Roberto De Zerbi n’a pas seulement amené une nouvelle philosophie de jeu à l’OM cette saison : il a surtout instauré une dynamique mentale qui transforme les vents contraires en carburant pour ses joueurs. En cette saison 2025-2026, marquée par un début de championnat rugueux et une pression médiatique constante, l’entraîneur italien s’impose comme le pilier psychologique d’un groupe en quête de constance et de résultats européens. Analyse en profondeur d’une stratégie mentale bien huilée.
Un bunker mental face aux critiques extérieures
À l’OM, les tempêtes médiatiques ne sont jamais bien loin. Pourtant, depuis son arrivée, Roberto De Zerbi a tracé une ligne claire : ses joueurs doivent être protégés à tout prix. Comme le souligne RMC Sport, l’ancien coach de Brighton n’hésite pas à monter au créneau dès qu’un de ses éléments est attaqué.
Leonardo Balerdi, visé pour ses errances défensives en août, a reçu le soutien total de son entraîneur, tout comme Igor Paixao, critiqué pour son faible rendement offensif et sa lente adaptation. De Zerbi ne se contente pas de défendre publiquement. En interne, il utilise ces critiques pour construire une unité de groupe solide, en transformant la méfiance ambiante en un puissant ressort psychologique.
Cette posture de bouclier humain engage ses joueurs sur un plan émotionnel : ils sentent que leur coach est prêt à encaisser pour eux. Résultat ? Une implication renforcée, visible sur le terrain. On l’a vu récemment lors du choc face à l’AS Monaco où Paixao, buteur, a dédié sa performance à « ceux qui croyaient encore », preuve de l’impact émotionnel du discours de De Zerbi.
Une stratégie de résilience taillée pour l’Europe
Dans un Vélodrome où la pression dévore parfois les plus aguerris, De Zerbi insuffle un mindset proche de celui que l’on retrouve en Premier League : transformer la pression en opportunité de briller. Lors des rendez-vous européens, notamment en Ligue Europa où l’OM vise un quart de finale cette saison après sa victoire contre le Betis Séville en phase de groupes, ce mental collectif devient un atout décisif.
Dans les coulisses, comme le rapporte RMC, De Zerbi n’hésite pas à rappeler le « scepticisme ambiant » autour du club pour motiver ses troupes. Son message : chaque grande affiche est une scène pour démontrer sa vraie valeur. Une approche qui rappelle celle de certains grands tacticiens… et qui n’est pas sans faire écho à la rivalité historique avec le PSG.
Car à Paris, Luis Enrique bénéficie d’un effectif pléthorique et talentueux, où la rotation permet d’éteindre certaines polémiques. À Marseille, les moyens sont moindres, mais la foi mentale instaurée par De Zerbi permet de créer une dynamique à travers l’adversité. L’OM ne peut pas lutter avec les finances du club de la capitale, mais sur le terrain de l’engagement, des valeurs et de l’unité, c’est une toute autre histoire.
Des dirigeants et un groupe en phase avec la vision du coach
L’alignement entre Roberto De Zerbi, Pablo Longoria et le vestiaire est également un facteur essentiel du succès mental olympien. Malgré les critiques justifiées sur le mercato tardif, le staff dirigeant a su faire bloc avec son entraîneur. Ce choix assumé de créer une mentalité seul contre tous renforce également l’identité du club, en particulier face aux clubs jugés plus « institutionnalisés » comme le PSG ou Rennes.
Cette saison 2025-2026 pourrait bien marquer un tournant. Avec une gestion psychologique aussi maîtrisée, l’OM ne se positionne pas seulement comme un trouble-fête, mais comme un véritable outsider en Ligue 1 et en Europe. S’il parvient à fédérer durablement son groupe, De Zerbi pourrait bien entrer dans la légende du club et instiller une culture de la gagne à Marseille — ce qui ferait perdre plus d’un sourire du côté de la capitale.