Marseille vit une gueule de bois monumentale après son élimination brutale de la Ligue des champions 2025-2026. Battus 3-0 par le Club Bruges puis achevés à distance par un but du gardien de Benfica, les hommes de Roberto De Zerbi sortent par la petite porte. Dans son édition du lendemain, La Provence n’a pas mâché ses mots, incarnant le désespoir d’un peuple blessé : « Ridicules », « pitoyable », « honte totale ». Un revers qui renforce les doutes autour du projet phocéen… et réanime les comparaisons inévitables avec le rival parisien.
Une élimination aux allures de naufrage
Le match de Bruges restera gravé dans les annales… pour de mauvaises raisons. En encaissant deux buts dès les onze premières minutes, l’Olympique de Marseille s’est tiré une balle dans le pied avant même d’espérer construire son jeu. Figés, désorganisés, absents au pressing, les Phocéens n’ont jamais semblé dans le coup. Et la suite fut tout aussi douloureuse : absence de réaction, perte de duels, fébrilité défensive, manque de tranchant offensif… Tous les ingrédients d’un fiasco européen étaient réunis.
Pire encore, alors qu’un nul suffisait aux hommes de De Zerbi pour se qualifier après la défaite partielle de Benfica, c’est un but du gardien portugais, monté sur corner dans les dernières secondes, qui a mis fin aux illusions marseillaises. Un scénario cruel, ubuesque même, qui ponctue une soirée qualifiée de « cauchemar » par la presse marseillaise.
Et les notes individuelles reflètent la purge collective : Geronimo Rulli (2/10), Leonardo Balerdi (3/10), Amine Gouiri (2,5/10)… Seul Simon Ngapandouetnbu a échappé à la vindicte en entrant en fin de match sans pouvoir changer le cours du destin. L’OM, qui possédait 94 % de chances de qualification avant le coup d’envoi, sort par la toute petite porte.
Des conséquences profondes pour le club et De Zerbi
Cette élimination prématurée tranche avec les ambitions affichées par Pablo Longoria et son coach italien en début de saison. L’OM comptait sur un bon parcours en Ligue des champions pour appuyer son projet sportif, attirer des profils d’envergure et renforcer sa crédibilité sur la scène européenne. C’est raté, et les conséquences pourraient être lourdes.
Roberto De Zerbi, arrivé cet été avec une étiquette de tacticien séduisant, va devoir s’expliquer. Son OM, qui peine à convaincre en Ligue 1 (6e après 10 journées), montre des carences criantes : trop peu d’inventivité dans les 30 derniers mètres, une défense vulnérable face aux contres rapides, et une gestion émotionnelle problématique dans les grands rendez-vous.
Sur fond de tensions avec la direction sur certaines recrues estivales (Medina, Gouiri), l’élimination pourrait même faire office de point de rupture avant la trêve hivernale. Tout cela alors que le calendrier s’intensifie avec la Ligue Europa, où l’OM est reversé, et un Clasico face au PSG prévu début décembre…
Paris jubile… pendant que Marseille tangue
Au-delà du drame marseillais, le PSG et ses supporters n’en perdent pas une miette. Dans une saison où Paris vise une nouvelle fois un quadruplé historique, le contraste est saisissant. Tandis que Luis Enrique stabilise une équipe ultra-compétitive (leader de Ligue 1, qualifiée en huitièmes de C1), l’OM s’enlise dans ses éternels paradoxes : ambition sans continuité, passion sans discipline.
Le Clasico à venir prend donc une toute autre dimension : celle d’une fracture manifeste entre les deux clubs. L’OM, humilié à Bruges, devra sauver l’honneur à Paris. Mais les ambitions paraissent désormais bien différentes. À court terme, Marseille doit se mobiliser pour sauver sa saison continentale et recoller en championnat. À plus long terme, c’est une remise en question structurelle qui s’impose, à commencer par l’analyse froide de l’échec de ce projet 2025-2026, un énième épisode de la roulette russe olympienne.
Quelles perspectives pour l’OM en Ligue Europa ?
Le revers européen signe le clap de fin pour la Ligue des champions, mais offre une chance de rattrapage via la Ligue Europa. Toutefois, avec des têtes basses, un vestiaire fragilisé mentalement et un entraîneur sous pression, l’OM version De Zerbi devra se réinventer. À l’instar de la saison 2017-2018, Marseille peut espérer se sublimer dans cette compétition… si tant est que l’union sacrée se reforme.
Dans un Vélodrome qui gronde d’impatience, les prochains matchs seront décisifs. Pour la qualification en Ligue Europa, bien sûr, mais aussi pour la légitimité d’un staff qui, pour l’instant, n’a pas su tenir ses promesses. Au fond, cette débâcle à Bruges n’est que le reflet d’un club habitué aux montagnes russes, où la passion dépasse toujours la raison…