Avec une large victoire 4-0 contre Lorient, l’Olympique de Marseille a enfin lancé sa saison 2025-2026. Mais derrière la performance aboutie de ses hommes, Roberto De Zerbi n’a pas caché un goût d’amertume : celui du timing de son mercato. L’accent mis sur une reconstruction défensive de dernière minute pourrait peser lourd avec une semaine cruciale à venir, incluant un duel face au Real Madrid en Ligue des Champions… et surtout, un classique attendu contre le PSG.
Un OM enfin prêt… mais déjà en retard
Ce succès éclatant contre Lorient confirme le potentiel d’un OM version De Zerbi, armé d’un pressing haut, d’un jeu vertical tonique et d’une solidité défensive récemment renforcée. L’entraîneur italien s’est félicité de la performance collective de ses joueurs : « On a très bien joué au début du match, sur tous les points de vue, le pressing, le jeu avec le ballon, beaucoup d’occasions. » (source : conférence d’après-match, 14 septembre 2025).
Mais son principal regret, partagé avec lucidité, réside dans le calendrier : les recrues majeures – dont Benjamin Pavard, Nayef Aguerd et Facundo Medina – sont arrivées au cours des derniers jours du mercato estival. Si leur impact s’est déjà fait sentir, notamment dans la solidité sur coups de pied arrêtés, De Zerbi déplore que cette montée en puissance intervienne seulement à la 4e journée : « Ce qui me déplaît, c’est qu’on n’est pas à la première journée », a-t-il souligné.
Ce décalage pourrait peser lourd dans le sprint final, surtout en Ligue 1 où le PSG, déjà bien en place, n’attend personne pour tailler la route vers le titre.
Un mercato défensif ambitieux… mais en décalage stratégique
En recrutant trois défenseurs internationaux, l’OM a clairement changé de dimension sur le plan défensif. Un secteur longtemps jugé fragile, désormais renforcé par des profils expérimentés et complémentaires. Pavard apporte sa rigueur tactique et son jeu long depuis l’axe droit, Aguerd domine dans les duels aériens, et Medina injecte une dose de grinta à l’argentine.
Cependant, ces ajustements stratégiques tardifs ont empêché De Zerbi de roder son système dès les premières journées. Résultat : l’OM accuse déjà du retard dans la course au podium en Ligue 1, où chaque point perdu face à des concurrents directs – à l’image de la défaite contre Lyon lors de la 3e journée – pèse lourd. Face à un PSG ultra-organisé et rodé dès le mois d’août, cette lente entrée en matière pourrait créer un écart difficile à combler.
Une semaine capitale en Ligue des Champions… et face au PSG
La déclaration la plus marquante de De Zerbi concerne sans doute la double échéance à venir : un déplacement périlleux au Santiago Bernabéu en Ligue des Champions, suivi du choc tant attendu contre le Paris Saint-Germain au Parc des Princes. Deux matchs qui pourraient définir les ambitions européennes et nationales du club phocéen.
Contre le Real Madrid, l’OM devra faire preuve de courage et d’humilité. De Zerbi veut croire à un exploit (« on va à Madrid avec l’envie d’aller chercher un résultat »), mais il sait que cette rencontre exigera une prestation tactiquement parfaite. Le PSG, quant à lui, attend déjà ce Clasico avec impatience : le champion en titre veut assoir sa domination, surtout face à un OM revigoré mais encore en quête de certitudes collectives.
Dans cette semaine cruciale, le timing du mercato pourrait se payer au prix fort. Si l’OM se montre à la hauteur, il pourrait réaffirmer ses ambitions et s’inviter à la table des grandes équipes européennes. Sinon, la comparaison avec un PSG serein et stratégiquement préparé risque d’amplifier le constat d’un démarrage trop tardif.
OM vs PSG : Un duel stratégique qui se joue aussi dans les bureaux
Au-delà du rectangle vert, ce début de saison souligne aussi la différence de planification entre les deux rivaux historiques. Alors que Paris gère son effectif comme une machine de précision depuis juillet, Marseille a attendu les derniers jours pour finaliser un mercato pourtant crucial. Une stratégie risquée qui pourrait coûter cher dans la lutte pour le titre ou même pour le podium.
À l’approche du premier face-à-face entre OM et PSG cette saison, le duel dépasse le cadre technique : c’est aussi une opposition de philosophies de gestion, entre réactivité tardive du côté marseillais et anticipation méticuleuse côté parisien. Un enjeu qui ne manquera pas de pimenter un « Classique » toujours sous haute tension.