Depuis l’arrivée de Roberto De Zerbi sur le banc de l’Olympique de Marseille, plusieurs joueurs phocéens ont vu leur rôle évoluer. Mais s’il y a bien une transformation qui soulève les débats et alimente l’enthousiasme des supporters marseillais, c’est celle de Pierre-Emerick Aubameyang. À 36 ans, l’attaquant gabonais semble rajeuni, mais surtout métamorphosé dans son approche tactique et mentale du jeu. Un ancien de ses sélectionneurs l’assure : l’effet De Zerbi est réel… et spectaculaire.
Un cadre ressuscité par une méthode rigoureuse
Lors d’un entretien accordé à La Provence durant la trêve internationale de novembre, Patrice Neveu, ancien sélectionneur du Gabon, a livré une analyse saisissante de l’évolution de Pierre-Emerick Aubameyang. Si le buteur a conservé son flair, il s’est ouvert à un registre bien plus large sous l’impulsion de De Zerbi.
« Il reste buteur, tout en devenant un grand animateur dans le jeu, et un super passeur », explique Neveu, étonné par la transformation d’un joueur autrefois focalisé sur la finition. Et pour cause : Aubameyang n’est plus seulement ce renard des surfaces qu’il était à Dortmund ou Arsenal. Il décroche, participe à la construction, sert ses coéquipiers, bref, il influence désormais l’ensemble de la zone offensive marseillaise.
Cette mue n’est pas un simple changement naturel avec l’âge. Roberto De Zerbi lui a imposé une nouvelle feuille de route : plus de mobilité, plus de responsabilités, et un rôle de leader vrai, autant sur la pelouse que dans le vestiaire. « De Zerbi a été ferme avec lui », insiste Neveu. Un management directif mais intelligent qui permet à l’OM de profiter d’un joueur transformé, plus complet, plus imprévisible — et donc plus dangereux pour les défenses adverses, y compris celles du PSG.
Une donnée tactique capitale pour concurrencer le PSG
Dans la lutte annuelle entre l’OM et le PSG, Aubameyang version 2025-2026 peut s’avérer être l’un des atouts déterminants. Alors que le club parisien continue de dominer en termes individuels avec ses stars comme Mbappé ou Barcola, l’OM de De Zerbi mise sur une intelligence collective renforcée. Et dans ce système, Aubameyang incarne l’archétype du joueur stratégique : capable de permuter, de presser haut, mais aussi d’assister un milieu parfois jugé trop peu créatif.
Ce repositionnement en électron libre redonne du tranchant à l’attaque phocéenne. On l’a vu face à Lille et Rennes notamment, où Aubameyang fut impliqué sur toutes les séquences clés. En Ligue 1 comme en Ligue Europa, le Gabonais brille dans un rôle que les supporters n’avaient pas vu venir, devenant plus un facilitateur qu’un simple finisseur.
En comparaison, le PSG peine encore à faire évoluer son schéma autour d’un véritable neuf polyvalent. Si Gonçalo Ramos ou Kolo Muani peinent à imposer leur style, l’OM, lui, capitalise intelligemment sur l’expérience et la maturité du Gabonais. C’est une carte maîtresse dans le jeu marseillais, qui permet aussi d’impliquer davantage Vitinha, Blanco ou même Ounahi, désormais libérés de certaines tâches offensives.
Une transformation à surveiller pour la suite de la saison
Cette évolution d’Aubameyang n’est pas anodine sur les ambitions globales de l’OM. En championnat, elle pourrait permettre aux Olympiens de viser plus haut, rivalisant davantage avec les locomotives parisiennes et monégasques. En Ligue Europa, son expérience et sa nouvelle palette tactique offrent un profil idéal pour les matchs couperets : joueur décisif, leader vocal et technique, et imprévisible pour les défenses européennes.
Reste à savoir si cette montée en régime restera constante. À 36 ans, la gestion physique d’Aubameyang sera capitale. Mais s’il continue d’évoluer dans ce registre hybride, l’OM peut véritablement nourrir des ambitions, et pourquoi pas venir chatouiller un PSG encore fébrile tactiquement.
Entre De Zerbi et Aubameyang, c’est une affaire qui roule… Pour le plus grand désarroi des Parisiens.