Rien ne va plus du côté de la Canebière. Après une défaite cinglante au Vélodrome contre le FC Nantes (0-2), les critiques se sont abattues sur l’Olympique de Marseille. Mais là où certains pointent du doigt l’entraîneur Roberto De Zerbi, Éric Di Méco, ancien Marseillais toujours très impliqué dans la vie du club, a choisi une autre cible : le vestiaire olympien. Sur les ondes de RMC, dans l’émission « Rothen s’enflamme », il n’a pas mâché ses mots, désignant les joueurs comme les principaux responsables de cette énième contre-performance.
Des joueurs démobilisés ? Le message fort de Di Méco
« Le coach, ce n’est pas le débat du jour« , a tranché Di Méco, balayant d’un revers les critiques dirigées contre De Zerbi. Ce dernier, arrivé avec de grandes ambitions à l’OM pour cette saison 2025-2026, voit déjà sa légitimité remise en cause. Mais pour l’ancien défenseur, l’urgence est ailleurs : dans l’état d’esprit des joueurs.
Di Méco a dénoncé une forme de déresponsabilisation chronique du vestiaire. Sa déclaration la plus marquante illustre parfaitement la gravité de son accusation : « Si on m’explique que, pour battre Nantes, il faut avoir Pep Guardiola entraîneur… !« , faisant allusion à la faiblesse supposée de l’adversaire du jour, 16e de Ligue 1. Le message est clair : les joueurs de l’OM doivent en faire davantage, quel que soit le système ou l’homme sur le banc.
Cette sortie médiatique enflamme évidemment les réseaux sociaux et ravive une vieille tension : celle de la responsabilité collective dans une équipe en difficulté. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Di Méco tape du poing sur la table en critiquant l’attitude du vestiaire. En 2025, alors que les ambitions marseillaises sont à leur paroxysme entre Ligue 1 et Ligue Europa, les déceptions se succèdent.
OM : une spirale de doutes à stopper face aux grandes échéances
Le moment choisi pour une telle sortie n’est pas anodin. L’OM traverse une phase difficile : élimination en huitièmes de finale de la Coupe de France, parcours mitigé en Ligue Europa et prestation inquiétante à domicile contre un adversaire à leur portée. Avec le Classique contre le PSG qui approche, cette déclaration agite un vestiaire déjà sous tension.
Les chiffres sont parlants : lors des cinq derniers matchs, l’OM n’a engrangé que 4 points. Offensivement, l’équipe semble en panne – Vitinha reste muet depuis la 22e journée – tandis que défensivement, le duo Balerdi-Gigot ne rassure plus. Di Méco rappelle ce que tout supporter redoute : une équipe coupée en deux, sans âme, ni leader sur le terrain.
Comparer cela au PSG est inévitable. Alors que Paris, malgré les remous de l’après-Mbappé, continue de survoler le championnat en misant sur un collectif huilé et une culture du résultat, Marseille donne l’impression de stagner. Surtout, cette sortie d’un ancien joueur iconique comme Di Méco souligne un mal plus profond qu’un simple passage à vide : un doute structurel sur l’implication du groupe dans le projet marseillais.
Un électrochoc nécessaire pour éviter le naufrage ?
Peut-on voir cette charge de Di Méco comme un électrochoc salutaire ? Les supporters, très critiques ces dernières semaines, attendent une réaction. Car dans une saison où la 3e place – synonyme de qualification directe pour la Ligue des champions 2026-2027 – est encore jouable, chaque point compte.
De Zerbi, souvent critiqué pour ses choix tactiques audacieux, semble conscient de la gravité de la situation. Son repositionnement récent de Kondogbia en défense centrale ou encore la titularisation de Benharouma dans une position de faux neuf montrent une volonté de créer un déclic. Mais sans une réponse collective forte du vestiaire, ces tentatives resteront vaines.
La balle est désormais dans le camp des joueurs. À eux de prouver que l’OM a les ressources pour inverser la tendance, sans quoi la saison 2025-2026 pourrait virer au gâchis. Et dans l’ombre plane encore le spectre du PSG : car à chaque faux pas marseillais, c’est toute la rivalité qui prend un coup, renforçant encore la suprématie parisienne dans l’Hexagone.