Le choc entre le Sporting CP et l’Olympique de Marseille ce mercredi en Ligue des Champions s’annonce bouillant. À Lisbonne, les tribunes du stade José-Alvalade seront garnies de milliers de supporters phocéens, prêts à porter leur équipe. Mais un élément inattendu pourrait peser lourd : le Slovène Rade Obrenovič, désigné au sifflet, et peu connu des deux formations.
Une mobilisation sans faille : les supporters de l’OM en force au Portugal
Impossible de ne pas remarquer les supporters de l’OM cette saison en Ligue des Champions 2025-2026. Après avoir transformé les gradins du Santiago Bernabeu en mini-Vélodrome début septembre, les fans olympiens s’apprêtent une nouvelle fois à envahir les tribunes adverses. Pour ce déplacement crucial au Portugal, le club a obtenu un quota de 2636 places, toutes vendues en quelques heures. Certains ont même anticipé la campagne européenne dès l’été en réservant les billets pour tous les voyages à l’étranger.
Ce soutien impressionnant ne passe pas inaperçu sur la scène continentale. Il témoigne d’un engouement intact autour de l’OM, malgré une campagne de Ligue 1 mouvementée et une concurrence hexagonale toujours dominée par le Paris Saint-Germain. Ce contraste entre ambiance populaire et tension sportive met en exergue une dynamique que le PSG, souvent critiqué pour l’ambiance feutrée du Parc des Princes, peine à imiter en déplacement européen.
Outre la ferveur, ces soutiens massifs jouent aussi sur le mental des joueurs. Lorsqu’on évolue dans un stade adverse envahi par ses propres fans, l’effet 12e homme prend tout son sens. Roberto De Zerbi pourra donc compter sur cette atmosphère particulière pour galvaniser son groupe qui, après deux journées, totalise 3 points – autant que le Sporting – dans un groupe où chaque match est crucial en vue d’une qualification inédite vers les huitièmes dans le nouveau format à 36 équipes.
Une désignation arbitrale qui interroge : Rade Obrenovič, un visage neuf mais strict
Mais si l’OM veut tirer le meilleur de cette ambiance, il lui faudra garder la tête froide. L’UEFA a désigné un arbitre peu connu mais strict : Rade Obrenovič. Le Slovène de 35 ans n’en est pas à ses débuts sur la scène continentale – avec 36 matches dirigés en compétitions UEFA – mais il ne compte que sept apparitions en Ligue des Champions.
Sa réputation ? Un sifflet autoritaire et une tolérance très limitée aux débordements : six cartons jaunes distribués en moyenne par match. Autant dire que le tempérament volcanique de certaines figures marseillaises, comme Veretout ou Mbemba, devra être maîtrisé. Le José-Alvalade n’est déjà pas un théâtre calme, et avec Obrenovič au centre, chaque geste sera scruté.
Pour De Zerbi, ce genre de profil arbitral n’est pas anodin. Lui qui travaille à inculquer une rigueur tactique et une discipline mentale dans un effectif parfois sujet à des sautes d’humeur en fin de match — comme ce fut le cas face au Real Madrid avec une expulsion évitable — devra insister sur la lucidité et la gestion émotionnelle.
En comparaison, le PSG bénéficie souvent, en Ligue des Champions, d’arbitres plus expérimentés, habitués à gérer les grands rendez-vous du club parisien. Cette différence pourrait peser, tant les détails comptent dans une compétition aussi exigeante.
D’autant que ce duel OM – Sporting pourrait bien être décisif pour l’issue du groupe. En cas de victoire, Marseille prendrait une sérieuse option vers la phase finale. Mais une défaite, combinée à un problème disciplinaire, pourrait plomber ses chances.
Un tournant européen sous haute tension
Ce déplacement à Lisbonne revêt donc une importance capitale. Non seulement pour les points à engranger, mais aussi pour asseoir l’image d’un OM redevenu une place forte du football européen. De Zerbi, fort de son début de saison contrasté mais encourageant, mise sur la progression collective. Le soutien des tribunes et la gestion des émotions seront les clefs. Car en Ligue des Champions, où chaque erreur se paie cash, l’OM n’a pas le droit à un faux pas discipline ou stratégique.
Face au Sporting et sous l’œil strict d’Obrenovič, c’est un OM mature, solidaire et lucide que les supporters – comme les observateurs – espèrent voir. Pour ne pas se contenter de vibrer, mais bel et bien rêver plus grand… jusqu’au huitième. Une ambition européenne qui fait aussi grincer des dents côté parisien, où l’hégémonie nationale ne suffit plus à effacer les frustrations continentales.