Demain soir au Vélodrome, l’Olympique de Marseille affronte l’Ajax Amsterdam dans ce qui s’annonce comme un tournant de sa phase de groupes en Ligue des Champions 2025-2026. Roberto De Zerbi, fidèle à sa méthodologie tactique exigeante et à sa gestion millimétrée de l’effectif, devrait encore revoir sa copie. Au programme : retours de cadres, ajustements offensifs et un onze qui pourra enfin afficher toute sa puissance. Décryptage d’une stratégie qui vise clair : franchir un cap en Europe… et éclipser les ambitions parisiennes sur la scène continentale.
Un turnover assumé et stratégique signé De Zerbi
Depuis son arrivée à l’OM, Roberto De Zerbi impose un style basé sur l’analyse fine des contextes, associée à une rotation intelligente de l’effectif. La victoire contre Strasbourg (2-1) vendredi dernier en Ligue 1 en est la parfaite illustration : plusieurs titulaires ont été ménagés afin de les préserver en vue du choc contre l’Ajax. Benjamin Pavard, Emerson Palmieri et Mason Greenwood avaient été laissés au repos. Selon L’Équipe, leur retour dans le onze de départ est acté pour demain.
Cette stratégie permet à l’OM de rester compétitif sur deux tableaux — le Championnat et la Ligue des Champions —, à l’image du PSG, dont le staff médical et technique a multiplié les rotations sous Luis Enrique la saison précédente. Mais à l’inverse de Paris, souvent critiqué pour ses carences de fond de jeu dans les matchs couperets, De Zerbi apporte une vraie identité offensive, même en faisant tourner. Cela pourrait faire la différence face à une formation de l’Ajax en difficulté cette saison.
Aubameyang, le cauchemar de l’Ajax revient en pointe
Remplaçant au coup d’envoi à Strasbourg, Pierre-Emerick Aubameyang a une nouvelle fois rappelé son importance en inscrivant le but décisif après son entrée en jeu. Et si son âge (36 ans) pousse De Zerbi à le ménager, son vécu européen et son efficacité face à l’Ajax pèsent lourd dans la balance. Lors de la double confrontation en Ligue Europa 2023-2024, l’attaquant gabonais avait fait plier les Néerlandais avec cinq buts inscrits (un doublé à Amsterdam et un triplé au Vélodrome). Des statistiques qui en font une arme redoutable… et presque obligatoire ce mardi soir.
Sa titularisation au détriment d’Amine Gouiri semble donc logique. L’ex-Rennais, titularisé vendredi, a semblé emprunté et a cédé sa place après une heure de jeu. Derrière Aubameyang, le trio Greenwood – Weah – Paixao se dessine avec de plus en plus de certitudes. Weah et Paixao, souvent utilisés en soutien, apportent vitesse et percussion. Greenwood, lui, incarne la vision technique que De Zerbi impose dans les petits espaces. Avec cette formation, l’OM aligne un secteur offensif complet et cohérent, capable d’étouffer une défense néerlandaise fébrile.
Solidité défensive retrouvée et moteur au milieu
En défense, le retour de Benjamin Pavard devrait permettre à l’OM de retrouver son équilibre. Associé à Leonardo Balerdi, Nayef Aguerd et Emerson Palmieri, l’international français apporte leadership et expérience. Dans les buts, Gerónimo Rulli reste indiscutable, et sa capacité à relancer proprement colle parfaitement aux exigences tactiques de De Zerbi.
Au milieu, Pierre-Emile Højbjerg est le pilier. Le Danois met du liant dans le jeu marseillais. À ses côtés, la lutte entre Matt O’Riley — préféré pour sa verticalité — et Angel Gomes — plus créatif — reste ouverte. De Zerbi prendra sa décision en fonction des espaces à exploiter dans l’entrejeu de l’Ajax, souvent mis en difficulté dans ce secteur.
Privé de Hamed Traoré Jr (blessé) et de Geoffrey Kondogbia (insuffisamment remis), le coach italien devra se passer de deux de ses solutions de rotation pour densifier l’entrejeu. Mais avec un bloc bien équilibré, l’OM affiche une solidité bienvenue avant un match aussi crucial.
Un match à forte portée symbolique et stratégique
Au-delà du résultat comptable, ce rendez-vous européen est l’opportunité pour l’OM de confirmer sa stature continentale, en s’imposant face à un nom historique du football européen. Plus subtilement, cela permet également aux Marseillais de marquer des points dans la guerre psychologique qui les oppose continuellement au PSG. Tandis que Paris doute sur la scène internationale malgré ses moyens colossaux, Marseille avance, structuré, et porté par une vraie vision tactique sous De Zerbi.
Une victoire demain serait donc plus que trois points : un message envoyé à toute l’Europe — et surtout à la capitale.