Le mercato de l’été 2025 a déjà son lot de rebondissements du côté de l’Olympique de Marseille. Alors que les supporters digèrent tout juste le départ de Robinio Vaz à l’AS Roma, une autre pépite formée au club s’apprête à quitter la Canebière. Darryl Bakola, 18 ans, considéré il y a encore quelques mois comme le « futur taulier » du milieu olympien, est en passe de s’engager… avec Strasbourg. Un coup de tonnerre en Ligue 1 et une décision qui révèle bien des enjeux stratégiques pour l’OM dans cette saison 2025-2026.
Bakola, un talent annoncé… mais un avenir bouché
En août dernier, alors que l’OM affrontait Newcastle en tour préliminaire de Ligue des Champions, Darryl Bakola s’était illustré par une prestation XXL, entre récupération musclée et relances précises. Issue directe du centre de formation phocéen, son profil box-to-box avait séduit les observateurs et même attiré quelques regards de Premier League. Pourtant, dix mois plus tard, la donne a radicalement changé.
Depuis novembre 2024, les discussions autour de sa prolongation de contrat sont gelées. La cause ? Une inconstance sur le terrain, liée à des choix tactiques du coach Roberto De Zerbi, et l’arrivée cet hiver de Quinten Timber, récupérateur néerlandais au profil plus expérimenté. Résultat : Bakola ronge son frein sur le banc et ne semble plus entrer dans les plans marseillais.
Strasbourg, tremplin ou erreur stratégique ?
Selon les informations du Phocéen, un accord de principe serait proche entre l’OM et Strasbourg, épaulé par le groupe BlueCo. Le RCSA, désormais stabilisé financièrement grâce à la revente de Félix Lemaréchal, disposerait des fonds et du projet sportif pour relancer Bakola, dont le prix avoisinerait les 25 millions d’euros (bonus compris). Un montant qui permettrait à Marseille de maintenir une politique de valorisation de ses actifs jeunes, tout en amortissant les investissements de l’été.
Mais céder un tel talent à un concurrent direct soulève des questions. Bien que Strasbourg ne joue pas encore les premières places, la redistribution des cartes en Ligue 1 oblige désormais à la prudence. L’ombre du PSG plane aussi sur ce type de transfert : le club parisien, qui a fait de la formation un axe stratégique depuis 2023, garde toujours un œil attentif sur les jeunes profils français. Voir un rival comme Marseille renforcer indirectement des clubs partenaires de BlueCo ou concurrents nationaux n’est jamais anodin.
Un départ symbolique d’une politique assumée
Depuis la perte en 2022 de Boubacar Kamara sans indemnité, Pablo Longoria a radicalement revu la gestion des cracks issus de la formation. Plus question de laisser filer un joueur gratuitement ou de le bloquer sans perspective. Le départ de Bakola, s’il se confirme, s’inscrit dans une stratégie claire : valoriser les jeunes à leur pic de marché, même si cela implique de tourner vite la page.
Du point de vue économique, le choix semble cohérent. Du point de vue sportif, il est plus discutable. Si l’OM veut rivaliser avec les grosses cylindrées comme le Paris Saint-Germain sur la durée, il faudra un jour réussir à intégrer durablement ses jeunes dans une équipe compétitive. Pour l’instant, cette mission semble encore hors de portée, et le dossier Bakola en est le reflet.
Alors que la saison 2025-2026 s’annonce intense avec une Ligue 1 remaniée et une campagne européenne à gérer, ce départ pourrait bien faire date, à condition bien sûr que Bakola explose… ailleurs. Et pour Marseille, ce « ailleurs » reste toujours une source de regret potentiel.