À l’aube du Classique PSG-OM de la saison 2025-2026, la tension ne vient pas uniquement du terrain. C’est dans les tribunes que la polémique enfle : le Collectif Ultras Paris (CUP) a lancé un appel fort aux autorités pour autoriser la présence des supporters marseillais au Parc des Princes. Une initiative rare, presque inattendue, dans une rivalité aussi sulfureuse.
Une prise de position historique du Collectif Ultras Paris
À une époque où la sécurité prévaut souvent sur la passion, voir les supporters parisiens réclamer la venue de leurs rivaux de l’OM à Paris peut surprendre. Et pourtant, à quelques jours du classique tant attendu de cette saison 2025-2026, le CUP a publié un communiqué sans détour : « Jusqu’à quand ? » suivi d’un appel solennel. Leur objectif : que les Marseillais puissent soutenir leur équipe au Parc.
Le message est limpide. Le CUP interpelle directement la Ligue de Football Professionnel (LFP), la Fédération Française de Football (FFF), la Préfecture de Police de Paris ainsi que les deux clubs : le PSG et l’OM. Pointant du doigt les interdictions systématiques de déplacement, les Ultras plaident en faveur d’un retour à une organisation responsable plutôt qu’à une censure généralisée.
Ce geste est d’autant plus notable qu’en octobre, lors du match aller au Vélodrome, les supporters parisiens avaient eux-mêmes été interdits de déplacement. Malgré cela, loin du règlement de compte, le CUP défend autant ses droits que ceux des supporters adverses. Une volonté de principes, remarquable dans une rivalité aussi électrique que celle entre l’OM et le PSG.
Vers un Classique à nouveau incarné par la ferveur populaire ?
La prise de position du CUP pose une vraie question : que reste-t-il du football si la ferveur populaire s’éteint ? Le communiqué insiste : « Le football ne peut pas être confisqué par la peur ou l’inaction ». Dans leur viseur, une organisation trop frileuse face à la gestion des déplacements de supporters. Une critique valide si on observe l’évolution du Classique ces dernières années.
Depuis 2021, les interdictions se multiplient, vidant les rivalités de leur essence. Si la sécurité reste primordiale, le défi est de reconstruire une culture d’organisation permettant d’accueillir les supporters adverses tout en préservant l’ordre public. Des modèles européens comme en Allemagne ou au Royaume-Uni démontrent depuis longtemps qu’un encadrement rigoureux vaut mieux qu’un bannissement.
Du côté de l’OM, les South Winners et les Yankees n’ont pas encore réagi officiellement. Mais il est probable que cette ouverture inattendue du CUP crée un précédent. L’entraîneur marseillais, Roberto De Zerbi, qui a souvent souligné l’importance de l’ambiance dans des matches à haute intensité, ne pourrait qu’appuyer ce type d’initiative, tant elle garantit un contexte émotionnel total pour ses joueurs.
Un enjeu qui dépasse la rivalité PSG-OM
Ce débat dépasse largement les frontières du Classique. Dans un contexte où la Ligue 1 cherche à se rapprocher des standards des cinq grands championnats, pouvoir organiser en toute sécurité les plus grands chocs de la saison – notamment PSG-OM – avec les deux camps en tribunes, devient un enjeu d’image. Le match retour au Parc pourrait dès lors symboliser une évolution, si les instances suivent cet appel au dialogue.
Pour le PSG, souvent attaqué sur son côté institutionnel, c’est également un moyen de valoriser l’importance de ses supporters et de leur donner un rôle actif. Pour l’OM, ce serait évidemment une occasion précieuse de galvaniser son équipe dans un stade hostile, dans une saison où chaque point pourra compter dans la lutte pour le podium, voire plus.
Car rappelons-le : en 2025-2026, l’OM ambitionne enfin de revenir titiller le PSG en haut du classement national, tout en jouant l’Europe à fond. Un Classique dans une ambiance pleine et contrastée reste un formidable laboratoire d’intensité avant d’autres rendez-vous continentaux. Interdire la présence des Marseillais, c’est à la fois priver le spectacle de sa flamme et l’OM de sa voix.
Reste à savoir si la LFP, la FFF et les autorités locales oseront sortir de leur zone de confort. En cette saison 2025-2026, où les enjeux sportifs sont déjà immenses pour l’OM et le PSG, le débat sur la liberté de supporter n’a jamais été aussi crucial.