OM – Atalanta : un naufrage tactique plus qu’un scandale arbitral

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Aricle écrit par Maxime Nauzit

Défaite cuisante, ambiance glaciale et critiques au vitriol : l’OM a sombré face à l’Atalanta Bergame en Ligue des champions lors de cette saison 2025-2026. Et s’il fallait encore une preuve que le problème dépasse de loin les erreurs arbitrales, la presse régionale s’en est chargée. Dans son édition du lendemain, La Provence n’a pas mâché ses mots. Loin du romantisme footballistique tant convoité, c’est un OM amorphe, embourbé et sans âme qui s’est fait épingler avec verve. Retour sur un échec collectif cinglant et révélateur d’un mal plus profond.

Un OM soporifique sous pression en Ligue des champions

Le Vélodrome, plein à craquer et orné d’un tifo hommage à Bob Marley, espérait vibrer. L’affrontement face à l’Atalanta devait être une confirmation des ambitions européennes. À la place, les supporters ont eu droit à une prestation d’une léthargie accablante. « On nous avait promis le De Zerbi ball, on subit le De Zerbi sans balle », raille Alexandre Jacquin dans les colonnes de La Provence (source : La Provence).

L’Olympique de Marseille est pourtant censé incarner un football résolument offensif et audacieux depuis l’arrivée de Roberto De Zerbi, mais ce soir-là, sur la pelouse, c’était l’antithèse du projet de jeu. Avec seulement 3 points en 4 journées, les Phocéens sont désormais en grande difficulté dans ce groupe A de Ligue des champions, où chaque faux pas se paie comptant.

L’erreur d’arbitrage – une faute oubliée en surface – aurait pu offrir un tournant au match, mais se cacher derrière cela serait occulter l’essentiel : un collectif qui peine à exister et une stratégie qui, pour l’instant, déçoit plus qu’elle ne séduit. Le but encaissé dans les dernières minutes symbolise le manque de concentration chronique de cette équipe, incapable de verrouiller une rencontre à enjeu.

Le De Zerbi Ball en panne sèche : un OM en perte de repères

Le concept du « En Arrière Aguerd » – imaginé par Jacquin pour décrire les incessants retours de balle vers Nayef Aguerd – est devenu viral. Avec une ironie piquante, La Provence illustre ce travers tactique criant : un OM qui privilégie la latéralisation et la possession stérile au détriment d’un jeu tranchant comme le veut l’école De Zerbi. Une berceuse, « fredonnée par Alain Souchon », résume même ce non-match.

Pourtant, les individualités ne manquent pas : Aubameyang, Ounahi, Gerson, Harit ou encore Kondogbia devraient être des garants de la créativité et de l’impact. Au lieu de cela, c’est l’ennui et l’impuissance qui dominent. Aucun leadership, aucune révolte après le but italien. Rien.

Une direction instable et un projet flou

La critique de La Provence ne s’arrête pas au rectangle vert. En ligne de mire également : la direction marseillaise. Trop d’interlocuteurs, des décisions contradictoires, un recrutement estival jugé incohérent et une absence de lisibilité du projet. Dans un contexte où le rival parisien, le PSG, affiche une clarté de trajectoire avec Luis Enrique malgré des blessés en série, l’OM semble encore en quête de son identité structurelle.

À six journées de la fin de cette phase de groupes, l’espoir d’une qualification en huitièmes s’amenuise. Pire, l’OM devra désormais regarder derrière lui pour espérer arracher une place en Ligue Europa. Trop peu, quand on se souvient des ambitions affichées en août dernier.

Quelle dynamique pour la suite ?

L’OM peut-il se relever ? Oui… mais à condition d’un électrochoc réel. Cela passe par un recentrage tactique clair de la part de De Zerbi, qui devra composer avec un calendrier dense (Ligue 1, Ligue des champions, Coupe de France). La rotation devra être plus pragmatique et moins dogmatique. Le leadership de certains cadres devra enfin s’exprimer.

Car dans l’ombre de ce fiasco européen, c’est aussi la bataille avec le PSG pour le haut du classement en Ligue 1 qui se joue. Et les supporters marseillais le savent : pas question que cette saison devienne une promenade pour Paris. L’OM doit montrer les crocs, sinon il se contentera d’être le spectateur de ses propres illusions.

Conclusion

Le match face à l’Atalanta a mis en lumière les défaillances d’un OM loin des standards attendus. Accusé d’endormir le Vélodrome plus que de l’enflammer, le club olympien doit impérativement réagir. Faute de quoi, la saison 2025-2026 pourrait devenir celle du réveil brutal des ambitions mal calibrées. Et dans ce duel à distance avec le PSG, perdre du terrain serait plus qu’un échec : un aveu d’impuissance.

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