Le départ d’Adrien Rabiot de l’Olympique de Marseille vers l’AC Milan continue de faire couler beaucoup d’encre de l’autre côté des Alpes. En ce début de saison 2025-2026, l’international français brille sous les ordres de Massimiliano Allegri, au point de devenir, selon La Gazzetta dello Sport, « indispensable » dans la quête du Scudetto. Une dynamique qui interroge : l’OM a-t-il laissé filer trop vite un joueur capable de faire la différence dans les moments décisifs ? Décryptage.
Un rôle central dans la ambition milanaise
Depuis son arrivée à Milan cet été, Adrien Rabiot semble revivre. Son association avec Luka Modric – autre vétéran recruté par les Rossoneri – transforme le milieu de terrain milanais en véritable machine de guerre. Grâce à leur duo, l’AC Milan affiche une moyenne impressionnante de 2,6 points par match. La fluidité offensive, la solidité défensive et la gestion des temps faibles se sont nettement améliorées. Les statistiques parlent d’elles-mêmes : Milan marque plus, encaisse moins et montre une régularité qui lui permet de rester au contact dans la course au titre face à l’Inter… et à la redoutable Juventus.
Pendant ce temps, du côté de l’OM, on éprouve encore des difficultés à stabiliser l’entrejeu. Malgré l’éclosion de jeunes talents et l’expérience de joueurs comme Veretout, aucun milieu ne parvient à reproduire l’impact global qu’apportait Rabiot : cet équilibre entre rigueur tactique et capacité à casser les lignes reste cruellement absent.
Un départ sous tension à Marseille ?
Ce transfert vers la Lombardie n’a pas été sans controverse. Écarté du groupe marseillais en fin de saison dernière après une altercation avec l’ex-entraîneur Fabien Rowe – aujourd’hui remplacé par le pragmatique Ivan Juric – Adrien Rabiot gardait une image ambivalente auprès des supporters marseillais. Pourtant, sa qualité technique et son expérience auraient pu être précieuses pour l’OM, en Ligue 1 comme en Ligue Europa.
Alors que Marseille lutte pour un retour sur le podium, la presse italienne s’extasie devant la renaissance du milieu français. La presse transalpine souligne sa discipline retrouvée : logement stratégique près de Milanello, rééducation sérieuse après une blessure au mollet gauche et implication tactique totale. « Un leader silencieux », comme le résume le Corriere dello Sport.
Ce regain de forme résonne amèrement sur la Canebière. Il est légitime de se demander si l’OM, en pleine phase de reconstruction, n’a pas laissé filer un moteur capable d’accélérer son projet sportif. D’autant que Rabiot semble avoir accepté une baisse salariale à Milan, préférant un environnement stable et des perspectives collectives prometteuses, bonifiées par des primes au rendement.
Un retour dans le derby contre l’Inter et des conséquences pour l’Europe
Alors qu’il se remet de sa blessure, Adrien Rabiot devrait faire son retour lors du chaud derby contre l’Inter Milan, après la trêve internationale. Une rencontre cruciale que les Rossoneri ambitionnent de remporter pour maintenir la pression sur les leaders. Ce match pourrait aussi symboliser le retour à 100% d’un Rabiot au sommet de son art.
Comparé à ses prestations irrégulières à Marseille, son intégration rapide à l’AC Milan témoigne d’un cadre mieux structuré, piloté par un technicien qu’il connait bien : Massimiliano Allegri, déjà son coach à la Juventus. Peut-être le rôle de la gestion humaine, si importante dans le haut niveau. Si l’OM veut rivaliser avec les meilleures écuries européennes – à commencer par le PSG, son éternel rival – elle devra bâtir un environnement où les talents comme Rabiot se projettent durablement.
Ce départ rappelle une dure réalité : en Ligue 1, au-delà de Paris, difficile de retenir les joueurs expérimentés face aux projets séduisants de l’étranger. Et pour les fans parisiens, voir un ex-Marseillais briller au sommet de la Serie A n’est jamais une mauvaise nouvelle… surtout si cela creuse l’écart avec l’OM.