OM : une équipe sous tension, la stat alarmante sur les cartons rouges en 2025

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Aricle écrit par Maxime Nauzit

Les nerfs à fleur de peau, un tempérament volcanique… et une gestion émotionnelle encore défaillante. L’Olympique de Marseille version Roberto De Zerbi a tout pour séduire sur le terrain. Mais derrière les éclats de génie offensifs, un problème persistant menace de saper les ambitions du club : une indiscipline criante. Alors que l’OM poursuit sa saison 2025-2026 en Ligue 1 et en Ligue des champions, une statistique fait froid dans le dos. Avec 0,34 carton rouge par match, Marseille affiche le deuxième total le plus élevé d’Europe, derrière la Lazio Rome. Petite plongée dans ce mal qui ronge les Phocéens.

Une fragilité mentale persistante sous De Zerbi

L’arrivée de Roberto De Zerbi à l’OM avait été saluée pour sa philosophie de jeu ambitieuse et portée vers l’offensive. Et dans les faits, le coach italien a permis de belles envolées cette saison, comme en témoigne la superbe victoire contre le Paris Saint-Germain au Vélodrome (2-1) en octobre dernier. Mais ce tempérament de feu a aussi son revers. Le dernier exemple en date ? L’exclusion d’Emerson face au Sporting Portugal en Ligue des champions, pour une simulation grossière dans la surface adverse.

Ce n’est pas un cas isolé. Selon une étude publiée par L’Équipe, en seulement 11 matches cette saison, toutes compétitions confondues, six rencontres ont été marquées par un carton rouge. Si quatre exclusions concernaient les adversaires, deux concernent l’OM, dont une particulièrement pénalisante en C1. Plus inquiétant encore : cinq de ces cartons ont été distribués avant la mi-temps, révélant une nervosité dès l’entame des matchs. Une tendance qui sème le doute sur la capacité de l’effectif marseillais à gérer la pression sur la durée.

L’impact direct sur les performances de l’OM

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Lors des six matchs où un carton rouge a été distribué, Marseille a perdu à quatre reprises. À l’inverse, lors des cinq matchs joués à 11 contre 11, les Olympiens se sont imposés à chaque fois. Ce contraste met en lumière une incapacité à s’adapter au contexte d’infériorité numérique, mais aussi à capitaliser sur une supériorité. Un défaut qui peut coûter cher dans une saison où chaque point compte.

En Ligue 1, où la guerre des nerfs fait rage avec le PSG, chaque détail peut basculer le destin d’un titre ou d’une place en Ligue des champions. Face à une machine bien huilée comme celle de Luis Enrique, réputée pour sa discipline tactique et son calme dans les grands moments, l’OM ne peut se permettre d’offrir des avantages inutiles. Les suspensions récurrentes pèsent également sur les rotations, complexifiant le travail du coach italien déjà confronté à un calendrier chargé.

Un problème structurel plus profond ?

Ce surplus de cartons rouges reflète aussi un problème d’expérience ou de leadership dans le vestiaire. À l’image d’un Leonardo Balerdi parfois trop impulsif, ou d’Emerson récemment épinglé, certains cadres peinent à faire preuve du recul nécessaire. La question se pose : l’OM doit-il repenser certaines composantes de son effectif pour allier passion et sang-froid ?

Comparé à un PSG qui, malgré les critiques, parvient à éviter ce genre de débordement (0,17 carton rouge par match cette saison), Marseille accuse un net retard dans la gestion émotionnelle. La direction phocéenne devra peut-être s’interroger dès cet hiver sur un possible rééquilibrage, en ciblant des profils plus stables mentalement et capables d’encadrer les jeunes pousses comme Soglo ou Moumbagna.

Conclusion : gérer les nerfs pour viser plus haut

L’Olympique de Marseille possède les armes pour rivaliser avec les plus grands, le PSG en tête. Mais à condition de canaliser son énergie de manière constructive. Car si les grandes batailles se gagnent sur le terrain, elles se perdent souvent dans les détails. Et les cartons rouges en pleuvent côté phocéen.

À l’heure où chaque point pèse lourd dans la course au podium et au coefficient UEFA, l’OM devra impérativement corriger cette faille mentale pour ne pas transformer ses ambitions en mirages. Le talent est là. Reste à maîtriser la tempête intérieure.

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