La victoire de l’OM contre le PSG le 22 septembre dernier (1-0) aurait-elle tourné la tête des Marseillais ? Christophe Dugarry, sans filtre comme à son habitude, a offert une critique cinglante de l’état d’esprit de l’effectif olympien, ainsi que de son entraîneur Roberto De Zerbi. Une sortie médiatique qui relance le débat autour des ambitions phocéennes en cette saison 2025-2026.
Une victoire historique… et des effets secondaires ?
Le 22 septembre 2025, le Vélodrome explose. L’Olympique de Marseille, quatorze ans après sa dernière victoire à domicile en Ligue 1 face au Paris Saint-Germain, fait tomber le monstre parisien sur un but libérateur de Vitinha. Cette victoire, aussi prestigieuse que rare, a mis fin à un long tunnel d’échecs douloureux dans le Classique.
Mais selon Christophe Dugarry, cette euphorie a basculé dans l’excès. Invité de l’émission « Rothen s’enflamme » sur RMC Sport, le champion du monde 1998 est monté au créneau : « On a l’impression que les mecs fanfaronnent depuis qu’ils ont battu le PSG. Ils se prennent pour des génies, pour des phénomènes », a-t-il lâché.
Cette déclaration intervient alors que l’OM, troisième de Ligue 1 avec 19 points après dix journées, vient de concéder un match nul (2-2) contre Angers, égalisé dans les arrêts de jeu. Un résultat frustrant qui empêche les Olympiens de prendre la tête du championnat, actuellement dominé par le PSG avec 21 points. Une dynamique perçue par certains comme symptomatique d’un excès de confiance ?
De Zerbi dans le viseur : l’équilibre précaire d’un projet ambitieux
L’Italien Roberto De Zerbi, arrivé cet été avec un statut flatteur, n’échappe pas à la critique. Dugarry n’y est pas allé par quatre chemins : « J’ai vraiment du mal avec De Zerbi. Pour l’instant, il ne m’a rien prouvé. À l’OM, tu ne peux pas fanfaronner : la réalité te rattrape », a-t-il ajouté.
Il est vrai que le technicien italien, adepte d’un jeu de possession exigeant, a parfois du mal à faire passer son message sur la durée. Si ses principes ont permis de renverser le PSG lors du Classique, ils peinent à convaincre face à des équipes plus modestes, qui bloquent ou exploitent les failles de ce système ambitieux. Le nul contre Angers ou la défaite infligée en Coupe d’Europe par le Bayer Leverkusen (2-1) illustrent ce yoyo de performances.
Rivalité OM/PSG : entre effet de manche et réalité du classement
Le regain de confiance post-PSG, c’est la rançon du prestige. Battre Paris en plein cœur de septembre a galvanisé la cité phocéenne. Mais Dugarry met en garde : « Dès que tu relâches à l’OM, la punition suit ». En clair, le Classique a peut-être servi de trompe-l’œil pour une équipe encore trop souvent irrégulière.
Pendant ce temps, le PSG, malgré une semaine mouvementée avec les critiques visant Luis Enrique, reste leader du championnat et affiche une régularité plus solide. Et si l’OM veut vraiment prétendre bousculer la hiérarchie, il doit construire au-delà d’un exploit isolé.
À trois jours d’un déplacement piégeux à Auxerre – qui avait infligé un 3-0 aux Olympiens l’an dernier – De Zerbi et ses joueurs sont dos au mur. En Ligue 1 comme en Ligue Europa, chaque point comptera dans un calendrier déjà compressé par la qualification en demi-finales de Coupe de France obtenue en début de saison.
Réaction ou rechute ? L’OM face à son défi de maturité
L’enjeu dépasse le simple match de prestige. Si l’OM veut marquer durablement cette saison 2025-2026, il devra prouver que la victoire contre Paris n’était pas un feu de paille, mais la rampe de lancement d’un projet structuré et résilient. Cela impliquera discipline, humilité et constance – qualités que ses détracteurs, à l’image de Dugarry, estiment aujourd’hui absentes.
Le déplacement à Auxerre, la réception de Nice puis le choc contre Rennes avant la trêve internationale seront autant de tests décisifs. En parallèle, la phase de groupes de Ligue Europa impose une pression constante à un effectif qui n’a pas le droit à l’erreur.
Alors, l’OM fanfaronne-t-il trop depuis sa victoire contre le PSG ? Ou au contraire, s’agit-il d’un moment fondateur dans une saison qui pourrait enfin voir le club olympien rivaliser sérieusement avec son rival historique ? Une chose est certaine : à Marseille, chaque victoire se fête… mais peut coûter cher si elle détourne de l’objectif principal.