En pleine trêve internationale de novembre 2025, Roberto De Zerbi, coach de l’Olympique de Marseille, a suscité l’attention avec une déclaration teintée de légèreté et de mélancolie. « Entre cigarettes et musique », a-t-il confié à la presse selon Onze Mondial, le technicien italien compte s’octroyer une pause bien méritée. Derrière cette formule poétique, c’est toute la trajectoire actuelle du projet marseillais qui s’invite sur le devant de la scène, entre ambition assumée, difficultés de recrutement et une rivalité avec le PSG toujours brûlante.
Un entraîneur inspiré mais confronté aux limites du projet marseillais
Depuis son arrivée l’été dernier, Roberto De Zerbi incarne une nouvelle ère à l’OM. L’ancien coach de Brighton a été recruté pour insuffler un style résolument tourné vers le jeu de position et la possession, à des années-lumière des philosophies plus directes qu’a souvent connues le club phocéen. Son impact sur le terrain est réel : malgré une équipe parfois en difficulté sur le plan défensif, l’OM version 2025-2026 montre des intentions claires de jeu, dominantes face à la majorité des équipes de Ligue 1.
Pour autant, les résultats restent irréguliers. Cinquièmes après 12 journées, avec 21 points, les Olympiens oscillent entre éclats (victoire contre Monaco 3-1, nul à Lyon 2-2) et désillusions comme à Nantes (défaite 1-0). Cette instabilité trouve en partie son origine dans un mercato estival que De Zerbi n’a jamais totalement validé. Selon les informations de Onze Mondial, certaines cibles prioritaires du tandem Longoria–Benatia n’ont pas pu être finalisées, à l’image de ce jeune crack sud-américain recalé pour raisons contractuelles. Déjà là, les premières frustrations affleuraient.
Un repos bienvenu… mais révélateur d’un coach seul face aux ambitions floues de l’OM
Les déclarations de De Zerbi, aussi anodines semblent-elles, mettent en lumière une relative solitude face à un projet sportif encore en construction. Ses mots – « je vais couper, entre cigarettes et musique » – traduisent presque un besoin de fuite face à la pression et à une forme de désenchantement. L’absence de stabilité structurelle, combinée à un effectif déséquilibré, pèse sur le moral de l’Italien.
Comparons avec le PSG, dauphin actuel du championnat derrière le surprenant Nice. Paris a su compenser le départ de Mbappé par une politique de recrutement cohérente (Arrivée de Rafael Leão, montée en puissance de Zaire-Emery), soutenue par une direction technique solide. À Marseille l’écart structurel se creuse. Le projet marseillais de Longoria peine à franchir un cap, faute de moyens comparables et d’un projet clair sur la durée.
Dans une Ligue 1 où la rivalité OM-PSG reste un moteur narratif majeur, cette distance devient encore plus criante. L’OM ne peut pas seulement jouer la carte de la passion ou de l’intensité olympienne : face à un PSG parfaitement huilé, il faut une vision à long terme, incarnée par un entraîneur soutenu à 100% et un recrutement à la hauteur des ambitions. Faute de quoi les supporters risquent de revivre ce cycle d’espoirs vite déçus.
Quel impact pour la suite de la saison ?
L’OM est encore en course en Ligue Europa, avec un deuxième tour à haut risque face à l’AS Roma dès février. Une compétition que De Zerbi connaît bien pour y avoir brillé avec Sassuolo et Brighton. Sa faculté à galvaniser ses troupes sur les grandes scènes européennes pourrait faire la différence – à condition que l’état d’esprit suive et que le mercato hivernal apporte enfin les renforts manquants.
Ce moment de pause revendiqué par l’Italien sera donc crucial. Il permettra au coach de recharger les batteries, mais aussi, espérons-le, de discuter sérieusement avec la direction d’un projet à long terme plus clair et mieux armé. Parce que l’OM ne peut pas rester éternellement ce volcan toujours prêt à entrer en éruption… mais jamais assez structuré pour gravir les sommets.