé les tribunes dans un climat électrique, preuve que s’il a quitté le club, Valbuena n’a jamais quitté les têtes marseillaises. Malgré les tensions autour de ce transfert, les mots de l’intéressé aujourd’hui dépassent les vieilles rancœurs. Il continue d’incarner une certaine idée du joueur marseillais : travailleur, passionné, bagarreur.
Un regard d’ancien sur une saison 2025-2026 déjà mouvementée
Valbuena n’a pas manqué l’occasion de commenter l’actualité agitée de l’OM cette saison. Entre l’arrivée de Jorge Sampaoli pour un deuxième mandat et les blessés de poids (notamment la recente indisponibilité de Greenwood), le climat reste instable dans la cité phocéenne. “Ce club, c’est une folie”, admet Valbuena. “Des rigolades, des chambrages, des bagarres.”
À une époque où le PSG semble toujours hors de portée sur la scène nationale, les mots d’un ancien comme Valbuena prennent un relief particulier. “On parlait de l’affaire Rabiot, mais c’était chaud aussi à notre époque ! On gérait ça en interne, et surtout, on répondait sur le terrain.” Une critique implicite adressée aux effectifs récents de l’OM, souvent critiqués pour leur manque de constance et leur incapacité à gérer la pression populaire et médiatique ?
La comparaison avec Paris est inévitable. Depuis l’année 2015, le PSG a tout raflé en France. Mais ce que Paris a en trophées, Marseille peut encore le revendiquer en ferveur : un amour viscéral. Et Valbuena l’incarne à la perfection. Malgré ses passages chez l’ennemi lyonnais et à l’étranger (Fenerbahçe, Olympiakos), il n’a jamais démenti son attachement à la Canebière — un symbole fort pour une institution en quête de repères.
L’empreinte d’un joueur symbole, dans un OM en quête d’identité
L’Olympique de Marseille version 2025-2026, privé de titre depuis 2012, peine à retrouver une stabilité sportive et structurelle. Si la direction de Pablo Longoria multiplie les paris audacieux (transferts, profils étrangers, profils jeunes), l’authenticité d’un joueur comme Valbuena résonne comme un rappel : les supporters attendent aussi de l’identité, de la fierté et de l’ancrage. Autant de valeurs qu’on peine à retrouver dans une équipe souvent sans repères face aux cadors du championnat.
Alors certes, Valbuena ne reviendra sûrement pas dans un rôle officiel au club. Mais ses mots, son parcours et son attachement survivent dans la mémoire collective olympienne. Et dans une époque post-QSI où Marseille tente de gratter du terrain sur son éternel rival parisien, ce type de témoignage rappelle combien la passion, elle, ne s’invente pas.