Ngapandouetnbu quitte l’OM pour Montpellier : confidences d’un Marseillais pur jus

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Aricle écrit par Maxime Nauzit

Après dix années passées à l’Olympique de Marseille, de la formation aux entraînements avec les pros, Simon Ngapandouetnbu a tourné une page cet été pour enfin lancer sa carrière professionnelle à Montpellier. Dans une interview accordée à Onze Mondial, le gardien de but camerounais revient sans langue de bois sur son expérience à Marseille, son passage marquant à Nîmes et son nouveau départ dans l’Hérault. Analyse d’un virage décisif dans la trajectoire d’un joueur formé à la Commanderie.

Un talent formé à Marseille mais jamais lancé

Longtemps perçu comme une promesse du centre de formation marseillais, Simon Ngapandouetnbu n’a pourtant jamais connu le frisson du Vélodrome en match officiel. Évoluant dans l’ombre de Pau López, Mandanda, puis Blanco, il a souvent été appelé chez les pros sans obtenir sa chance.

« Je n’ai pas eu ma chance avec les pros à l’OM. Mais je n’ai pas de regrets », confie-t-il dans Onze Mondial. Une déclaration pleine de maturité, révélatrice de sa résilience. En réalité, la politique sportive du club, en constante instabilité depuis plusieurs saisons, n’a pas facilité l’éclosion des jeunes gardiens de but. Le poste étant particulièrement sensible dans une institution où la pression médiatique et populaire est exacerbée, difficile pour un jeune de se faire une place.

La situation tranche avec celle du PSG, où l’on privilégie également des gardiens d’expérience comme Donnarumma, mais où la hiérarchie des portiers a été plus nettement établie, limitant les zones d’ombre sportives. À Marseille, cette instabilité permanente donne peu de marge d’apprentissage aux jeunes éléments du poste.

De la folie marseillaise à la réalité nîmoise

Son prêt au Nîmes Olympique en National a été une première immersion dans la réalité rugueuse du football professionnel hors élite. Un contraste saisissant – et brutal – avec la ferveur omniprésente de la cité phocéenne. « Une saison à Marseille correspond à 10 ans dans un autre club », résume Ngapandouetnbu, soulignant le rythme émotionnel étourdissant imposé aux joueurs.

Ce passage chez les Crocos a été formateur autant qu’éprouvant. Sans infrastructure de haut niveau ni encadrement solide, le Camerounais a pris conscience de l’exception culturelle que représente l’OM : une passion unique, une intensité hors norme mais qui, paradoxalement, peut freiner des vocations si elle n’est pas accompagnée d’une vision sportive cohérente.

Un nouveau départ au MHSC : enfin les débuts pro

Direction Montpellier donc, où il signe cet été un contrat définitif, après une négociation difficile entre les deux clubs. L’intérêt du MHSC, qui cherchait un nouveau profil pour renforcer ses cages, a constitué un déclic. Le staff héraultais a cru en lui. Et Simon a enfin goûté à son premier match professionnel face au Mans (Ligue 2).

« J’ai attendu sept ans pour jouer mon premier match pro, c’est fou », témoigne-t-il. Une phrase qui en dit long sur sa détermination, mais aussi sur la dure réalité de ceux qui patientent trop longtemps dans l’antichambre de l’élite.

Cet envol à Montpellier peut-il amorcer une vraie carrière à haut niveau ? Encore jeune (23 ans), Ngapandouetnbu a désormais l’occasion de capitaliser sur son vécu unique pour s’imposer en Ligue 1 à moyen terme. S’il parvient à enchaîner les performances, des clubs plus huppés – pourquoi pas une revanche un jour face au PSG dans un Classique en Coupe ? – pourraient fondre sur ce profil athlétique (1m86) au caractère bien trempé.

Un profil à suivre, pas seulement pour les supporters olympiens

Pour l’OM, ce départ marque une perte symbolique plus que sportive. Formé localement, aimé du vestiaire, Ngapandouetnbu incarnait une des rares passerelles nationales de la formation marseillaise vers les pros. Son non-lancement est une piqûre de rappel : au cœur du duel permanent entre ambition immédiate et formation, Marseille peine encore à trouver la bonne formule. Pendant ce temps, Paris continue, avec une stratégie diamétralement opposée, d’exporter ses jeunes pousses ou de les intégrer via des prêts ciblés à haut niveau.

Simon a quitté le tumulte marseillais pour un environnement plus stable, moins passionnel mais probablement meilleur pour sa progression actuelle. Une trajectoire à surveiller de près dans cette saison 2025-2026 qui pourrait bien révéler, enfin, le véritable potentiel du Marseillais de naissance devenu gardien professionnel… ailleurs.

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