Chancel Mbemba, désormais joueur du LOSC, a récemment confirmé en conférence de presse avoir « beaucoup souffert » lors de ses derniers mois à l’Olympique de Marseille. Dépositaire d’une plainte pour harcèlement moral contre le club phocéen et Pablo Longoria, c’est un aveu rare et lourd de sens pour l’OM, en pleine saison 2025-2026. Analyse d’un départ amer aux répercussions multiples sur une équipe en quête de stabilité.
Un départ sous tension : la fin d’une collaboration explosive
À l’été 2025, la rupture entre Mbemba et l’OM était déjà consommée. Mis à l’écart de l’équipe première pendant plusieurs mois, l’international congolais s’était retrouvé dans une zone d’ombre, loin des terrains et des projecteurs. Ce vendredi, lors de sa présentation officielle au LOSC, il a finalement ouvert une petite porte sur ses souffrances vécues : « J’ai souffert, j’ai beaucoup souffert », a-t-il affirmé, sans entrer dans les détails, rappelant que la procédure judiciaire engagée contre l’OM et Pablo Longoria était toujours en cours.
Si le staff lillois, emmené par Olivier Létang et Bruno Genesio, n’a pas caché sa satisfaction de l’accueillir, le contexte du départ de Mbemba pèse de tout son poids sur l’image de l’Olympique de Marseille. « Nous aurions voulu le faire venir l’an passé, mais l’OM avait refusé », a déclaré Létang en conférence, preuve que cette arrivée à Lille n’est pas le fruit du hasard mais bien celle d’un projet mûrement réfléchi.
Au cœur de cette séparation se pose une question cruciale : que s’est-il vraiment passé dans les coulisses marseillaises durant la seconde moitié de la saison 2024-2025 ? Car l’absence prolongée de Mbemba, pourtant l’un des défenseurs les plus constants de l’effectif depuis son arrivée en 2022, avait soulevé de nombreuses interrogations. Et aujourd’hui, les révélations du joueur prennent une dimension inquiétante pour la direction marseillaise.
Un impact sportif inévitable pour un OM déjà fragilisé
La saison 2025-2026 débute sous des airs de reconstruction pour l’OM. Entre les départs majeurs, les tensions internes et les incertitudes autour du mercato estival, le club phocéen peine à retrouver sa dynamique. L’affaire Mbemba alourdit ce climat déjà instable. Et pour cause : elle révèle des mécanismes internes préoccupants dans la gestion du vestiaire.
Pablo Longoria, plus que jamais sur la sellette, doit désormais affronter une double tempête : juridique et sportive. Le Paris Saint-Germain, toujours attentif aux secousses internes de son plus grand rival national, peut observer avec un brin de satisfaction cette nouvelle crise qui frappe Marseille — une distraction de plus pour une équipe déjà sous pression en Ligue 1, en Coupe de France et en Coupe d’Europe. L’OM, qui espérait jouer les trouble-fêtes dans la course au titre, subit une perte de crédibilité auprès de ses supporters et potentiels recrues.
Sur le plan purement sportif, Mbemba était un pilier de la défense marseillaise. Son départ laisse un vide que Niakhaté ou Gigot, malgré leur bonne volonté, ne parviennent à combler efficacement en ce début de saison. Marseille n’a pas seulement perdu un joueur expérimenté : elle a aussi ouvert la porte à un différend juridique qui pourrait laisser des séquelles profondes dans la gouvernance du club.
Quel avenir pour Mbemba… et pour l’OM ?
Au LOSC, Chancel Mbemba tente de tourner la page. Soutenu par ses dirigeants et par Bruno Genesio qui mise sur ses qualités mentales autant que physiques, le défenseur de 30 ans revit. Sa déclaration à la presse est claire : « Cette opportunité qu’on m’a donnée, je ne veux pas la gâcher ». Il semble déterminé à rebondir, dans un environnement plus serein.
Du côté de l’OM, cette affaire doit servir d’électrochoc. Si le club marseillais ambitionne encore une qualification européenne pour la saison prochaine, il doit impérativement restaurer sa cohésion interne et clarifier sa vision sportive. Car dans un championnat dominé par un PSG toujours aussi structuré et ambitieux, le moindre faux pas se paie cash.
Alors que la saison 2025-2026 promet une lutte intense entre les cadors de Ligue 1, Marseille doit se recentrer sur l’essentiel : jouer au football et éviter que ses coulisses n’éclipsent ses résultats. L’affaire Mbemba, aussi douloureuse soit-elle, peut être une leçon pour retrouver les bases d’une politique sportive saine et respectueuse.