OM : les Ultras valident (à leur manière) le nouveau logo de Longoria

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Aricle écrit par Maxime Nauzit

Le virage change de cap, mais pas sans conditions. Alors que l’Olympique de Marseille entame une saison 2025-2026 bouillonnante sur tous les fronts — Ligue 1, Ligue des Champions et Coupe de France — la direction du club a lancé une opération symbolique d’ampleur : la refonte du logo. Une démarche qui aurait pu faire exploser la poudrière qu’est parfois le Vélodrome. Mais contre toute attente, les Ultras ont donné leur accord… avec quelques exigences bien senties.

Un logo rejeté… depuis vingt ans

Le logo actuel de l’OM, mis en place sous l’ère Christophe Bouchet au début des années 2000, n’a jamais totalement conquis le cœur des fidèles du Vél. Avec sa typographie modernisée, son étoile en surplomb et la devise « Droit au but » reléguée en bas, il incarne à leurs yeux une époque difficile : celle de la reconstruction post-loi Bosman, d’une instabilité chronique et de l’absence de titre majeur. Même après vingt ans d’existence, il ne réussit pas à susciter l’adhésion populaire.

Le constat était clair : la fracture entre les tribunes et l’image de marque du club nécessitait un geste fort. Pablo Longoria, toujours visionnaire depuis sa prise de fonctions à l’OM, a décidé que l’heure était venue de redessiner le blason pour ouvrir une nouvelle ère. Mais cette fois, impossible d’agir sans consulter les piliers historiques : les groupes Ultra, notamment les South Winners et le Commando Ultra 84.

Un soutien inattendu… mais sous condition

Selon Le Parisien, les supporters ont été étroitement associés à la présentation du futur logo. Et surprise : les principaux groupes de fidèles ont donné leur feu vert. Une approbation qui marque un tournant, eux qui s’étaient pourtant souvent opposés aux initiatives marketing perçues comme déconnectées. Toutefois, leur soutien est « conditionné au respect des fondamentaux » : les éléments sacrés doivent rester visibles, à savoir le « M » imbriqué dans le « O », l’étoile au sommet, et surtout la devise intemporelle : « Droit au but ».

Ce compromis intelligent illustre le dialogue désormais instauré entre la direction marseillaise et sa base populaire. Longoria ne veut pas seulement moderniser l’écusson pour des raisons esthétiques. Il s’agit aussi d’obtenir une identité graphique forte, pensée pour le numérique, simplifiée pour les réseaux sociaux, et juridiquement protégée via un brevet sur la couleur unique « Bleu OM ».

Un logo pour tourner la page… sans renier l’histoire

Afin de préparer les esprits au changement, l’OM a lancé cette saison un maillot collector qui revisite les anciens logos du club. Bien plus qu’un coup marketing, c’est un message : le futur blason ne reniera jamais le passé. Il le prolonge, le sublime même. Le nouveau logo, destiné à durer entre 15 et 20 ans selon les communiqués internes, ambitionne d’unifier tous les cercles du club autour d’un même symbole, du centre de formation à l’équipe première.

Dans une saison 2025-2026 où l’OM affronte notamment le PSG au cœur d’une lutte féroce en Ligue 1 et dans un potentiel quart de finale européen, imposer une nouvelle identité visuelle est stratégique. Face à un Paris Saint-Germain dont le blason et l’esthétique sont pensés pour l’international, l’OM cherche son propre récit global. Mais contrairement à Paris, Marseille joue la carte de l’ancrage local et populaire. Et cette refonte — si elle reste fidèle aux fondamentaux — peut devenir un marqueur fort d’identité et un outil puissant de ralliement.

Modernisation vs Tradition : le pari risqué mais maîtrisé

Le chantier du nouveau logo marseillais est une opération d’équilibriste. Trop de modernité et les tribunes crient à la trahison. Trop de conservatisme et le club rate le train des grandes marques sportives. La participation active des Ultras est donc un signal fort : le projet Longoria sait jongler entre exigence moderne et respect profond de l’ADN phocéen.

Alors que le PSG, modèle d’un branding ultra-contrôlé à l’international, repose sur une ligne stratégique verticale peu consultative, l’OM fait le pari inverse : co-construction, dialogue avec les fans, intégration des sentiments collectifs. Dans le duel OM vs PSG qui anime tous les débats, cette approche populaire et identitaire pourrait bien faire la différence sur un autre terrain que la pelouse : celui de l’attachement émotionnel et culturel.

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