Il fut un temps où Luis Henrique incarnait l’avenir à l’Olympique de Marseille. Vif, prometteur, technique sur son aile gauche, le Brésilien avait rejoint la cité phocéenne avec une étiquette de crack en devenir. Mais depuis son départ du Vélodrome, le parcours du jeune joueur s’apparente davantage à une chute libre qu’à une ascension. En témoigne sa dernière prestation catastrophique avec l’Inter Milan, qui soulève autant d’interrogations sur son niveau réel que de regrets chez les supporters marseillais.
Un passage fantomatique à l’OM devenu un fiasco à Milan
Arrivé à Marseille en 2020 sous Pablo Longoria, alors encore directeur sportif, Luis Henrique n’a jamais réellement convaincu sur la durée. Malgré quelques fulgurances – notamment sous Jorge Sampaoli – le Brésilien n’a pas réussi à s’imposer durablement dans l’effectif olympien. Lentement, le joueur est passé de grand espoir à élément dispensable, jusqu’à être prêté puis définitivement transféré à l’Inter Milan à l’été 2024, dans l’espoir d’un nouveau départ… qui vire désormais au cauchemar.
Ce week-end, face à Pise (lanterne rouge de Serie A), Luis Henrique a connu l’une des pires performances de sa carrière professionnelle. Titulaire en raison de l’absence de Denzel Dumfries, il a été conspué par les tifosi, perdu 11 ballons en 34 minutes seulement et s’est finalement vu remplacé par Federico Dimarco. Ce dernier a métamorphosé le jeu des Nerazzurri, impliqué sur le penalty de l’égalisation, symbole cruel mais édifiant du contraste entre les deux joueurs.
La Gazzetta dello Sport n’a pas mâché ses mots : « Désastreux, nuisible, jamais à la hauteur ». Une condamnation sans appel, qui ne souffre aucune contestation.
L’espoir déchu, reflet d’un recrutement brouillon ?
Ce nouvel échec relance le débat sur le système de recrutement de plusieurs clubs européens, y compris celui de l’OM. Recruté très jeune, sans réelle expérience au haut niveau, et positionné à un poste peu maîtrisé (piston ou ailier selon les systèmes), Luis Henrique est le symbole d’un pari technique et tactique qui n’a jamais abouti. À l’OM, ses prestations irrégulières avaient déjà laissé apparaître ces lacunes.
L’Inter croyait en redonner une chance mais, aujourd’hui, la marche semble trop haute. L’entraîneur Cristian Chivu, sans doute contraint par l’effectif réduit, avait tenté de lui offrir une titularisation. Mais face à la pression du résultat et la grogne des tifosi après un début de match catastrophique (menés 0-2), il a été contraint de le sortir prématurément. « Les supporters ne lui pardonnent rien », a-t-il déclaré en conférence de presse (source : conférence post-match relayée par Sky Sport Italia), appelant au soutien mental du joueur pourtant fragilisé depuis plusieurs mois déjà.
Quelles leçons pour l’OM ? Le cas Luis Henrique illustre les égarements parfois coûteux du mercato. Difficile de ne pas le comparer au ruthénois Jonathan Clauss, aujourd’hui pilier dans le couloir droit olympien, ou même à Amine Harit, dont le retour en forme apporte plus de régularité offensive au collectif. Côté PSG, on peut souligner que ce genre de pari est aujourd’hui mieux encadré à Paris, où Luis Campos privilégie désormais des profils déjà prêts pour le très haut niveau, en atteste la montée en puissance de Barcola et Zaïre-Emery.
Quelles perspectives pour Luis Henrique ?
À l’aube de ses 24 ans, Luis Henrique est à la croisée des chemins. Le jeune Brésilien ne manque pas de qualités brutes, mais semble toujours aussi fébrile mentalement et tactiquement inadapté aux exigences du très haut niveau. Son avenir à l’Inter Milan paraît déjà compromis, et même un prêt pourrait difficilement redonner de la valeur à un joueur boudé en championnat comme en Coupe d’Italie.
L’histoire de Luis Henrique est aussi une piqûre de rappel pour les clubs français : au cœur d’une saison 2025-2026 ultra-compétitive, avec les ambitions élevées de l’OM – engagé en Ligue Europa, en Coupe de France et avec une place en Ligue des Champions à aller chercher – il ne faut plus se permettre de telles erreurs d’évaluation. La concurrence avec le PSG étant féroce sur tous les tableaux, chaque poste, chaque joueur compte plus que jamais.
Ironie du sort, c’est justement face au PSG que Luis Henrique avait livré l’une de ses rares bonnes performances sous le maillot marseillais. Depuis, le fantasme s’est dissipé, et seule reste une amère réalité. Une réalité que l’OM devra prendre en compte pour affiner encore davantage son recrutement et ne plus revivre ce genre d’échec.