L’Olympique de Marseille a frappé un grand coup en Ligue des Champions ce mardi soir en surclassant l’Ajax Amsterdam (4-0), grâce à un coaching audacieux et un changement de plan de jeu de dernière minute signé Roberto De Zerbi. Décryptage d’un coup de génie tactique qui pourrait marquer un tournant dans la saison 2025-2026.
Un onze de départ inattendu : quand De Zerbi surprend tout le monde
Au moment de l’annonce de la composition de départ, le Vélodrome et les suiveurs de l’OM n’en croient pas leurs yeux. Pierre-Emile Højbjerg sur le banc, tout comme le capitaine Leonardo Balerdi, Timothy Weah, Angel Gomes et Amir Murillo. Un virage à 180° dans l’approche du match que personne n’attendait, surtout face à un Ajax Amsterdam réputé pour sa rigueur tactique et son pressing haut.
À la place, De Zerbi aligne Arthur Vermeeren, Bilal Nadir et relance l’expérimenté Aubameyang à la pointe. Pari osé ? Certainement. Mais surtout un pari payant. En moins de 30 minutes, l’OM assomme l’Ajax : doublé d’Igor Paixao et but de Mason Greenwood. 3-0 à la mi-temps, Vélodrome en fusion, supporters en transe.
« Jusqu’à lundi, le plan de jeu était totalement différent », explique De Zerbi en conférence de presse d’après-match (source : Onze Mondial). « Mais quand j’ai vu que Weghorst restait à Amsterdam, j’ai tout changé. Je voulais plus d’agressivité, plus de pressings à l’intérieur où ils laissaient des espaces. » Une lecture tactique fulgurante qui a pris l’entraîneur amstellodamois de court.
L’analyse tactique : quand l’adversaire dicte le plan… et se fait piéger
Il fallait le voir pour le croire : Marseille a construit son succès non pas sur la possession, marque de fabrique de De Zerbi, mais sur un pressing intense et des transitions éclairs. Une approche presque radicale pour le technicien italien, qui a souvent été critiqué pour sa rigidité tactique à Sassuolo ou Brighton. Cette fois, il s’est adapté. Et brillamment.
Face à un Ajax qui avait fini son match contre le NAC Breda en 4-4-2 avec de grands espaces entre les lignes, De Zerbi a sorti un plan parfaitement taillé pour appuyer là où ça fait mal : jeu rapide, densité au cœur du jeu, et une verticalité dévastatrice. Vermeeren et Nadir ont été remarquables dans la récupération et la première passe, lançant des vagues offensives emmenées par Paixao et Greenwood.
Côté marseillais, c’est aussi un message fort : l’OM n’est plus ce club frileux en Ligue des Champions. Avec un entraîneur qui ose, qui anticipe et qui domine son adversaire non pas par le talent seul, mais aussi par l’intelligence tactique. Une évolution majeure qui ravive forcément la rivalité avec le PSG, où Luis Enrique mise davantage sur la continuité et les automatismes, quitte à paraître prévisible face à des groupes plus flexibles comme celui de De Zerbi.
Quel impact pour le reste de la saison 2025-2026 ?
Ce coup tactique n’est pas un épiphénomène : c’est un signal envoyé à l’Europe. Marseille, souvent critiqué pour son manque de constance ou sa faible rotation, montre que son effectif peut être utilisé plus intelligemment. De Zerbi n’a pas hésité à mettre son capitaine et ses cadres sur le banc pour répondre au défi du moment. Résultat ? Trois points précieux en phase de groupes, une dynamique relancée, et des options stratégiques démultipliées pour la suite.
Avec un tel niveau d’analyse, l’OM pourrait bien venir titiller le PSG jusque dans sa zone de confort : la Ligue 1 et la Ligue des Champions. Le club parisien, habitué à gérer son effectif autour de quelques stars, pourrait se voir challengé par un OM plus imprévisible et tactiquement adaptable, comme ce fut le cas face à l’Ajax.
Bien sûr, toute saison est longue, et ce n’est pas une victoire qui fait un titre. Mais si Marseille continue sur cette lancée, avec cette audace tactique et cette intensité collective, De Zerbi aura peut-être fait plus qu’un simple coup d’éclat : il aura posé les fondations d’une campagne européenne ambitieuse.