Ce qui devait être une magnifique soirée de Ligue des Champions au Vélodrome face à l’Atalanta Bergame a laissé un goût amer. Malgré une ambiance à couper le souffle et un tifo aussi impressionnant qu’engagé, l’Olympique de Marseille a vu l’UEFA sévir après une série de débordements orchestrés en tribunes. À l’heure où les ambitions européennes du club sont aussi élevées que ses tensions avec le PSG, cette sanction tombe mal et soulève des questions importantes.
Une amende salée et une tribune sous surveillance
La commission de discipline de l’UEFA a rendu son verdict après les événements du 5 novembre 2025 au stade Vélodrome. Résultat : plus de 70 000 euros d’amende, dont près de la moitié directement liée à l’usage massif de fumigènes dans le virage sud par les Commando Ultra ’84. Un segment fidèle et bouillonnant du public marseillais, certes, mais souvent dans le viseur des instances fédérales.
Ce soir-là, les fumigènes accompagnaient un tifo impressionnant en hommage à Bob Marley, dans la tribune Chevalier Roze. La commission a jugé que ces spectacles pyrotechniques constituaient une infraction sérieuse, malgré leur portée artistique. En prime, la fermeture avec sursis de cette portion de tribune pour deux ans vient alourdir la sanction.
D’un point de vue réglementaire, l’UEFA interdit strictement tout usage d’engins pyrotechniques dans ses compétitions. À plusieurs reprises durant cette saison 2025-2026, d’autres clubs européens – dont le PSG – ont été rappelés à l’ordre, mais rarement avec une telle fermeté. Signe que l’instance décide désormais d’adopter une ligne dure face à des pratiques de plus en plus répandues dans les stades européens.
Une gestion de crise en interne mise sous pression
En plus des sanctions économiques et sportives, l’OM doit composer avec une suspension de deux matches infligée à Alexandre Salvat, l’entraîneur des gardiens. La raison ? Des propos virulents à l’égard d’un officiel après l’action polémique en fin de match, quand un penalty a été réclamé pour une main du Brésilien Ederson, avant que l’Atalanta n’inscrive son but de la victoire.
Cette phase de jeu, cruciale et contestée, a provoqué la colère de toutes les strates du club. Selon RMC Sport, Pablo Longoria et Mehdi Benatia sont même descendus sur la pelouse après le coup de sifflet final pour demander des comptes aux arbitres. Une attitude qui démontre une tension grandissante entre la direction olympienne et les instances régulatrices du football européen.
Le moment est d’autant plus stratégique que l’OM lutte en ce début de saison 2025-2026 pour accrocher les premières places de Ligue 1 et veut assurer sa qualification en huitièmes de la Ligue des Champions. Cette mise sous pression judiciaire et disciplinaire pourrait affecter le groupe d’Roberto De Zerbi, dont l’agacement face à ces décisions ne cesse de croître.
Un impact sur l’image du club face à la rivalité PSG-OM
Dans une rivalité historique avec le Paris Saint-Germain, toujours prompt à pointer les dysfonctionnements de son rival marseillais, cette affaire fait tache. Le PSG, devenu modèle d’organisation et de discipline à l’échelon européen ces dernières saisons, bénéficie globalement d’un traitement plus indulgent côté supporters – malgré quelques débordements passés au Parc des Princes. Ce nouvel incident risque donc de renforcer l’image d’un OM « indiscipliné », notamment dans les médias pro-parisiens.
Mais c’est aussi cette chaleur populaire et unique qui fait du Vélodrome l’un des stades les plus spectaculaires d’Europe. L’enjeu pour Marseille est désormais de trouver le bon équilibre entre ferveur et conformité, tout en menant sa bataille sur le terrain contre ses grands rivaux, en France comme en Europe.
Quel avenir pour la tribune phocéenne ?
Avec cette fermeture avec sursis, l’OM est désormais sous haute surveillance. Au moindre écart dans les deux ans à venir, la sanction tombera de façon stricte : fermeture partielle de tribune, voire rencontres à huis clos. Un coup dur pour les supporters marseillais, mais surtout un vrai handicap pour les matchs européens à venir, où l’avantage du Vélodrome plein est bien plus qu’un simple 12e homme.
Entre passion et régulation, l’OM va devoir ajuster sa communication avec ses groupes ultra, sans perdre cette flamme qui fait vibrer la cité phocéenne. Reste à savoir si la direction saura tourner cette sanction en levier pour davantage de dialogue et de responsabilisation des supporters. À l’heure où la Ligue 1 cherche à conquérir une image internationale, chaque dérapage a un prix.