Le mercato est souvent le théâtre des histoires les plus inattendues, et le transfert de Benjamin Pavard à l’Olympique de Marseille en est une preuve éclatante. Derrière la signature express du champion du monde 2018, se cache un scénario rocambolesque dévoilé par Medhi Benatia, directeur sportif de l’OM, qui a levé le voile sur une complicité discrète mais décisive avec… Adrien Rabiot !
Pavard à l’OM : un dossier mûri en coulisses depuis des mois
Alors que l’arrivée de Benjamin Pavard a surpris plus d’un observateur de la Ligue 1, Medhi Benatia a expliqué, lors d’une interview accordée à Ligue 1+, que ce coup de maître avait en réalité été travaillé en amont : « J’étais en contact depuis longtemps avec ses agents, depuis avril », a-t-il déclaré. Et si les discussions ont été initiées très tôt, elles n’auraient peut-être jamais abouti sans un certain Adrien Rabiot.
Le milieu de terrain de la Juventus aurait en effet joué les intermédiaires discrets. Au mois de mai, Benatia révèle avoir dîné avec Rabiot, qui lui aurait alors transmis le souhait de Pavard de rejoindre la Canebière : « Il a fait passer le message », confie le directeur sportif olympien. Un rôle d’influence discret mais potentiellement décisif, qui souligne à quel point les réseaux personnels peuvent accélérer (ou débloquer) certaines opérations sur le fil du rasoir.
Une opération complexe… mais une volonté tenace
Négocier avec l’Inter Milan pour un joueur du calibre de Pavard ne se fait pas du jour au lendemain. Benatia le reconnaît, le transfert n’était pas simple à concrétiser : montant élevé, salaire conséquent, et une concurrence féroce… dont notamment celle du PSG, souvent positionné sur les internationaux français lorsqu’ils deviennent disponibles.
Mais c’est la volonté affichée par l’ancien Bavarois qui a tout changé : « Il avait super envie de venir. Ça a été simple avec lui », explique Benatia, qui précise avoir reçu un rappel de Pavard alors que ce dernier débarquait fraîchement en équipe de France. Une réactivité à toute épreuve qui témoigne de la détermination du joueur à s’inscrire dans le projet phocéen.
Et quel symbole : un défenseur passé par le Bayern Munich et l’Inter Milan, titulaire en équipe de France, qui choisit l’OM — malgré la Ligue 1, malgré le contexte, malgré Paris. C’est aussi un message fort envoyé au PSG, dont la suprématie sur le marché tricolore n’est plus aussi infranchissable qu’auparavant.
Le mercato de Benatia : audace et stratégie à long terme
Au-delà de la seule arrivée de Pavard, Medhi Benatia dessine un projet solide, ambitieux… et cohérent. Il revendique l’effort de structuration entamé depuis son arrivée à la direction sportive, soulignant que « c’est la deuxième année du projet ». L’objectif est clair : pérenniser la présence en Ligue des champions, combler les manques structurels de l’effectif, notamment en défense.
Le recrutement ciblé de noms comme Nayef Aguerd ou Benjamin Pavard, tous deux reconnus pour leur leadership défensif, en dit long sur l’orientation tactique du club. Igor Tudor, de retour sur le banc pour cette campagne 2025-2026, hérite donc d’un groupe renforcé, même si Benatia regrette que certaines recrues soient arrivées tardivement : « Mon coach aurait préféré que les joueurs arrivent plus tôt ».
Mais le Marocain assume sa stratégie : mieux vaut attendre pour un top joueur que céder à la précipitation. Une philosophie qui ne manquera pas d’être mise à l’épreuve dès les premières journées de championnat… et surtout dans les chocs à venir contre le rival historique parisien.
OM vs PSG : Pavard, un pion stratégique
Dans une saison où l’OM vise de nouveau les sommets européens et nationaux, l’apport d’un joueur comme Benjamin Pavard pourrait s’avérer décisif. Par son expérience, sa polyvalence (axe droit ou latéral), et son mental de compétiteur, il apporte une solidité bienvenue dans une défense souvent jugée friable en Ligue des champions.
Et face au PSG de Luis Enrique, toujours aussi dense offensivement malgré les départs (Mbappé étant notamment suivi de près par le Real Madrid), Pavard représente un atout non négligeable dans ces Classiques où l’intensité physique et mentale prime. Sur le papier comme sur le terrain, ce recrutement est une vraie prise de guerre pour l’OM.