Après deux défaites consécutives face au Sporting Portugal et au RC Lens, l’Olympique de Marseille traverse une période trouble en cette entame de saison 2025-2026. En cause : des erreurs individuelles, notamment celles de Benjamin Pavard, impliqué directement sur quatre des buts encaissés au cours de ces deux revers. En tentant de désamorcer la situation via un message d’excuse publié sur Instagram, le défenseur international a déclenché un véritable raz-de-marée médiatique… et une passe d’armes entre anciens professionnels.
Quand Pavard veut bien faire, mais ravive les tensions
C’est dans un contexte de défiance croissante autour de l’OM que Pavard a choisi de publier un message d’excuses à destination des supporters olympiens. Le joueur passé par le Bayern Munich et l’Inter Milan s’est dit « responsable et désolé » pour ses erreurs lors de la défaite au Sporting (2-1) et celle à Lens (2-1), où il a concédé un penalty et inscrit un but contre son camp.
Mais sa démarche, loin de calmer les esprits, a déclenché une polémique d’ampleur. Sur RMC, Jérôme Rothen s’est montré cinglant : « À travers ce message, ce n’est que de la com’. Tu ne peux pas envoyer ce message à tout le monde en expliquant que tu t’excuses de ta performance. » Une déclaration qui a fait écho à celle de Christophe Dugarry, tout aussi virulent : « Ridicule », « Pathétique », « De la com’ pure et simple », a-t-il notamment lâché en dénonçant un geste inutile.
Face à cette charge, la défense du clan marseillais ne s’est pas fait attendre. Eric Di Meco, ancien défenseur de l’OM, a vivement réagi : « Ces gamins passent leur vie sur Instagram. Ce n’est pas si grave que ça, il est humain… Et vous, vous êtes des vieux cons. » Une prise de position qui reflète bien la fracture générationnelle dans le football moderne.
Quels enjeux pour l’OM et Pavard sur cette saison 2025-2026 ?
Cette affaire n’est pas simplement anecdotique. Elle met en lumière plusieurs enjeux cruciaux pour l’OM à ce moment de la saison. D’abord, l’impact sportif : avec deux défaites de rang, les Phocéens perdent du terrain en championnat et voient leur qualification en Ligue des Champions se compliquer. Pavard, en tant que recrue phare de l’été dernier, était censé stabiliser la défense. Ses bourdes mettent désormais en question son statut de cadre, surtout face à une concurrence renforcée avec le retour en forme de Chancel Mbemba.
Mais surtout, cette crise met en lumière un enjeu de communication. Alors que le PSG, éternel rival marseillais, maîtrise parfaitement son image marketing et le contrôle médiatique autour du club, l’OM semble ballotté au gré des humeurs et des émotions. La sortie spontanée de Pavard, aussi sincère soit-elle, révèle une faiblesse de gouvernance interne sur la gestion de la pression médiatique. Et dans un club sous tension comme l’OM, la moindre dissonance peut virer au clash.
Jordan Veretout, Jonathan Clauss ou encore Pierre-Emerick Aubameyang devront désormais serrer les rangs autour de leur coéquipier, alors que l’équipe s’apprête à recevoir Angers au Vélodrome — un match crucial pour ne pas décrocher du top 4. À quelques semaines du Classique tant attendu contre le PSG, où chaque mot, chaque regard, et chaque action seront scrutés à la loupe, l’OM n’a plus le droit à l’erreur, ni sur le terrain, ni en dehors.
Un pont entre deux mondes : tradition virile ou football d’émotion ?
Cette affaire Pavard interroge aussi sur l’évolution du métier de footballeur : doit-on encore se taire et encaisser comme à l’époque de Rothen et Dugarry ? Ou peut-on se montrer vulnérable et utiliser les réseaux sociaux pour créer un lien avec ses supporters ? Hors de toute considération tactique, le cas de Pavard montre que le football français n’a pas fini de débattre sur cette tension permanente entre culture ancienne et nouvelles générations de joueurs.
En 2025, les codes ont changé. Mais les résultats, eux, restent la seule vraie boussole. À Pavard maintenant de se relever sur le rectangle vert, seul endroit où sa réponse pourra faire taire les sceptiques.