Arrivé avec de grandes promesses l’été dernier, Elye Wahi n’aura finalement porté les couleurs phocéennes que durant six petits mois. Transféré depuis le RC Lens pour relancer sa trajectoire, l’ancien Montpelliérain n’a jamais trouvé sa place dans l’effectif dirigé par Roberto De Zerbi. Alors que Medhi Benatia, directeur du football de l’OM, avait pointé du doigt son manque de rigueur, Wahi a décidé de sortir du silence dans une interview accordée à L’Équipe. Retour sur cette passe d’armes révélatrice des tensions internes à l’OM, en pleine saison 2025-2026 marquée par de nouveaux défis sportifs.
Une gestion très stricte à l’OM : entre discipline et rupture
La déclaration de Medhi Benatia sur Elye Wahi a fait grand bruit en début d’année 2025. L’ancien défenseur, désormais directeur du football marseillais, n’a pas mâché ses mots sur l’attitude du joueur : « Si Elye n’avait pas certaines failles, il ne serait pas allé à Lens ou chez nous, mais directement dans un top club ». Le message est clair : le joueur n’a pas respecté les standards de professionnalisme attendus à Marseille.
Cette ligne dure, établie avec Roberto De Zerbi, reflète la nouvelle politique de l’OM pour la saison 2025-2026 : exigence, professionnalisme et rigueur de travail. Dans un club en quête de stabilité et de résultats européens – surtout dans la lutte constante pour rattraper un PSG toujours aussi dominateur en Ligue 1 – les écarts sont de moins en moins tolérés. Le cas Wahi en est la parfaite illustration.
Réponse d’Elye Wahi : mise au point et volonté de rebond
Dans son entretien à L’Équipe, Elye Wahi n’a pas tardé à réagir : « Il n’y a eu qu’un retard, pour un rendez-vous chez un médecin, alors que j’avais prévenu. » L’ex-Marseillais explique ainsi que l’interprétation de la direction a été exagérée et que cet incident mineur a sans doute été le point de bascule. Il n’écarte pas sa responsabilité, mais tient à souligner qu’il avait prévenu le staff.
Cela dit, le joueur ne règle pas ses comptes avec acrimonie. Il reconnaît les apports de la direction et du coach : « Medhi et le coach De Zerbi m’ont beaucoup donné, et j’aurais pu travailler encore plus. » Une déclaration qui montre du recul et une volonté d’apprendre de ses erreurs, comme il l’avait déjà vécu sous les ordres de Franck Haise à Lens.
Francfort, nouveau départ et ambitions personnelles
Transféré à l’Eintracht Francfort à l’hiver 2025 pour remplacer Omar Marmoush (parti à Manchester City), Wahi tente de se relancer loin des projecteurs de la Ligue 1. Ses débuts sont timides – aucun but en 11 matchs – mais l’international espoir français estime néanmoins progresser : « Aujourd’hui, tous les feux sont au vert. J’essaie d’avancer, de faire mon trou. Step by step. »
Dans un championnat réputé pour révéler les attaquants français (on pense à Kolo Muani ou même à un certain Jean-Philippe Mateta), Wahi a en tout cas toutes les raisons d’y croire. L’Eintracht table sur son explosivité et sa capacité à prendre la profondeur, deux qualités qui n’ont pas totalement convaincu De Zerbi dans le système marseillais cette saison.
Impact sur l’OM en 2025-2026 : une stratégie assumée
Le départ de Wahi révèle une chose : à l’OM version Benatia-De Zerbi, aucun écart n’est toléré. En pleine bagarre pour une place dans le top 3 de Ligue 1 et toujours en lice en Ligue Europa, Marseille privilégie les profils disciplinés et à l’écoute. Dans cette optique, plusieurs jeunes comme Joaquín Sastre ou Ilyes Mouketou-Moussa ont été promus pour leur comportement exemplaire autant que pour leur talent.
Face à un PSG ultra-structuré qui impose un standard élevé dans tous les compartiments du club – du vestiaire au centre d’entraînement – l’OM doit répondre autrement : par un projet cohérent, intransigeant mais humain. Le cas Wahi, s’il peut paraître anecdotique, cristallise cette trajectoire nouvelle que prend l’Olympique de Marseille en cette saison 2025-2026, avec un cap fixé : la régularité et la performance.