Chancel Mbemba n’est plus Marseillais, mais il continue d’alimenter les débats sur la Canebière. Parti en mai 2025 après une année blanche, le défenseur congolais a signé au LOSC et, contre toute attente, a tenu un discours apaisé vis-à-vis de l’Olympique de Marseille et de Pablo Longoria. Une déclaration qui contraste avec la froideur apparente de la rupture et qui soulève de nombreuses interrogations sur la gestion du joueur par le club phocéen.
Une année noire à l’OM : les dessous d’un divorce difficile
Chancel Mbemba, arrivé à l’OM en 2022 en provenance du FC Porto, avait rapidement conquis le public marseillais par son impact défensif et son sens du placement. Mais la saison 2024-2025 aura marqué un tournant brutal : mis à l’écart de façon inexpliquée à l’automne, suspendu des entraînements collectifs, puis écarté définitivement du groupe, le défenseur international congolais a vécu ce qu’il appelle lui-même une « mise à mort sportive ».
Cependant, l’ancien taulier de la défense olympienne n’est pas resté sans réagir. Il a saisi la justice pour harcèlement moral après avoir subi des pressions répétées de la part de la direction. Sa plainte, toujours en cours d’instruction, avait surtout valeur de signal fort pour les instances du football français, et la LFP lui avait déjà donné raison une première fois sur un plan disciplinaire en annulant les sanctions financières imposées par l’OM.
Départ à Lille et renaissance sous Genesio
Libéré de son contrat en mai 2025 après de longs mois de silence, Mbemba a trouvé refuge à Lille, où Bruno Genesio lui a immédiatement offert une place de titulaire. Pour son premier match avec les Dogues, le défenseur de 31 ans a livré une prestation convaincante lors d’une victoire 2-0 contre Nantes, symbolisant une sorte de libération. Son retour au premier plan ne peut que raviver les regrets du côté phocéen, alors que l’OM continue d’alterner les systèmes défensifs sans réelle stabilité.
C’est à l’issue de cette rencontre que Mbemba a pris la parole sur Ligue 1+ pour remercier… tout le monde : « Merci à mes coéquipiers, au staff, aux supporters. La force vient du travail. Je reste concentré. Merci à Pablo, à tous les supporters de Marseille« , a-t-il déclaré, dans un contraste saisissant avec le contexte conflictuel de son départ. Un discours d’élégance, loin des règlements de comptes attendus dans un choc émotionnel de cette ampleur.
OM : une gestion humaine de plus en plus questionnée
La déclaration de Chancel Mbemba remet une lumière crue sur la politique sportive et humaine de l’OM. Depuis plusieurs saisons, le club connaît une instabilité chronique : changement d’entraîneur fréquent, tensions internes, désaccords entre le staff et la direction sportive sous la houlette de Pablo Longoria. Ce dernier, souvent salué pour son flair en matière de recrutement, fait face à des critiques régulières pour sa gestion humaine des joueurs, entre mises à l’écart brutales (Gerson, Amavi…) et conflits non résolus.
L’affaire Mbemba soulève donc des questions stratégiques et éthiques pour le club dans cette saison 2025-2026, où l’OM est engagé en Ligue Europa et vise un retour sur le podium en Ligue 1. En laissant partir libre un joueur d’expérience, récupéré sans indemnité par un concurrent direct pour l’Europe, l’OM a-t-il creusé davantage le fossé entre direction et vestiaire ?
Un message fort dans la bataille à distance avec le PSG
Alors que le PSG continue d’afficher une stabilité exemplaire sous Luis Enrique avec un effectif solide et une politique de gestion rigoureuse, l’OM peine à offrir une image aussi cohérente. La rivalité historique entre les deux clubs se joue aussi désormais hors terrain, sur la crédibilité des projets à long terme. Le traitement réservé à un cadre comme Mbemba pourrait impacter négativement l’attractivité du club marseillais dans les prochains mercatos, notamment pour les joueurs expérimentés en quête de stabilité et de respect mutuel. Une fragilité qui pourrait encore éloigner un peu plus l’OM de son éternel rival parisien.
Aurait-on vu le PSG sacrifier un joueur de l’envergure de Mbemba sans explication ni plan B ? Rien n’est moins sûr. Et c’est peut-être là que la vraie erreur de l’OM se cache : dans l’incapacité à conjuguer efficacité sportive et gestion humaine.