OM : Veretout sort du silence et tacle De Zerbi après sa mise à l’écart

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Aricle écrit par Maxime Nauzit

Arrivé à l’été 2024, Roberto De Zerbi n’a pas fait dans la demi-mesure pour imposer sa patte sur l’Olympique de Marseille. Parmi ses premiers actes forts, la mise à l’écart de plusieurs cadres historiques comme Jordan Veretout, Chancel Mbemba ou encore Jonathan Clauss. Une décision radicale qui a laissé des traces, comme en témoigne aujourd’hui l’ancien milieu olympien.

Veretout, victime collatérale du projet De Zerbi

Deux saisons pleines, un statut de vice-capitaine, une régularité louée par les supporters : Jordan Veretout ne faisait pas figure de maillon faible dans l’effectif phocéen. Pourtant, lors de la refonte menée par De Zerbi à son arrivée sur le banc de l’OM, le milieu tricolore a été relégué dans le célèbre « loft », loin du groupe professionnel. « Il y a un nouveau coach avec un nouveau projet… Je peux comprendre ça, mais c’est la manière qui m’a fait mal », a-t-il lâché dans un entretien accordé à Foot Mercato (source).

Cette mise à l’écart brutale illustre parfaitement la ligne de conduite imposée par De Zerbi : un jeu vertical, technique, avec des profils jeunes, compatibles avec son pressing intense. Exit donc les cadres expérimentés jugés incompatibles avec cette philosophie. Si la logique sportive peut se défendre, c’est l’aspect humain qui continue de faire débat : l’absence de reconnaissance envers les anciens, souvent désavoués sans véritable dialogue, nourrissant le ressentiment d’une partie des supporters marseillais nostalgiques de ces « soldats ».

Un virage stratégique qui divisait

En remaniant profondément son effectif, l’OM version De Zerbi a envoyé un signal fort : celui d’un changement radical. Mais ce contre-pied aux habitudes du club, historiquement attaché à ses figures emblématiques, a eu le mérite de faire réagir. Face à un PSG toujours aussi dominateur en Ligue 1, Marseille n’avait plus le luxe de la stagnation. Repenser son jeu pour rivaliser en championnat comme en Europe devenait impérieux.

Cependant, écarter un cadre comme Veretout, champion du monde 2018 et joueur clé lors de l’exercice 2022-2024, comportait aussi des risques. Certains observateurs soulignent que la gestion de ces départs a pu affecter la cohésion du vestiaire en début de saison 2025-2026, avec un OM alternant le chaud et le froid sur la scène nationale. En Ligue Europa, la mayonnaise semble prendre, mais la stabilité du groupe reste fragile.

Un départ à Lyon… puis au Qatar

Rebondissant à l’OL, Veretout n’a pas retrouvé son niveau marseillais. Ballotté de poste en poste, rarement aligné à gauche comme il le souhaitait, il a évoqué une forme d’incompréhension tactique avec ses entraîneurs : « À Lyon, on ne m’a pas mis à ma place », déplore-t-il.

Finalement, à l’hiver 2025, l’ancien Marseillais a choisi l’exil au Qatar pour retrouver du temps de jeu et une atmosphère plus sereine. Une expérience qu’il semble accueillir comme une nouvelle page plutôt qu’un renoncement, préférant « garder le positif ». Depuis Doha, Veretout reste suivi ponctuellement par les fans olympiens, certains voyant dans son départ un gâchis évitable.

Quelle leçon pour l’OM et De Zerbi ?

Ce cas Veretout pose la question du recrutement aligné sur le projet de jeu. En misant sur des profils plus techniques et jeunes pour 2025-2026, De Zerbi prend un pari risqué mais assumé. À court terme, cela engendre de la casse – souvent symbolique – comme l’illustre la gestion des anciens tauliers. Mais à long terme, peut-être que cette méthode produira les résultats nécessaires… à condition de remporter des titres, là où le PSG continue d’imposer sa cadence infernale.

En creux, cette affaire ravive aussi une vieille douleur pour les fans de l’OM : le sentiment que le club peine à gérer ses fins de cycle avec élégance. Un chantier autant humain que sportif qui devra être repensé si Marseille veut prétendre retrouver une aura européenne durable.

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