Le Paris Saint-Germain poursuit son expansion multisports avec un nouveau recrutement de taille, mais cette fois… sur les tatamis. Joan-Benjamin Gaba, champion du monde 2025 chez les -73 kg et héros des Jeux Olympiques de Paris en 2024, rejoint la section judo du club jusqu’en 2029. Une annonce forte qui dépasse le cadre du sport, mais qui interroge aussi sur la stratégie globale du PSG, bien au-delà du football… et qui ne manque pas de faire réagir côté marseillais !
Joan-Benjamin Gaba : Un profil en or pour le PSG Judo
À tout juste 22 ans, Joan-Benjamin Gaba est déjà une référence du judo mondial. Révélé du grand public lors des Jeux Olympiques de Paris, il s’était distingué dans l’épreuve par équipe mixte en terrassant le Japonais Hifumi Abe – champion olympique chez les -66 kg – dans un combat décisif. Une performance qui avait marqué les esprits et repositionné l’équipe de France dans la course à la médaille d’or.
En 2025, Gaba a franchi un palier supplémentaire en remportant son premier titre mondial dans la catégorie -73 kg, prouvant qu’il n’était pas qu’un phénomène de tournoi ponctuel. Sa signature jusqu’en 2029 avec le PSG Judo entre donc dans la logique de la construction d’un pôle judo ultra-compétitif à Paris, dans la lignée de Teddy Riner et de l’image de marque que souhaite construire le club qatari au-delà du terrain de football.
Une expansion stratégique du PSG… et un levier marketing évident
Depuis plusieurs années, le PSG ne se contente plus du football – qu’il domine sans partage sur la scène nationale, au grand dam de l’OM. La mainmise qatarie sur le handball et le développement d’une section judo ultra-médiatisée participent à faire du Paris Saint-Germain une marque mondiale multi-sports. Cette ambition commence à porter ses fruits sur le plan de la notoriété… à défaut de résultats européens en football.
La présentation de Gaba au Parc des Princes lors d’un match de Ligue 1 à venir, comme ce fut le cas par le passé pour Karabatic ou Riner, s’inscrit parfaitement dans cette stratégie de visibilité croisée. Les figures emblématiques du judo deviennent des ambassadeurs, valorisant l’image du PSG auprès d’un public plus large et international. Une stratégie inspirée de grands clubs multisports comme le FC Barcelone.
Mais cette stratégie suscite aussi des critiques, notamment du côté de Marseille, où la rivalité reste vive. Car pendant que Paris bâtit un empire multisports, l’OM, de son côté, investit dans le football pur et dur, avec un projet reconstruit autour de jeunes talents européens et une ambition clairement affichée de revenir sur la scène européenne durant la saison 2025-2026. Pour les supporters marseillais, l’étalage de puissance dans d’autres disciplines n’est qu’un écran de fumée masquant les échecs continentaux répétés des Parisiens en Ligue des Champions.
Un avenir déjà écrit pour Joan-Benjamin Gaba ?
En rejoignant le PSG, Joan-Benjamin Gaba place sa carrière sous les projecteurs d’un club médiatique et ultra-connecté. Pour autant, ce choix sportif soulève des enjeux. Gaba pourra-t-il continuer à progresser techniquement dans une structure aussi orientée vers le marketing ? L’intégration dans une équipe déjà dominée par de fortes individualités comme Teddy Riner pourrait être un défi dans la gestion des égos et des objectifs personnels.
Sur le plan sportif, son objectif reste clair : devenir champion olympique individuel à Los Angeles 2028. D’ici là, le PSG pourrait lui offrir les conditions optimales en termes de préparation, de staff et d’accompagnement. Mais l’exposition médiatique supplémentaire pourrait aussi accentuer la pression – un facteur non négligeable pour ce jeune judoka déjà très sollicité.
Quoi qu’il en soit, ce transfert illustre parfaitement le nouveau visage du PSG : un club devenu centre névralgique du marketing sportif, bien éloigné de la tradition populaire et footballistique de clubs comme l’OM. Et à Marseille, on n’hésite pas à tourner cette orientation en dérision, soulignant que l’image ne remplacera jamais les titres européens… sur le terrain !