Ce vendredi soir (20h45), l’OM retrouve le Vélodrome avec une composition pour le moins audacieuse. Roberto De Zerbi secoue ses cartes et aligne cinq recrues dès le coup d’envoi pour la réception du FC Lorient, en ouverture de la 5e journée de Ligue 1 2025-2026. Un choix fort, révélateur des ambitions marseillaises cette saison… et d’un plan tactique résolument tourné vers le renouvellement.
L’OM version De Zerbi s’expose : cinq recrues dans le onze de départ
Benjamin Pavard, Nayef Aguerd, Facundo Medina, Matt O’Riley et Hamid Junior Traoré : cinq noms, cinq visages encore inconnus en compétition officielle sous la tunique olympienne, mais déjà propulsés sur le devant de la scène. C’est dire l’audace – ou l’urgence – dans laquelle De Zerbi inscrit son projet.
Comme le souligne L’Équipe, l’entraîneur italien doit jongler avec les absences post-trêve internationale. Aubameyang, Balerdi et Rulli reviennent en effet émoussés, laissant la place à des éléments frais, voire impatients de prouver : Jeffrey De Lange dans les buts (en remplacement temporaire de Rulli), et une défense intégralement remaniée.
Cette approche pourrait surprendre – notamment face à un FC Lorient redoutable en transition – mais elle s’inscrit dans une volonté claire du coach : instaurer le plus rapidement possible les automatismes avec les nouvelles recrues. Un timing serré, dans le contexte d’une saison stratosphérique à mener entre Ligue 1, Ligue Europa et Coupe de France.
Une arrière-garde inédite : Aguerd – Pavard pour sécuriser la relance
La grande nouveauté se situe en défense centrale avec la paire Aguerd–Pavard. Le premier, international marocain aguerri aux joutes anglaises avec West Ham, doit apporter son autorité dans les duels aériens et la relance sous pression. Le second, champion du monde 2018, revient en France avec l’ambition de relancer sa carrière et un rôle de taulier déjà dans les mains.
Sur les côtés, Medina, à gauche, aura pour mission de perturber la densité lorientaise tout en assurant ses montées, alors que Clauss reste sur le flanc droit. Face à un adversaire réputé pour exploiter les espaces, la coordination de cette ligne défensive, encore vierge d’automatismes, sera déterminante.
O’Riley–Traoré : le nouveau double moteur du milieu olympien ?
Dans l’entrejeu, Matt O’Riley fait figure de pari de luxe : milieu technique, formé à Fulham et passé par le Celtic, il présente des statistiques intéressantes en termes de passes clés et de conservation sous pression. Aligné aux côtés de Hamid Junior Traoré, fraîchement débarqué de Sassuolo, le Danois aura la lourde tâche d’orchestrer la transition offensive dans un système hybride en 4-3-3.
Paixao trop juste, Aubameyang sur le banc, c’est Amine Gouiri qui mènera l’attaque, avec Under et Harit probablement titulaires sur les ailes. Une composition à la fois jeune, mobile et offensive qui colle parfaitement à la philosophie de De Zerbi… mais qui n’a pas encore été testée en condition réelle.
Des choix audacieux… sous pression permanente
Cette prise de risques ne manque pas d’interpeller au regard du contexte : l’OM ne peut déjà plus se permettre de faux-pas, après un début de championnat en dents de scie et la pression toujours prégnante liée à la rivalité avec le PSG. Tandis que le club de la capitale a renforcé sa domination nationale avec rigueur (déjà 4 victoires sur 4 journées), Marseille doit impérativement enclencher la vitesse supérieure pour rester au contact.
Ce choix de De Zerbi, bien qu’audacieux, marque un tournant stratégique clair. En lançant ses recrues dès la 5e journée, il leur offre une immersion en conditions réelles avant les chocs à venir… dont un certain Clasico OM – PSG déjà très attendu à l’automne. Pourvu que ce baptême du feu collectif n’accouche pas d’une désillusion face à un Lorient toujours capable de piéger sur transitions rapides.
Reste à savoir si cette version new-look de l’OM saura conjuguer fraîcheur, rigueur et ambition. Car cette saison 2025-2026 s’annonce comme une course haletante, à trois étages : Ligue 1, Europe, et la lutte éternelle face à l’ombre parisienne.