L’ancien entraîneur de l’OM, Igor Tudor, est au bord du gouffre sur le banc de la Juventus. En difficulté depuis plusieurs semaines, il joue son avenir sur les deux prochains matchs dont un face au Real Madrid. Décryptage d’une situation explosive.
De l’OM à la Juve : parcours contrasté pour Igor Tudor
Lorsqu’Igor Tudor a quitté l’OM à l’été 2023, peu imaginaient le voir reprendre un poste aussi prestigieux que celui de la Juventus en mars 2025. Pourtant, l’ancien défenseur croate avait réalisé une saison contrastée mais marquante à Marseille, avec une philosophie intense, parfois borderline, et une gestion musclée de son effectif. Autant dire que les supporters du Vélodrome se souviennent encore de ses empoignades tactiques… et de son départ surprise.
À Turin, Tudor est arrivé en pompier, remplaçant Thiago Motta dans une Juve à la dérive. Il parvient à finir quatrième de Serie A, synonyme de qualification pour la Ligue des champions, et prolonge jusqu’en 2027. Mais la saison 2025-2026 démarre dans la douleur. Malgré un groupe plutôt solide (Chiesa, Vlahovic, Gatti…), l’équipe aligne six matchs sans victoire, toutes compétitions confondues. La défaite 2-0 face à Côme est vécue comme une humiliation. Le jeu proposé est jugé trop rigide et inefficace offensivement. Tudor, critiqué pour son manque d’adaptabilité, voit la pression monter. Et vite.
Palladino déjà prêt, la Juve envisage sérieusement un changement
D’après les informations de Nicolò Schira sur Twitter et confirmées par La Gazzetta dello Sport, la Vieille Dame aurait déjà initié des discussions avec Raffaele Palladino. Ancien joueur du club, aujourd’hui entraîneur libre après un passage remarqué à Monza, Palladino entretiendrait d’excellentes relations avec le directeur technique, François Modesto, ce qui facilite le dossier.
Palladino accepterait un contrat court (jusqu’en juin + option), parfait pour temporiser en attendant un projet plus structuré à l’été. À cela s’ajoute une tension grandissante entre Tudor et le nouveau directeur général, Damien Comolli. Cette mésentente interne pourrait jouer un rôle décisif dans l’avenir de l’ancien coach olympien.
Real Madrid puis Lazio : deux ultimatums pour Tudor
La Juventus a placé la barre clairement : Igor Tudor a deux matchs pour redresser la situation. Et pas des moindres. D’abord, un affrontement capital contre le Real Madrid en Ligue des champions. Un match qui pourrait être décisif aussi bien sportivement qu’émotionnellement. Une contre-performance face aux Merengue, machine de guerre européenne menée par Kylian Mbappé, pourrait précipiter sa chute.
Ensuite, vient la réception de la Lazio Rome en championnat, où il est impératif de prendre trois points pour rester au contact du top 4. Autant dire que Tudor devra faire preuve d’un sens tactique affûté et d’un discours clairement mobilisateur pour regagner la confiance de son vestiaire. Sa gestion des jeunes talents (comme Kenan Yildiz) est aussi pointée du doigt, là où le PSG parvient à valoriser ses pépites comme Warren Zaïre-Emery ou Barcola. Une différence de management révélatrice des choix de construction d’effectif.
Quel impact pour l’OM et la rivalité avec le PSG ?
Les supporters marseillais observent cette situation avec un mélange d’amusement et de nostalgie. Igor Tudor, qui avait divisé le Vélodrome, revient sur le devant de la scène via ses difficultés à Turin. Pour l’OM, cela montre aussi la trajectoire contrastée de ses anciens coachs, à l’image de Jorge Sampaoli qui galère au Brésil, ou Rudi Garcia récemment remercié en Serie A.
Quant au PSG, outsider direct de la Juve cette saison en Ligue des champions, la possible élimination précoce des Bianconeri aurait des répercussions sur le tableau européen. Un départ de Tudor pourrait rebattre les cartes, selon l’identité de son successeur et le timing. À suivre de très près, surtout si les deux clubs se recroisent plus tard…
Conclusion : Tudor face à son destin
Tudor, homme de principes mais peu enclin aux compromis, est dos au mur. Ses atouts — sa connaissance du club, son exigence, ses succès passés — pourraient bien ne pas suffire à enrayer la machine à changements turinoise. S’il veut espérer rester, il devra prouver face à l’un des géants d’Europe que son projet est viable. Dans le cas contraire, Raffaele Palladino se tient prêt à entrer en scène. Verdict dans quelques jours.