À Marseille, l’ombre d’Adil Rami continue de planer dans les débats. Invité sur le plateau de Génération After sur RMC, le champion du monde 2018 n’a pas mâché ses mots à l’égard de son ancien club. Entre critiques frontales sur le management de Roberto De Zerbi et remise en question du leadership de Leonardo Balerdi, Rami s’est offert une sortie aussi tranchante que symbolique.
Rami tacle De Zerbi : une pression jugée trop intense
En place depuis l’été 2024, Roberto De Zerbi a redonné de l’élan à l’Olympique de Marseille avec une deuxième place en Ligue 1 la saison passée, juste derrière l’intouchable PSG, et une qualification arrachée en Ligue des champions. Pourtant, cet apparent succès ne masque pas certaines tensions en interne. Rami, dans ses propos relayés par RMC, pointe du doigt une méthode de management trop rigide : « Je le trouve parfois un peu trop dur… On est aussi des pères de famille. »
Si l’Italien prône un pressing haut et un positionnement agressif du bloc-équipe, ces exigences semblent, selon Rami, déstabiliser certains cadres. Une déclaration qui fait écho aux questionnements réguliers sur la gestion émotionnelle de De Zerbi, réputé pour son tempérament volcanique et sa volonté de maîtrise totale. Un style qui contraste fortement avec celui d’un Luis Enrique au PSG, plus dans la gestion collective et le relationnel psychologique.
Autre critique posée par Rami : les problèmes tactiques persistants de l’OM version 2025-2026. « Je les trouve loin du porteur du ballon », déplore-t-il. Une fragilité visible notamment lors des rencontres européennes cette saison, où l’équipe peine à contenir des attaques rapides. Cette année, 8 des 13 buts encaissés en phase de poules de Ligue des champions sont sur des situations mal couvertes… Une donnée statistique alarmante qui donne du crédit aux propos de l’ex-défenseur.
Balerdi, un faux leader ? La critique cinglante de Rami
Cible récurrente de la critique marseillaise, Leonardo Balerdi n’échappe pas au tacle glissé d’Adil Rami. Désigné capitaine cette saison par De Zerbi, l’Argentin incarne pourtant un projet de continuité en défense. Mais Rami est formel : « Ce n’est pas du tout un leader ». Une déclaration lourde de sens à l’égard d’un joueur censé incarner l’autorité du vestiaire.
Le diagnostic de Rami est limpide : Balerdi ne possède pas, selon lui, la personnalité et le sens du commandement nécessaires pour dominer une arrière-garde olympienne souvent sous pression. « On lui a donné l’image d’un patron. Mais Marseille n’a pas eu de vrai leader défensif depuis longtemps », insiste-t-il. Une affirmation difficile à contredire si l’on observe les statistiques : Balerdi a commis 4 erreurs menant à un but sur les 10 premières journées de Ligue 1 cette saison, un record pour un défenseur central dans le Top 5 européen.
Quant à l’attitude attendue d’un patron, Rami est explicite : « Un joueur qui régule sa défense, qui dit à son binôme : ‘Va au duel, je te couvre.’ ». Or chez Balerdi, les consignes ne sont ni claires ni audibles sur le terrain. Résultat, un OM souvent désorganisé face aux transitions rapides adverse. Voilà qui laisse songeur, surtout à l’approche du choc très attendu contre le PSG, programmé fin novembre au Vélodrome. Face à Mbappé et Barcola, la moindre erreur pourrait coûter cher.
Quel impact sur la saison 2025-2026 de l’OM ?
Ces critiques soulèvent des vérités qui résonnent au cœur de cette saison si importante pour l’OM. Engagés sur trois tableaux – Ligue 1, Ligue des champions, Coupe de France – les Phocéens ne peuvent se permettre des failles structurelles ni de leadership défaillant.
Les tensions autour de De Zerbi pourraient affecter la cohésion du groupe, tandis que la mise en lumière des lacunes défensives accentue la pression sur une charnière déjà fébrile. À cela s’ajoute le spectre de la comparaison avec le PSG, archi-favori national, dont la solidité défensive et la gestion mentale du groupe sous Luis Enrique font aujourd’hui figure de modèle.
Ainsi, loin d’être une simple sortie médiatique, le coup de gueule de Rami agit comme un électrochoc. Il interroge la solidité du projet de De Zerbi à moyen terme, et rappelle que réussir à Marseille, c’est aussi savoir composer avec son passé… et ses voix critiques.