Solide dauphin du Paris Saint-Germain après 12 journées de Ligue 1, l’Olympique de Marseille impressionne par sa métamorphose sous les ordres de Roberto De Zerbi. Si certains contestent encore ses choix tactiques ou ses résultats européens mitigés, d’autres — comme Peter Luccin, ancien milieu passé par l’OM entre 1998 et 2000 — sont formels : l’Italien réalise un travail « exceptionnel ». Analyse de ce renouveau marseillais et de son impact dans la course à la suprématie nationale.
Une méthode De Zerbi saluée par les anciens de l’OM
Invité de l’émission 100 % Foot Farid & Co, Peter Luccin n’a pas tari d’éloges à l’égard de Roberto De Zerbi : « À Marseille, De Zerbi fait un travail exceptionnel. (…) Ce qu’il met en place à l’OM, avec (Mehdi) Benatia et (Pablo) Longoria, c’est très cohérent. Ils construisent intelligemment. ». L’ancien milieu a insisté sur l’orientation offensive du jeu phocéen, qu’il considère comme un marqueur fort de la progression du club depuis le début de la saison 2025-2026.
Actuellement deuxième au classement avec 25 points (à seulement deux unités du PSG), l’OM affiche un visage séduisant. Malgré une campagne de Ligue des champions compliquée (1 victoire, 3 défaites), le collectif montre des signes de cohérence dans le jeu et une véritable volonté de proposer un football ambitieux — un style pleinement assumé par De Zerbi depuis ses passages à Sassuolo et à Brighton.
Peter Luccin en est convaincu : malgré des moyens financiers limités par rapport à l’ogre parisien, Marseille « se rapproche petit à petit du très haut niveau ». Une déclaration lucide qui montre que le projet OM n’est pas simplement basé sur l’instant, mais sur une vision de fond, bâtie collectivement par De Zerbi, Longoria et Benatia.
Une équipe en construction mais déjà compétitive face au PSG
En dépit d’un revers face au Paris Saint-Germain lors du Classique du mois de septembre (3-1), les Phocéens ont montré des qualités collectives intéressantes. Loin d’un OM en réaction ou en quête d’exploits isolés, c’est bien une équipe structurée tactiquement que De Zerbi aligne chaque week-end.
Comparativement au PSG, dont les individualités (Mbappé, Lee Kang-in, Gnabry) font souvent la différence, l’OM mise davantage sur un fonds de jeu collectif qui séduit de plus en plus d’observateurs. La stratégie de pressing haut, de relance courte mais risquée, demande maîtrise et minutie. Et même si cela peut parfois se payer en Ligue des champions, cela pose désormais des problèmes à la majorité des formations de Ligue 1.
Ce début de saison montre aussi une volonté claire de long terme dans la gestion du club. Comme le souligne Luccin, « il faut de l’argent pour bâtir une grande équipe », mais la cellule sportive marseillaise sait faire face avec ingéniosité. Les recrutements ciblés de l’été (Mukiele, Gudmundsson, Zakharyan) sont à l’image de cette philosophie : jeunes, techniques, avec une vraie marge de progression.
Cette montée en puissance du rival historique du PSG arrive à point nommé. Alors que la domination parisienne semblait éternelle, l’OM de De Zerbi semble aujourd’hui bâtir les fondations d’une vraie alternative durable. Pour les fans de football français, c’est une excellente nouvelle !
Quels enjeux pour la suite de la saison 2025-2026 ?
L’enjeu principal est clair : rester au contact du PSG le plus longtemps possible en Ligue 1. Le calendrier s’annonce relativement favorable dans les prochaines semaines, avec des confrontations face à Reims, Lorient et Clermont. Une série de victoires permettrait à l’équipe de De Zerbi de mettre la pression sur Paris et (re)lancer la rivalité sur le plan sportif, pas uniquement historique ou médiatique.
En parallèle, l’avenir en Ligue des champions reste en suspens. Il faudra espérer un sursaut lors des deux dernières journées pour espérer accrocher une place qualificative, même en Ligue Europa. Mais comme le rappelait justement Peter Luccin, la base de travail est saine et cohérente. Et c’est peut-être cela, le plus grand enseignement de cette première partie de saison.
À l’image d’un club désireux de rivaliser durablement avec le PSG sur la scène hexagonale et européenne, l’OM version De Zerbi montre que la stratégie n’est plus guidée par la panique ou le spectacle éphémère. Mais bien par une volonté de bâtir. Et à Marseille, ce n’est pas une mince affaire.