Le passage d’Adrien Rabiot à l’Olympique de Marseille aura marqué les esprits… jusqu’à une fin abrupte, empreinte d’amertume. Recruté en 2024 pour donner du caractère au milieu marseillais, l’international français a quitté la Canebière à l’été 2025 dans un contexte aussi tendu qu’inattendu. Retour sur une séparation douloureuse à la veille d’une saison 2025-2026 où l’OM ambitionne un retour au sommet.
Une sortie brusque après une saison réussie
Arrivé en provenance de la Juventus à l’été 2024, Adrien Rabiot incarnait cette touche d’expérience réclamée par la direction olympienne. Son impact immédiat lui a permis de s’imposer comme cadre du vestiaire et acteur essentiel de la qualification en Ligue des champions 2025-2026. Mais comme souvent avec le natif de Saint-Maurice, le talent n’est jamais loin de la tension. Le 15 août 2025 contre Rennes (victoire 1-0), une altercation avec Jonathan Rowe sur le banc a provoqué une onde de choc interne. Résultat : une mise à l’écart progressive, puis un départ vers l’AC Milan.
Dans un entretien pour RTL, Rabiot est revenu pour la première fois sur les circonstances de son départ : « Je n’ai pas compris donc je ne peux pas expliquer quoi que ce soit… La fin est amère parce qu’il y a de l’incompréhension et une forme de trahison. » Des mots forts, pesés, loin des éclats habituels, mais qui traduisent une cassure avec la direction marseillaise. Il affirme toutefois que ses relations avec les supporters et ses coéquipiers sont restées intactes.
Entre incompréhension et volonté d’apaisement
Rabiot n’a pas souhaité nourrir la polémique malgré son ressentiment. Il insiste sur la vérité connue « en interne », sur son professionalisme et rappelle qu’il est « toujours resté respectueux ». Cette déclaration s’inscrit dans un contexte plus large où le joueur de 30 ans, longtemps taxé de personnalité difficile, cherche à polir son image – tout en poursuivant son ambition suprême : remporter la Coupe du monde 2026 avec les Bleus.
Le contraste est fort avec ses démêlés passés au Paris Saint-Germain, le grand rival marseillais. À Paris, Rabiot avait déjà connu une fin polémique — refusant même d’être réserviste pour la Coupe du monde 2018. Ce nouveau départ précipité de l’OM pourrait raviver les critiques autour de sa capacité à s’inscrire dans un projet sur le long terme… ou alimenter la comparaison PSG-OM dans la gestion de leurs têtes d’affiche.
Quel impact sur l’OM pour la saison 2025-2026 ?
Du côté marseillais, cette sortie interroge à l’aube d’une saison capitale. Avec la Ligue des champions au programme et un championnat toujours dominé par le PSG, la perte de Rabiot représente un coup dur au poste de relayeur, zone cruciale dans le 4-3-3 prôné par l’entraîneur marseillais. Si le duo Veretout-Gueye semble assurer l’intérim, l’absence d’un joueur de la trempe de Rabiot pourrait peser dans les gros rendez-vous européens.
Plus largement, cette affaire pose la question de la gestion interne au sein de l’OM. Pour un club souvent sujet à des turbulences institutionnelles, les conséquences de ce départ abrupt devront être analysées : le vestiaire est-il fragilisé ? L’image du club est-elle écornée alors qu’il retrouve enfin la Ligue des champions ? À noter que les dirigeants olympiens sont restés silencieux, préférant ne pas alimenter le débat sur cette affaire.
Vers une réhabilitation à Milan ?
Désormais à l’AC Milan, Rabiot semble revivre. L’ancien joueur du PSG, passé par la Juventus, revient dans le Calcio avec une volonté affichée de briller. Dans les colonnes du Figaro, il insiste sur son envie de « laisser une bonne image partout où il passe » et sur son humilité dans les vestiaires. Un discours apaisé mais plein d’ambition, où il martèle son objectif : conquérir une deuxième étoile avec les Bleus en 2026.
Alors que la guerre psychologique entre l’OM et le PSG continue sur le terrain et en dehors, ce départ agité de Rabiot vient rappeler qu’au-delà du jeu, les tensions internes peuvent redessiner les contours d’une saison. Marseille devra faire sans un cadre expérimenté, tandis que Paris, plus stable dans sa gestion des égos cette année, pourrait en tirer profit dans la course au titre.